1. Il sagit dune organisation catholique intégriste qui rejette, notamment, avec véhémence les conclusions et les décisions de concile Vatican II et sest souvent fait remarquer par sa proximité avec lextrême-droite et sa complaisance, pour le moins, avec les discours antisémites. 2. «Uppdrag granskning», 21 janvier 2009, SVT1, la version intégrale sous-titrée en anglais est disponible ici. 3. Lextrait significatif est disponible sur le site de STV. 4. «Bruno Gollnisch en octobre 2004. Les déclarations de Bruno Gollnisch sont implicitement, mais sans ambiguïté, négationnistes», PHDN, 2004. 5. La vidéo est largement reproduite, notamment une version sous-titrée en français; la première traduction française en ligne a été proposée par le site lesogres.info, site de défense et promotion permanente de lancien humoriste Dieudonné. Nous avons établi notre propre transcription, car celle des Ogres était incomplète, fautive et remplie de coquilles; la page des ogres en question a par ailleurs donné lieu à une écrasante majorité de commentaires favorables au négationnisme. 6. On en trouvera plusieurs exemples dans les pages suivantes du présent site: «La volonté dextermination exprimée dans les discours et les documents nazi», PHDN, 2002; «Lextermination au jour le jour dans les documents contemporains», PHDN, 2000-2009; dans louvrage de Gerald Flemming Hitler et la solution finale, Commentaire/Julliard, 1988, et dans létude de Ian Kershaw, «Hitlers Role in the Final Solution», Yad Vashem Studies, 2006, vol. 34. 7. «Lantisémitisme mortifère dHitler. Paroles et documents», PHDN, 2002-2008;. Voir également louvrage de Gerald Fleming précédemment cité. 8. Journal de Goebbels (13 mai 1943), cité par Ian Kershaw, Hitler. 1936-1945: Némésis, Flammarion, 2000, p. 847 9. «Lantisémitisme mortifère dHitler. Paroles et documents», PHDN, 2002-2008. 10. voir Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, Seuil, Points Histoire, 1990 — 1ère éd. 1987—, p. 176, reproduit ici. 11. Raul Hilberg, La Destruction des juifs dEurope, Fayard, 1988, réed. Gallimard, coll. Folio Histoire, 2006, 3 vol. Eugen Kogon, Herrmann Langbein, Adalbert Rückerl, Les chambres à gaz secret dÉtat, Seuil, Points Histoire, 1987. Saul Friedländer, Les Années dExtermination, Editions du Seuil, 2008, qui a le mérite dutiliser la très vaste historiographie de la Shoah et donne une bonne idée de lampleur du travail accompli par les historiens. 12. voir notamment Wolfgang Benz, Dimension des Völkermords. Die Zahl der jüdischen Opfer des Nationalsozialismus, Taschenbuch, 1996 et évidemment, Hilberg, La Destruction des juifs dEurope, op. cit., notamment p. 1045-1046. 13. «Lextermination au jour le jour dans les documents contemporains», PHDN, 2000-2009. Voir également la section consacrée au assassinats dans les camions à gaz. Par ailleurs A Auschwitz même, ladministration SS, qui a détruit de très nombreux documents, a laissé plusieurs mentions des chambres à gaz. Dans un document décrivant lun des crématoires dAuschwitz-Birkenau, utilisé selon tous les témoignages pour assassiner les Juifs par gazage, une note du 29 Juin 1943, du SS Karl Bischoff au SS Hans Kammler, lune des «morgues» du crématoire est désignée comme «Vergasungskeller», «Cave de gazage», justement celle que tous les témoins ont désigné comme étant la chambre à gaz (cf. Gutman, Anatomy of the Auschwitz Death Camp, 1994, p. 223, 227. Jean-Claude Pressac, Les crématoires dAuschwitz, la machinerie du meurtre de masse, CNRS Éditions, p. 60 et p. 69. Le document est reproduit ici. Voir également ici. Le 2 mars 1943 déjà, pour la pièce dun crématoire désigné par tous les témoignage comme chambre à gaz, on a un document qui spécifie  «damer et bétonner le sol dans la chambre à gaz» (Kogon et alii., op. cit., p. 199-200. Le document y est reproduit; on trouve également une reproduction dans Jean-Claude Pressac, Auschwitz: Technique and operation of the gas chambers, the Beate Klarsfeld Foundation, NY, 1989, p. 499. Voir également le commentaire de Pressac, p. 446. 14. Walter Laqueur, Le terrifiant secret. La solution finale et linformation étouffée, Gallimard, 1981, p. 47. 15. «Rapport Jäger», cité par Ernst Klee, Willy Dressen, Volker Riess,«Schöne Zeiten». Judenmord aus der Sicht der Täter und Gaffer, S. Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1988, p. 52-62, traduction et reproduction ici. 16. John C. Zimmerman, «Fritjof Meyer and the number of Auschwitz victims: a critical analysis», Journal of Genocide Research, vol. 6, no. 2, June 2004, p. 252-253. 17. Voir notamment létude de photos aérienne prises à cette période: Dino A. Brugioni et Robert G. Poirier «The Holocaust Revisited: A Retrospective Analysis of the Auschwitz-Birkenau Extermination Complex», Central Intelligence Agency, Washington, D.C., Février 1979. Traduction française: Dino A. Brugioni et Robert G. Poirier, «Une analyse rétrospective du complexe dextermination Auschwitz-Birkenau», Le Monde juif, no 97, janvier-mars 1980, p. 1-22. Voir sur le web, László Karsai, «Photographs Documenting the Holocaust in Hungary», The Holocaust History Project, 2003. 18. Cest le chiffre auquel parvient John C. Zimmerman, art. cit., qui corrige lestimation de Christian Gerlach, et Götz Aly (Das Letzte Kapitel: Realpolitik, Ideologie und der Mord an den ungarischenJuden, 1944–1945, DVA, Munich 2002) qui parviennent au chiffre de 320000 (Zimmerman, art. cit., p. 253) 19. Hilberg, La Destruction des juifs dEurope, op. cit., notamment p. 1045-1046. 20. Pas condamné car il a passé un accord stipulant quil reconnaissait ne pas être ingénieur et sengageait à ne plus le prétendre 21. Voir «Le Rapport Leuchter: un FAQ», §3, PHDN, 1997-2009. 22. Etat du Tennesse contre Farris Morris Jr, 2000. 23. Deborah Denno, «Death Bed», TriQuarterly Journal, vol. 124, 2006, p. 159 - Stephen Trombley, The Execution Protocol: Inside Americas Capital Punishment Industry (New York: Crown Publishers, 1992), p. 76-78 24. «The Expertise of Fred Leuchter», The Holocaust History Project, 2008. 25. Voir le documentaire dErrol Morris, Mr Death, sorti en 2001. 26. «Le Rapport Leuchter: un FAQ», introduction, PHDN, 1997-2009. 27. Deborah Lipstadt, Denying The Holocaust, New York, Macmillan, 1993, p. 170, reproduit ici. 28. Notamment dès 1988, par un ancien disciple de Faurisson que la fréquentation des documents a convaincu de la réalité du génocide, Jean-Claude Pressac, «Les carences et incohérences du «Rapport Leuchter», Jour J, la lettre télégraphique juive, 12 décembre 1988. On renverra également à la version complétée, en anglais, du même article: Jean-Claude Pressac, «The Deficiencies and Inconsistensies of the Leuchter Report», dans Truth Prevails. Demolishing Holocaust Denial. The End of the Leuchter Report, Shelly Shapiro (ed.), The Beate Klarsfeld Foundation, New York, 1990. 29. Par exemple le témoignage de Dov Paisikovic au procès dAuschwitz. Déposition du 17 octobre 1963. CCCLXI-370 (CDJC). Cité dans Léon Poliakov, Auschwitz, Gallimard / Julliard, coll. «Archives»,1964, p. 159-171. 30. Voir la bibliographie fournie ici. 31. Voir les documents cités ici. Et pour un traitement récent, lexcellent article de Michael Thad Allen, «The Devil in the Details: The Gas Chambers of Birkenau, October 1941», Holocaust and Genocide Studies, vol. 16 no. 2, fall 2002. Voir également le traitement dévastateur que Robert Jan van Pelt a fait de «lexpertise» de Leuchter, en tant quexpert (reconnu, lui) lors du procès intenté par le négationniste David Irving à lhistorienne Deborah Lipstadt. Evidemment cette masse documentaire concorde parfaitement avec les témoignages. Voir par exemple, le témoignage du commandant dAuschwitz, Rudolf Höss, cité dans Eugen Kogon, Herrmann Langbein, Adalbert Rückerl, Les chambres à gaz secret dÉtat, Seuil, Points Histoire, 1987, réed. 2000, p. 203, celui du Sonderdommando Henryk Tauber, citée dans Kogon et alii, op. cit., p. 208, donné le 24 mai 1945 et qui corrobore des documents trouvés et étudiés beaucoup plus tard... 32. Les témoignages à ce sujet sont nombreux, notamment ceux des Sonderkommandos eux-même et de nombreux témoins. Voir par exemple, témoignage du Dr A. Lettich dans Eugen Kogon, Herrmann Langbein, Adalbert Rückerl, Les chambres à gaz secret dÉtat, Seuil, Points Histoire, 1987, réed. 2000, p. 190. 33. Voir à ce sujet, Jean-Claude Pressac, Les Crématoires dAuschwitz. La machinerie du meurtre de masse, CNRS Editions, 1993 et également documents cités ici, et larticle de Michael Thad Allen déjà cité, ou encore Kogon et alii, op. cit., p. 198-199. 34. Voir encore Jean-Claude Pressac, «Les carences et incohérences du «Rapport Leuchter», Jour J, la lettre télégraphique juive, 12 décembre 1988. 35. Voir notamment Jacques Brillot, «Largent sans mémoire: Degussa-Degesch», Le monde juif, NS-151, mai-août 1994, qui écrit, p. 37, «Un peu plus léger que lair […], il ne saccumule pas dans les parties basses des locaux, évitant tout effet de cuve, si dangereux dans le cas du gaz carbonique (CO2) et de lhydrogène sulfuré (H2S). Ceci facilite son évacuation par ventilation naturelle une fois le résultat obtenu.». 36. «La chambre à gaz du crématoire dAuschwitz I. Le Krema I et ses transformations», PHDN, 2001-2005. Voir également Daniel Keren, Jamie McCarthy, Harry W. Mazal, «The Ruins of the Gas Chambers: A Forensic Investigation of Crematoriums at Auschwitz I and Auschwitz-Birkenau», Holocaust and Genocide Studies, vol. 18, no. 1, spring 2004. 37. Voir les témoignages énumérés ici. 38. Les références se trouvent facilement dans la littérature historienne consacrée à Auschwitz. On lit dans Les chambres à gaz secret dÉtat : «Un registre conservé contient les commandes que la direction centrale des constructions des Waffen SS à Auschwitz a passées aux Usines allemandes darmement (D.A.W.). Le 6 avril 1943, la commande n° 280 porte sur vingt-quatre vis à ancrage pour portes étanches au gaz destinées aux crématoriums IV et V. La commande n° 162 du 6 mars 1943 indique: Une poignée pour la porte étanche aux gaz Ø 12. Le 16 avril 1943, on commande, à lusage du crématorium III, des garnitures pour une porte étanche aux gaz identique à la commande n° 957 déjà livrée. Le même jour, une autre commande (n° 323) indique: La serrurerie fournit, pour quatre portes étanches aux gaz, les garnitures identiques à celles déjà livrées. Les portes seront montées dans la halle II et cest là que les garnitures doivent être livrées. Le 12 juin 1943, la commande n° 600 porte: Une clé pour la chambre à gaz. Dans les archives Serrurerie, on peut voir les bons de commande suivants: Douze portes étanches aux gaz de 30 sur 40 centimètres. Ces portes, commandées le 13 février 1943, ont été terminées le 26 février. La firme Riedel et fils a inscrit parmi les travaux du jour, le 28 février 1943: modifier les lucarnes étanches aux gaz, le 2 mars: damer et bétonner le sol dans la chambre à gaz» (Kogon et alii., op. cit., p. 199-200). Voir par exemple lun de ces documents (tiré de Jean-Claude Pressac, Auschwitz: Technique and operation of the gas chambers, the Beate Klarsfeld Foundation, NY, 1989, p. 438). 39. Photographies dans Jean-Claude Pressac, Auschwitz: Technique and operation of the gas chambers, the Beate Klarsfeld Foundation, NY, 1989, p. 486. 40. Voir lensemble des témoignages cités par Kogon et alii, chap. 7 41. «Lantisémitisme: une hostilité contre les Juifs. Genèse du terme et signification commune.», PHDN, 2002-2004. 42. «Quand Rassinier «calcule» les réparations versées par lAllemagne à Israël», PHDN, 1999-2000. 43. Il suffit de faire le constat que lécrasante majorité des négationnistes se trouvent au sein de lextrême-droite antisémite, notamment chez des néonazis et de lire quelques textes de Faurisson et Rassinier. Voir quelques exemples, la question négationniste 62, la section Rassinier de PHDN, la section Faurisson de PHDN. 44. Lynda Baril, «La GRC ne porte pas daccusation contre leveque Richard Williamson», La Presse, samedi 15 avril 1989, p. A12. Lynda Baril précise que ces paroles ont été rapportées dès le 6 avril par le Sherbrooke Record. Le scandale semble être resté limité dans le temps et lespace, au seul Canada en avril 1989. Des associations juives ont manifesté leur colère, mais in fine, le congrès juifs canadien se satisfait dune déclaration du président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr James Hayes, condamnant fermement les propos de Richard Williamson («Propos prononcés par lévêque traditionnaliste Richard Williamson: le Congrès juif satisfait de lintervention de Mgr Hayes», La Presse, mecredi 19 avril 1989, p. A14). Nous navons pas trouvé dautres traces de la polémique... Si le scandale fut très limité en 1989, il nous semble, par contre, dans la mesure où la hiérarchie catholique canadienne y avait pris part, quil serait particulièrement étonnant que le Vatican nait jamais été mis au courant de lexistence et de la nature des propos de Williamson. Sa «tournée» au Québec, qui avait pour but de «confirmer» des enfants, faisait lobjet de la critique de lEglise catholique canadienne dès le mois de mars («Lun des quatre évêques excommuniés confirmera des enfants au Québec», La Presse, lundi, 20 mars 1989, p. C16) 45. Voir le profil de Ernst Zündel sur PHDN. 46. Lynda Baril, art. cit. Lynda Baril mentionne que pour ces précisions, Williamson sest exprimé, parfaitement, en français et tenait à  «nuancer» son propos dont visiblement il tente de contester la forme. Cependant, dans la mesure où les Sherbrooke Record les a rapportés dès le lendemain, il nest pas douteux que la virulence de la forme est conforme à ce qui a été effectivement dit par Williamson. Celui-ci avait déjà défendu ses propos auprès du Toronto Star en invoquant la dureté du Nouveau Testament envers les Juifs (Michael McAteer, «Chief Canadian bishop denounces clergymans anti-Jewish comments», Toronto Star, 14 avril 1989, p. A11). Le Canada nétant pas pourvu de loi sanctionnant le négationnisme, il ny eu pas de poursuites (Michael McAteer, «Catholic bishop wont be charged for remarks about Jews, police say», Toronto Star, 21 avril 1989, p. A10) 47. «letter from Winona», juin 1989, cité par Thomas W. Case, «Mr. Case Responds», Fidelity Magazine, décembre 1992. Il semble que la version mise en ligne de cette lettre (autre exemplaire) diffère des propos rapportés par Fidelity Magazine. On y lit dans le contexte dune défense de lancien milicien Paul Touvier et de sa protection par la FSSPX, lévocation ironique «du plus grand crime contre lhumanité, à savoir le gazage systématique de 6 millions de Juifs, notamment, nous dit-on, à Auschwitz». Juste avant, Williamson annonçait quil allait en examiner le concept, mais la version reproduite tourne court et passe de nouveau à la défense de Touvier. Cela donne le sentiment dun caviardage du contenu cité par Fidelity Magazine. Leonard Zeskind fournit une citation plus complète de la lettre de juin 1989, citation que voici: «il y a une grande quantité de preuves concrètes comme quoi le prétendu Holocauste, par exemple, est largement un mythe» (Leonard Zeskind, «Bishop Williamson, the Society of St. Pius X, and St. Marys Kansas», The Zeskind Fortnight no. 11, 9 février 2009). Lauthenticité des propos rapportés par Fidelity Magazine et Leonard Zeskind est en fait attestée par la lettre de Williamson de novembre 1991 que nous citons par ailleurs. 48. Il sagit du mal nommé Institute for Historical Review, fondé les publicitaires fascistes Willis Carto et David Mc Calden. Voir sur PHDN: «Les amis de Faurisson. LInstitute for Historical Review», PHDN, 2000. 49. Michael J. Mazza, «No Ordinary Bishop», Fidelity Magazine, June 1995. 50. Richard Williamson, «Slacks II», 3 novembre 1991. Toutes les versions en ligne de cette lettre ont été soigneusement détruites début 2009. On pourra tenter les version en cache de google: version en cache 1, version en cache 2, version en cache 3. Aller à la note 50 en fin de texte pour visualiser les anciennes Urls. 51. Nous les avons préalablement sauvegardées, et ces propos sont cités par ailleurs sur des pages web antérieures à au présent article. 52. Michael J. Mazza, «No Ordinary Bishop», Fidelity Magazine, June 1995. 53. «David Irving finds a kindred spirit in Holocaust-questioning bishop», Telegraph, 29 janvier 2009. 54. Philippe laguérie, «Mgr Williamson: la position de lIBP», Le Blog de lAbbé Laguérie, 13 février 2009. 55. Il y vante un Paul Touvier «âme sensible, délicate et même nuancée» et se félicite quil comparaisse devant le tribunal divin «car, à ce tribunal-là, pas de média, pas de campagne médiatique, pas de lobby, pas de groupe de pression, pas de communiste ni de franc-maçon, pas de partie civile ni de Licra, mais la liberté et la justice» (Renaud Dely et Jean Hatzfeld, «Requiem pétainiste pour Touvier. Messe intégriste à Paris et inhumation à Fresnes pour lancien milicien», Libération, vendredi, 26 juillet 1996, p. 8-9). Rappelons que Paul Touvier, chef de la milice de Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale est responsable notamment de plusieurs assassinats de Juifs, dont celui de Victor et Hélène Basch. Laguérie fit la lecture complaisante du testament de Paul Touvier et senhardi dun reproche au Régime de Vichy, celui de «ne pas avoir assez affiché un catholicisme intégral» («Paul Touvier a été inhumé au cimetière communal de Fresnes», Le Monde, Samedi 27 juillet 1996, p. 7). 56. Il a par exemple écrit: «Il nous faut des chrétiens sans plus de complexes que les croisés, sans plus de timidité que les martyrs, des cascadeurs de Dieu, des surhommes chrétiens», ou encore: «Quest-ce quun tolérant en matière intellectuelle si ce nest un vaurien, un minable, le déchet dune société entièrement vouée à la ruine?», et encore «Comme notre Maître, soyons intolérants, nous en serons un peu plus miséricordieux» (cité dans Sud Ouest, samedi, 18 janvier 2003). Catherine Coroller, dans un portrait de Philippe Laguérie dans Libération, en 2006, écrit: en 2003, un proche de Philippe Laguérie labbé Guillaume de Tanoüarn, directeur de la publication de la revue Pacte, distribuée notamment à Saint-Nicolas du Chardonnet, dont Laguérie est membre du comité de rédaction, est condamné pour provocation à la haine raciale. Il a publié un article dun dénommé Claude Rousseau, selon lequel les Maghrébins sont des «benladenistes en herbe». Les «Arabes envahissent Lutèce, Lugdunum ou Phocée, cest la France quils menacent détrangler». Les juifs sont des «financiers transnationaux». Il existe une «solidarité foncière entre ces deux mondes», une «collusion dintérêts» pour affaiblir la France (Catherine Coroller, «Vade retro soutanas», Libération, mercredi, 11 octobre 2006, p. 32). Voir aussi Guillaume Rollin, «Des colonnes intégristes et racistes», Libération, lundi, 15 septembre 2003, p. 19. 57. «Sortie mouvementée en France de la Dernière Tentation du Christ», Le Monde, vendredi 30 septembre 1988, p. 28. 58. Georges Marion, «La campagne contre le film de Martin Scorsese Six personnes, dont lune est écrouée, inculpées après lincendie au cinéma Saint-Michel», Le Monde, 29 octobre 1988. 59. Henri Tincq, «A Saint-Nicolas du Chardonnet Qui sème le vent...», Le Monde, mardi 25 octobre 1988, p. 11. 60. Cité par Joseph-Michel Vila (jose-michel.vila@wanadoo.fr), «Les eveques, ras le bol», usenet, fr.soc.politique, 20 novembre 1997, Message-ID: <19971120145517345064@per1-82.abo.wanadoo.fr> 61. Catherine Coroller, «Vade retro soutanas», art. cit. 62. Philippe Laguérie, «Le Motu proprio du diable», Le Blog de lAbbé Laguérie, 4 septembre 2007. 63. «Dialogue haineux et thèses irréconciliables», Le Figaro, 17 septembre 1987, p. 2, cité par Henri Deleersnijder, Laffaire du point de détail: effet médiatique et enjeux de mémoire, Editions de lULG, 2001, p. 57-58. On relèvera, à linstar de Henri Deleersnijder lextrême relativisation des assassinats des Juifs par gazages, près de trois millions, que Philippe Laguérie résume en minimal et général «milliers de victimes de la guerre». 64. «Des moulins à vent», Le Monde, 18 septembre 1987, p. 8. Une version caviardée de lémission existe sur internet, coupant les passages les plus violents de Laguérie... 65. Les sources des citations sont confuses, mais leur contenu établi. Voir «Un abbé récidiviste», Le Monde, mardi 22 septembre 1987, p. 6. Maurice Peyrot, «Au tribunal de Paris. Les chemins de lantisémitisme», Le Monde, vendredi 30 octobre 1987, p. 13. Maurice Peyrot, «Les ambiguités de labbé Laguérie», Le Monde, vendredi, 4 décembre 1987, p. 12. 66. Ibid. 67. Maurice Peyrot, «Au tribunal de Paris. Les chemins de lantisémitisme», Le Monde, vendredi 30 octobre 1987, p. 13. 68. Nonobstant les protestations de Dieudonné, diverses tant par la forme que par le fond, le baptême est avéré. Dieudonné, selon son humeur, prétend plus ou moins implicitement que ce baptême et le parrainage de Le Pen ne sont pas advenus, ou quil sagit uniquement dun «coup de pub», dune «provocation». La thèse de la plaisanterie est grotesque compte tenu de la personnalité de Philippe Laguérie et de limportance du sacrement du baptême. Jamais Laguérie ne se serait prêté à une «provocation» qui instrumentaliserait le baptême. Il en est de même de Jean-Marie Le Pen. Celui-ci a dailleurs confirmé être le parrain de la fille de Dieudonné en plusieurs occasions (voir, par exemple, Catherine Coroller et Christophe Forcari, «Le Pen reconnaît être le parrain dun enfant de Dieudonné», Libération, 16 septembre 2008). Le baptême est également confirmé par le bulletin paroissial de léglise Saint-Eloi, le Mascaret, dans son n° 295 (septembre 2008), qui annonce le baptême de la fille de Dieudonné le 11 juillet 2008 (cité par lagence de presse dextrême droite, Novopress, «Baptême de la fille de Dieudonné: la preuve», 13 septembre 2008). Par ailleurs le jour du baptême, une vidéo a été tournée devant lEglise Saint-Eloi: on y voit Jean-Marie Le Pen, son épouse Jany, et la compagne de Dieudonné ainsi quun «gros bras» assurant habituellement le service dordre des spectacles de Dieudonné (Chloé Leprince, «Le Pen-Dieudonné: beaucoup dintox... mais une vidéo», Rue89, 28/07/2008). Labbé Laguérie a confirmé le baptême et formellement démenti lidée dun canular auprès du Post («Oui, jai bien célébré le baptême de la fille de Dieudonné», Le Post, 29 juillet 2008) Enfin, lhebdomadaire dextrême-droite Minute a fait une enquête très fouillée sur le baptême, en confirmant tous les éléments, notamment le fait quil nétait pas prévu quil soit rendu public. Minute a obtenu la confirmation des faits auprès de tous les acteurs, y compris auprès de Dieudonné, qui ne parle nullement de «provocation», mais explique la sincérité de sa démarche, «quelque chose de très intérieur, de très personnel». Il assure avoir choisi Philippe Laguérie car «dans les discussions que jai pu avoir avec lui, jai ressenti un sentiment douverture». On aura pu juger de louverture de Laguérie... Le baptême fut suivi dun repas. Pour les détails, voir Jean-Marie Molitor, «Laffaire Dieudonné», Minute, 23 juillet 2008. Pour faciliter la lecture de cet article, le lecteur doit savoir que lactiviste dextrême-droite, acteur du rapprochement entre Dieudonné et Le Pen, mentionné par Minute par le pseudonyme dOrléans, est en réalité lancien gudard Frédéric Chatillon. Quand Dieudonné conteste la factualité du baptême ou prétend avoir agi par «provocation», il sagit tout simplement de mensonges. 69. Interview de Dieudonné dans Rivarol, no 2990, 11 mars 2011. Les propos de Dieudonné sur Williamson méritent d'être rapportés intégralement: «Un autre personnage pour lequel j'ai beaucoup d'estime et de considération, c'est Mgr Williamson. Je suis d'ailleurs allé le rencontrer à Londres où il vit replié, en paria. Le courage qu'il a manifesté montre qu'il est à mes yeux un vrai et un grand homme d'Eglise. Sa démarche est christique. Mgr Williamson est un résistant, un homme qui inspire le respect. A l'opposé de tout carriérisme qui n'est hélas pas rare chez les ecclésiastiques, il a renoncé à tout pour ses convictions. L'Eglise devrait s'inspirer de son exemple ; elle retrouverait de l'énergie et de la force.». Qualifier un négationniste, un antisémite hystérique tel que Williamson, de «résistant» est tout simplement une ignominie.

Le négationnisme
de Richard Williamson

Une analyse

© Gilles Karmasyn/PHDN 2009 - Reproduction interdite sauf pour usage personnel
 

Préambule

Le Mercredi 21 janvier 2009, la télévision suédoise diffusait dans le cadre dune émission sur la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (abrégée dans ce qui suit en «FSSPX»1) une interview que lévêque Richard Williamson avait accordée le 1er novembre 2008 au journaliste Ali Fegan2. Dans cette interview, Richard Williamson faisait une profession de foi négationniste3. Et déclenchait une tempête médiatique. Le tollé aurait sans doute été limité à la dénonciation des biais idéologiques de certains catholiques intégristes, si le Pape Benoit XVI navait pris la décision, rendue publique quelques jours après la diffusion de linterview, de réintégrer au sein de lEglise les quatre évêques de la FSSPX, excommuniés en 1988, dont Richard Williamson.

PHDN ne colle en général pas à lactualité mais, comme dans le cas de «laffaire Gollnisch» en 20044, nous avons fait le constat que la couverture médiatique des propos de Richard Williamson relevait presque exclusivement des registres de lindignation et de la dénonciation, registres légitimes mais qui nous semblent insuffisants. Les propos de Richard Williamson sur le génocide des Juifs, quon trouve aisément sur Internet5, méritent dêtre examinés afin dexposer en quoi ils relèvent de procédés particulièrement malhonnêtes. Williamson, en exemple paradigmatique de propagandiste négationniste, parvient à servir un discours à la fois pervers et indigent. Voici en quoi ces propos constituent des contre-vérités exemplaires.

Linterview de Richard Williamson

[Ali Fegan:] Monseigneur Williamson, sont-ce là vos paroles: «il ny a pas eu un seul juif tué dans les chambres à gaz. Tout ça nétait que mensonges, mensonges, mensonges...»? Sont-ce vos paroles?

[Williamson:] Vous faites référence [à des déclarations faites] au Canada, je crois, oui. Il y a plusieurs années. Euh...

Commentaire de PHDN: Il faut en effet rappeler quen 1989 déjà, à Sherbrooke (Québec), Richard Williamson sétait lancé dans une tirade négationniste qui, à lépoque, navait pas fait grand bruit. Lheure nétait pas à la réintégration des intégristes schismatiques au sein de lEglise vaticane. Nous reviendrons plus loin sur cette première tirade.

[Williamson:] Je crois que les preuves historiques, les preuves historiques vont fortement, énormément, à lencontre de 6 millions de juifs ayant été délibérément gazés dans des chambres à gaz comme une politique intentionnelle dAdolf Hitler.

Commentaire de PHDN: il est fondamental de souligner immédiatement quaucun historien na jamais soutenu que «6 millions de juifs [avaient] été délibérément gazés dans des chambres à gaz». Jamais personne ayant lu un seul ouvrage sur la question, sétant informé a minima na jamais soutenu une telle ânerie, ni dailleurs prétendu que quiconque la soutenait…

La Shoah est un événement complexe qui sétend sur six années (on peut faire débuter le processus qui y a abouti par les premières mesures antisémites du régime nazi en 1933) et les modalités dassassinat des Juifs ne se résumèrent pas à lassassinat dans des chambres à gaz. La moitié des Juifs assassinés durant la Shoah le furent dans des chambres à gaz, les autres furent assassinés par balles dans les opérations mobiles de tueries menées par les Einsatzgruppen et les bataillons de police dordre, dans des camions à gaz, par épuisement, famine et maladie dans les ghettos où les nazis maintenaient des conditions de vie si barbares quelles ne pouvaient mener quà la mort, et par les traitements inhumains subis dans les camps de concentration pour la petite minorité de Juifs qui nétaient pas gazés dès leur arrivée.

Il est grotesque de prétendre sinsurger contre une thèse («6 millions de juifs assassinés dans les chambres à gaz») qui nexiste pas. Cest sinventer de ridicules moulins à vents et surtout faire la preuve de son insondable ignorance de lhistoire et de lhistoriographie du génocide des Juifs. Que Williamson ose, dans ces conditions, parler de «preuves historiques» lors même quil fait la démonstration de ses lacunes est assez pathétique puisquil exhibe son manque total de familiarité avec lhistoire.

Par ailleurs, mettant de coté cette énorme erreur, on comprend que Williamson affirme quil y aurait un «manque de preuves historiques» sur la volonté dHitler de faire assassiner les Juifs. Là encore, toute personne familière de lhistoriographie de la Shoah ne peut quécarquiller les yeux devant tant dincompétence. Le débat entre historiens, un temps dactualité dans les années 70 et 80 sur la centralité dHitler dans le projet dextermination des Juifs dEurope est aujourdhui clôs. Non seulement les historiens saccordent sur ce rôle, mais on dispose de très nombreuses déclarations de hauts dirigeants nazis faisant mention du fait que lextermination des Juifs découlait de la «volonté du Führer». On en trouvera sur le présent site un certain nombre6.

Néanmoins, cest à partir des déclarations dHitler lui-même quon connaît de longue date, quil est aisé de faire le constat de son obsession antisémite et de sa volonté annoncée, puis assumée, de faire assassiner les Juifs dEurope. Nous avons relevé sur PHDN les plus caractéristiques de ces déclarations, largement reproduites dans les ouvrages des historiens depuis longtemps disponibles, que Richard Williamson a mis un point dhonneur rigoureux à ne pas lire7. Un exemple suffira ici: le 13 mai 1943, Joseph Goebbels, lun des plus hauts responsables nazis, retranscrit dans son journal une conversation quil a eu avec Hitler un peu plus tôt. Hitler lui a notamment déclaré que:

«Les peuples modernes nont donc dautre solution que dexterminer les Juifs»8.

Il faut se reporter aux autres nombreuses déclarations dHitler9 pour constater quune telle volonté de meurtre est loin dêtre isolée, mais revêt un caractère non seulement systématique chez Hitler, mais aussi central dans son idéologie. Ce quil y a daffligeant cest le contraste, une fois de plus, entre le coté péremptoire des affirmations de Williamson et lévidence historiographique. QuHitler ait voulu et fait accomplir lextermination des Juifs est largement documenté. Que Williamson le nie de façon si grotesque prouve sa malhonnêteté autant que son ignorance et sa malveillance. Dès la première phrase relative au sujet, Williamson aura fait la preuve de son incompétence. Ce nest quun début.

[Ali Fegan:] Mais vous dites que pas un seul juif na été tué.

[Williamson:] Dans des chambres à gaz!

Commentaire de PHDN: relevons simplement ici la «précaution» de Williamson qui fait partie de larsenal classique des négationnistes: prétendre se focaliser sur lun des instruments du meurtre de masse (le plus symbolique) afin de prétendre ne pas nier que les Juifs ont «quand même» souffert «par ailleurs». In fine, les négationnistes nient cependant lensemble de la tuerie (cest-à-dire son ampleur et son caractère idéologique et systématique), même sils évitent assez soigneusement daborder les opérations mobiles de tueries ou les conditions barbares que les nazis maintenaient dans les ghettos, entre autres. Il sagit de nier la partie pour le tout, sans avoir lair dy toucher.

[Ali Fegan:] Il ny avait donc pas de chambres à gaz?

[Williamson:] Je crois quil ny avait pas de chambre à gaz, oui. Je pense... pour autant que jai étudié les preuves — je ne me laisse pas guider par les émotions — autant que jai compris les preuves, je pense que, par exemple, que les gens qui sont contre, euh... ce qui est très généralement cru comme étant «lholocauste», je pense que les gens... euh, ces gens concluent, on les appelle les révisionnistes, euh... je pense que les plus sérieux ont concluent quentre 200000 et 300000 juifs ont péri dans les camps de concentration nazis mais pas un seul par gazage dans une chambre à gaz.

Commentaire de PHDN: Mgr Richard Williamson «croit», «pense», «pour autant qu[il a] compris les preuves»… qu«il ny avait pas de chambre à gaz». Ce «pour autant» vaut comme un aveu comme quoi, justement, il na pas «compris les preuves». La raison en est quil ne les a pas étudiées, à moins que les «preuves» quil a étudiées ne soient que les seules élucubrations négationnistes... Ce dont on se doutait déjà compte tenu de lincroyable ignorance démontrée à propos de sa ridicule contestation des prétendus «6 millions de Juifs gazés».

Williamson ne fait que répéter sans, justement, les comprendre, les thèses de ceux quil désigne comme des «révisionnistes». Contrairement à ce que Williamson prétend «on ne les appelle» pas «révisionnistes». On les appelle, à linitiative des historiens, des «négationnistes», seul terme adéquat pour désigner ceux qui nient la réalité du génocide des Juifs par les nazis10. Seuls les négationnistes eux-mêmes et leurs zélateurs (ainsi quhélas un nombre élevé de journalistes) continuent de nommer «révisionnistes» ceux qui font en réalité de lanti-histoire. Williamson na, de toute évidence, lu sérieusement ni les historiens, ni les négationnistes quil reprend maladroitement (voir plus haut ses «6 millions de juifs gazés» que nauraient en fait jamais évoqué des négationnistes aguerris).

Richard Williamson adhère donc aux «conclusions» quil mentionne, à savoir que «entre 200000 et 300000 juifs ont péri dans les camps de concentration nazis mais pas un seul par le gazage dans des chambres à gaz». Il sagit évidemment dune contre-vérité pure et simple. Ceux qui sont familiers du discours négationniste auront repéré lun des leitmotiv des négationnistes à savoir la confusion implicite entre camps de concentration et centres de mise à mort (plus communément, mais non sans ambiguïté, connus comme «centre ou camps dextermination»).

Le grand public confond souvent, en des représentations collectives erronées, «camps de concentration», «chambres à gaz» et «génocide des Juifs». Seule la moitié des Juifs assassinés durant la Shoah le furent dans des chambres à gaz, et 99% de ces Juifs assassinés par gazage ne le furent pas dans des camps de concentration, mais dans des centres de mise à mort industrielle, dès leur arrivée dans ces centres, notamment dans les centres de mise à mort de lOpération Reinhard. Une minorité des Juifs déportés fut exploitée à mort comme esclaves dans des camps de concentration. Les négationnistes jouent sur ces lacunes, qui ne sont pas, et nont jamais été celles de historiens, afin de nier la réalité du génocide ou de susciter le doute chez un public mal informé et non averti. La documentation est évidemment abondante sur les assassinats par gazages, les témoignages nombreux (tant des victimes que des bourreaux, et ceci pendant la guerre même et juste après), la bibliographie facilement accessible11. Sur le présent site, on pourra se référer aux sections consacrées aux camions à gaz, à Auschwitz, aux camps de lopération Reinhard, à la réponse à la «question négationniste» numéro 1. Faut-il rappeler quen 1945, il manquait les deux tiers, entre 5 et 6 millions de personnes, de la population juive européenne, et que de nombreuses études tentent de faire le bilan des ces disparitions12?

Ainsi, laffirmation de Williamson fait fi dune historiographie abondante et de nombreuses preuves. Les allusions aux gazages sont dailleurs fréquentes dans les documents contemporains émanant des nazis et de leurs alliés, quon peut consulter sur PHDN et dans les ouvrages dhistoire13. Un seul exemple suffira ici émanant du Général Giusepe Pieche, chef des carabiniers italiens en Croatie du Nord et en Slovénie, allié des nazis. Le 4 novembre 1942, il rédige une note à lattention de son gouvernement. Il y précise à propos des Juifs déportés vers lEst depuis la zone doccupation allemande:

«Ils sont éliminés au moyen de gaz toxiques»14.

Il faut souligner le coté absurde des chiffres avancés par Williamson, comparés aux documents émanant des nazis eux-mêmes. Pour nen prendre quun seul, le 1er décembre 1941, le SS-Standartenführer Karl Jäger, commandant de lEinsatzkommando 3 de lEinsatzgruppe A, rédige un long rapport intitulé «Bilan des exécutions effectuées par les commandos spéciaux E.K.3 jusquau 1er décembre 1941», pour les seuls pays baltes, principalement en Lituanie, pendant 5 mois. Ce rapport fournit une comptabilité sanglante et détaillée des activités meurtrières de lunité de Jäger surtout en Lituanie. Les chiffres des Juifs assassinés sont divisés en trois catégories, «les hommes juifs», «les femmes juives», et «les enfants juifs». Le rapport mentionne quentre juillet et novembre 1941, lE.K.3 a assassiné 137346 personnes, presque toutes juives, dont un tiers denfants, et un tiers de femmes15. 137346 pour une partie des pays baltes alors quil restait trois ans et demi de guerre pendant la plus grande partie de laquelle les nazis tiendraient lEurope entière...

Par ailleurs, pour Auschwitz seul, au delà des nombreux témoignages concordants, on dispose de documents contemporains indépendants qui prouvent quentre mai et juillet 1944 plus de 437000 Juifs hongrois furent envoyés à Auschwitz dont seulement 26000 furent «enregistrés» et 29000 envoyés dans dautres camps16. Aucune trace nexiste pour les 370000 autres, alors même que les nombreux témoignages (juifs, témoins, nazis) ont tous fait état de la frénésie dassassinats dans les chambres à gaz, justement, à Auschwitz à ce moment précis et que dautres traces documentaires confirment ces faits quon ne peut énumérer ici17. Dans les seuls pays baltes, sont assassinés en moins de 5 mois en 1941, 137346 Juifs et dans le seul centre dextermination dAuschwitz-Birkenau, en trois mois en 1944, 370000 Juifs hongrois ont été assassinés18 dans les chambres à gaz, comme témoignages et documents lillustrent, mais pour Williamson, pendant toute la guerre, en plus de cinq ans, dans toute lEurope, «entre 200 et 300 mille Juifs auraient péri dans les camps». Sans parler des Juifs de lEurope occidentale, il faudra demander au prestidigitateur Williamson dans quel chapeau il a fait «disparaître» les trois millions de Juifs polonais davant-guerre... dont aucune trace ne peut être trouvée depuis 1945, et dont témoignages et documents coïncident pour dire quils ont été assassinés... Et il prétend avoir étudié la question!

Il faut encore une fois relever cette écrasante masse des témoignages dont Williamson ne prend même pas la peine de justifier quil les tient pour rien. Selon quel critère? Ceci est dautant plus étonnant de la part dun prélat catholique, intégriste qui plus est, puisque son «credo» nest basé, justement, que sur des témoignages. Il ne sagit pas ici de comparer lacte de foi chrétien et la réalité de la Shoah mais de souligner la malhonnêteté, sinon linconséquence, de Richard Williamson dans le fait quil balaie implicitement un corpus énorme de témoignages concernant lextermination des Juifs dEurope, notamment dans les chambres à gaz, alors même que, fondamentalement, pour lui, le témoignage est une source majeure de connaissance: hors les «témoignages» des évangiles, point de foi chrétienne...

Terminons en mentionnant encore une fois lexistence des bilans proposés par lhistorien Raul Hilberg sur la répartition des victimes du génocide des Juifs dans son ouvrage, LExtermination des Juifs dEurope19. Sans doute, Mgr Richard Williamson na-t-il pas pris la peine de le lire…

[Williamson: ] Vous avez peut-être entendu parler du Rapport Leuchter? Fred Leuchter était un expert en chambre à gaz. Il en conçu trois chambres à gaz pour trois Etats, trois des 50 Etats américains, pour lexécution de criminels. Donc, il savait ce qui était en jeu.

Commentaire de PHDN: Cest à partir dici que de ridicule, Richard Williamson va définitivement basculer dans le comique et le grotesque. En effet, Fred Leuchter nest pas nimporte qui... cest un escroc, poursuivi aux USA pour usage abusif du titre dingénieur20, qui na conçu aucune chambre à gaz réellement utilisée pour des exécutions capitales aux USA21. Il a réussi à vendre des chaises électriques à quelques établissements pénitenciers, non seulement en mentant sur ses qualifications, mais aussi en utilisant des méthodes relevant du chantage, et il sest avéré que les appareils élaborés par Leuchter étaient défectueux et causaient de grandes souffrances aux personnes exécutées22! Il a ainsi mis au point une machine pour injections létales, pour laquelle il a «évalué» les doses à partir des doses mortelles pour… les cochons23, machine qui était la cause datroces souffrances pour les condamnés24! Fred Leuchter na jamais été quun bricoleur obsédé par les machines de mise à mort25, sans qualification (ni scientifique, ni en ingénierie quelconque, ni médicale, ni toxicologique) mais qui a réussi à faire son trou sur le marché particulier des exécutions capitales aux USA par des procédés malhonnêtes, na jamais mis au point la moindre chambre à gaz... et est seulement doté dun diplôme en... histoire.

«Expert» autoproclamé, sans la moindre formation scientifique donc: cest le nazi et négationniste Ersnt Zündel qui la déniché et lui a financé un voyage à Auschwitz pour une prétendue expertise après que le négationniste Faurisson eût «convaincu» Leuchter de «limpossibilité» technique des chambres à gaz26, Leuchter sest ridiculisé devant des cours de justice (où il «témoignait» en faveur du négationniste Zündel) qui ont refusé de lui reconnaître le titre dexpert27. Le «rapport» quil a fabriqué a été plus que réfuté, mis en lambeaux, depuis de nombreuses années28, ce qui a permis de démontrer que Leuchter était un incompétent scientifique et un personnage malhonnête. Que Williamson ose avoir recours à un énèrgumène pareil en usant de mensonges au premier degré relatifs aux qualifications et réalisations de Leuchter, est tout simplement pathétique.

[Williamson: ] Et il a étudié les supposées chambres à gaz en Allemagne, dans les années 80, ce qui reste des supposées chambres à gaz, les crématoires de Birkenau-Auschwitz, par exemple.

Commentaire de PHDN: la force de Williamson cest de parvenir à accumuler les âneries le plus sérieusement du monde. Quelle conception de lAllemagne peut bien avoir Richard Williamson lorsquil place Auschwitz-Birkenau en Allemagne? Une conception nazie sans doute, car cest seulement une géographie nazie qui rattachait Auschwitz-Birkenau au «Grand Reich». Nimporte quel historien (ou géographe...) sait quAuschwitz-Birkenau se trouve en Pologne! Mais en effet, Leuchter sest rendu à Auschwitz en 1988, après quoi il a rendu le «rapport» que lon sait....

[Williamson: ] Et sa conclusion, sa conclusion dexpert, était quil est impossible que celles-ci aient pu servir au gazage dun grand nombre de gens.

Commentaire de PHDN: Richard Williamson aura beau marteler le mot «expert», la réalité est et demeure que Fred Leuchter ne fut jamais quun escroc, dans tous les sens du terme et que ses «conclusions» sont sans la moindre valeur scientifique, comme il a été démontré depuis longtemps. Par ailleurs, nous ne savons pas si Williamson comprend bien ce quil dit... Les crématoires de Birkenau ont été dynamités par les nazis au moment de leur fuite. Leuchter prétendait déduire de leur aspect actuel quils ne pouvaient avoir abrité de chambres à gaz. Cétait à la fois stupide et malhonnête. Que Williamson reprenne cette idiotie réfutée depuis longtemps est affligeant mais pas surprenant.

[Williamson:] Parce que le gaz cyanhydrique est très dangereux.

Commentaire de PHDN: Et cest justement parce quil était mortel à très faible dose pour lêtre humain que les nazis lont utilisé pour assassiner les Juifs! Cela ne semble pas avoir effleuré sa Seigneurie! A croire que les négationnistes seraient capables de suggérer que pour gazer des gens, il vaudrait mieux utiliser un gaz peu mortel... Des âneries...

[Williamson:] Si vous... si vous... supposons que vous gazez 300 personnes que vous avez rassemblées dans une pièce, et vous les gazez, et quils portent des vêtements, par exemple sils portent leurs vêtements […], il est très dangereux dy entrer et de retirer les corps parce quune seule bouffée de gaz sortant des plis des vêtements peut tuer quelquun. Cest extrêmement dangereux.

Commentaire de PHDN: Williamson a ici recours à une manœuvre négationniste particulièrement éculée. Elle consiste à accumuler des hypothèses dans un discours qui se veut logique mais sans étayer les hypothèses et surtout en faisant fi des témoignages et des travaux des historiens (qui contredisent justement ces hypothèses...). Le «raisonnement» emprunté permet, ayant posé une prémisse fausse, de passer à des conclusions tout aussi fausses par des raisonnements le plus souvent spécieux:

  1. Dune part, lévacuation des gaz (ou la protection des esclaves juifs chargés de retirer les corps par masque à gaz) est un sujet couvert par les témoignages et les documents (voir plus bas) et lentrée dans la chambre à gaz après un gazage ne présentait aucun problème majeur comme le sait nimporte qui ayant étudié lhistoire du génocide.

  2. Dautre part et surtout, il se trouve que tous les témoignages relatifs aux gazages dans les centres de mise à mort industrielle, notamment à Birkenau relatent quon faisait déshabiller les victimes avant des les assassiner par gazage. Si Williamson navait lu ne serait-ce quun témoignage sur Auschwitz29 ou quun seul ouvrage dhistoire sur Auschwitz (cela ne manque pas30), il naurait pu lignorer. Son laïus sur le danger dune «bouffée de gaz sortant des plis des vêtements» est absolument ridicule puisquil ny avait plus de vêtements sur les cadavres, information dun accès pourtant aisé.

Une fois encore Williamson fait la démonstration de son abyssale incompétence et surtout du fait quil na pas du tout essayé de se renseigner a minima avant de faire sa sortie négationniste. Celle-ci découle non dune «enquête» ou dune «recherche» minimale, mais bien de pré-supposés idéologiques... et des lectures et fréquentations négationnistes de Williamson.

[Williamson:] Afin de... une fois que vous avez gazé les gens, vous devez vous débarasser, il faut évacuer le gaz afin de pouvoir rentrer dans la pièce [afin de/et] lutiliser. Pour évacuer le gaz il faut une haute cheminée. Si la cheminée est basse, le gaz descend [sens illustré par la gestuelle de W. dans le documentaire] sur le trottoir et tue quiconque passe par là.

Commentaire de PHDN: Une fois de plus, Williamson fait la démonstration de son ignorance. Dabord parce que la question de lévacuation des gaz est bien connue. Nous disposons dune part des témoignages nombreux, étayées par des documents, faisant état pour certaines chambres à gaz du fait quelles étaient équipées de systèmes de soufflerie ayant justement pour but lévacuation du gaz résiduel après les assassinats31, pour certaines autres non dotées de tels systèmes, du fait quon en ouvrait plusieurs ouvertures afin de créer des courants dair permettant cette évacuation et que les esclaves juifs qui y pénétraient ensuite, les Sonderkommandos, pour en sortir les cadavres étaient équipés de masques à gaz32, et nous disposons dautre part des documents originaux relatifs à la commande des systèmes dévacuation des gaz33. Là encore, Williamson na rien lu ou rien voulu lire.

Par ailleurs, là où cela devient pitoyable cest lorsque, toujours muni de sa logique négationniste, Willamson invente la nécessité dune «haute cheminée». Nécessité nécessaire, selon Williamson, sinon «le gaz descend sur le trottoir et tue quiconque passe par là». Passons sur ces hypothétiques et risibles badauds (je me promène près des chambres à gaz le nez au vent...), objets des sollicitudes de Mgr Williamson, exposés aux gaz rampants williamsoniens et dont on se demande ce quils viennent faire là... Et relevons le «risque» souligné par Williamson que le gaz, lacide cyanhydrique en loccurrence, ne «descende sur le trottoir». Outre que ces élucubrations sont tirées directement des «réflexions» de Leuchter sur Majdanek34, il nous faut inviter chaque lecteur à les présenter à nimporte quel étudiant en chimie de sa connaissance en lui affirmant bien fort que: «lacide cyanhydrique gazeux descend sur les trottoirs...». Létudiant en chimie, ou nimporte quelle personne dotée dun bagage scientifique minimal, ou simplement capable douvrir un dictionnaire de chimie ou daller sur Internet, en restera bouche bée: lacide cyanhydrique est un gaz très volatile qui se diffuse dans lair très rapidement et est plus léger que lair! Il ne descend pas, il monte35!

Voilà pour la compétence scientifique de Leuchter et le sérieux du pontifiant prélat — il faut voir la componction avec laquelle il assène toutes ses idioties — qui ny connait décidemment rien à rien. La nécessaire ventilation des gaz résiduels ne conduisait évidemment pas à la nécessité de «hautes cheminées» ce que Mgr Williamson aurait su sil avait lu les témoignages, les documents et les historiens...

[Williamson:] Il faut une haute cheminée, nest-ce pas? Jai oublié quelle hauteur il [Leuchter] il dit quelle doit avoir. Si vous... sil y avait une haute cheminée, alors son ombre, pendant la plus grande part de la journée, son ombre se projetterait sur le sol et les photographes aériens alliés qui survolaient les camps auraient photographié lombre de cette cheminée. [Or] il ny a jamais eu aucune ombre de cette sorte [sur les photos?]. Il ny avait aucune cheminée de ce genre. Et donc, selon le témoignage de Fred Leuchter, il na pas pu y avoir de chambre à gaz.

Commentaire de PHDN: Le négationniste est comme un roquet hystérique et agressif, une fois quil a mordu son bout de chiffon (le roquet prétendra quil sagit dun fauve redoutable), il ne le lâchera plus et sacharnera dessus avec force grognements... pour le laisser déchiqueté et baveux, fier davoir terrassé un fauve redoutable!

Nous voici donc avec un Williamson qui refuse de lâcher ses «hautes cheminées». Partant dune hypothèse implicite totalement fausse et frelatée (lacide cyanhydrique serait un gaz rampant difficile à évacuer) en contradiction avec la réalité scientifique, les témoignages et les documents (que Williamson a fort soigneusement évité de consulter... «vade retro veritas!»), Williamson en a tiré une conclusion absolue: lexistence nécessaire de «hautes cheminées». Notons que ces raisonnements négationnistes fonctionnent toujours à vide, quelque soit dailleurs la qualité de lhypothèse, et quils ne sont jamais étayés sur des témoignages, des documents, des éléments de réalité quelconque — là encore, procédé négationniste on ne peut plus classique.

Quoi quil en soit. Les hautes cheminées devraient avoir existé, et (hypothèse additionnelle qui serait discutable en soi), elles devraient laisser des ombres au sol, et (hypothèse additionnelle discutable en soi) ces ombres auraient du être photographiées par les Alliés (sous-entendu, par des avions survolant le camp concerné, hypothèse fausse pour tous les centres de mise à mort excepté Auschwitz). Or, prétend constater doctement le docteur de la foi, point dombres sur les photos dont nous disposerions. En conséquence, pas de photos dombres, donc pas de chambre à gaz (et pas de génocide, ajouteraient les négationnistes aguerris)!

Mais chaque étape du raisonnement williamso-leuchteurien est sujette à caution; prenons la «nécessité» dombres sur les photos: il ny a dombres quà certaines heures et il faudrait que le terrain et lenvironnement permette de les voir et il faudrait que des photos aient été effectivement prises de ces lieux là à ces heures là, ce qui pourrait ne jamais avoir été le cas, même si les «hautes cheminées» avaient existé. Mais pour les négationnistes, si on ne le voit pas aujourdhui, cest que ça na jamais existé. En loccurrence, il ny eut jamais de hautes cheminées dévacuations des gaz et le raisonnement sur labsence dombres sur «les photos» (lesquelles, ça on ne le saura pas...) est tout simplement grotesque.

Il faut relever ici la mise en œuvre de la méthode négationniste qui consiste à isoler chaque élément (documents de tous types et témoignages de sources diverses) de la réalité et à en faire la «critique» hypertrophiée, et souvent très mal fondée, afin de disqualifier lintégralité de cette réalité. Cest une méthode anti-historique car ce qui fonde la connaissance de la réalité historique cest létude de lensemble des éléments, la convergence des témoignages donnés indépendemment par différentes personnes dans différentes circonstances, convergence avec les documents disponibles, avec les chronologies établies des déportations, déclarations contemporaines, pièces rassemblées lors des procès, etc., tout le matériel que lhistorien exploite afin de dresser un récit cohérent de la réalité. Les négationnistes prennent des éléments séparément (et encore seule une minuscule partie dentre eux et font silence sur la plus grosse partie de la masse documentaire disponible), hors de tout contexte, afin de les vider de leur sens, et oublient sciemment que tous les éléments (y compris ceux quils passent sous silence) sarticulent entre eux et que chaque élément ne peut avoir de sens que dans son contexte et par rapport aux autres.

[Williamson:] Il a examiné les portes... et il dit que la porte doit être absolument étanche à lair. Autrement, là encore, le gaz séchappe et tue les gens dehors. Les portes des chambres à gaz que lon montre aux touristes à Auschwitz ne sont absolument pas étanches à lair. Absolument pas.

Commentaire de PHDN: Là encore, lignorance par Williamson de la réalité et de lhistoriographie est affligeante, autant que le caractère très vague de ses affirmations. Mais comme il ne fait que reprendre un canard négationniste, nous savons très précisément de quoi il parle.

Sur les sept bâtiments ayant abrité des chambres à gaz à Auschwitz-Birkenau, six ont été détruits par les nazis avant leur fuite dAuschwitz (ce furent les seuls bâtiments détruits, ne demandez pas aux négationnistes pourquoi…). Le seul qui soit resté debout, le crématoire du camp I (ou petit camp) du complexe Auschwitz-Birkenau (les six autres, détruits, étaient situés à Birkenau, le camp II, dit «grand camp») na pas été détruit parce quil ne servait plus, au moment de lévacuation dAuschwitz en janvier 1945, pour les assassinats depuis de très nombreux mois et avait subi plusieurs transformations.

Cest lancienne chambre à gaz de ce bâtiment (le Krema I, qui a beaucoup moins servi que les chambres à gaz de Birkenau, détruites par les nazis, destruction rarement expliquée par les négationnistes qui seraient bien en peine de dire pourquoi le Krema I, lui, na pas été détruit…) qui est aujourdhui présentée aux visiteurs. Mais le bâtiment et la chambre à gaz ne sont pas dans létat de 1941-1942 (des murs ont été abattus et des entrées déplacées), lorsquils étaient utilisés pour les assassinats: il a subi de nombreuses transformations durant la guerre et, après-guerre, les Polonais ont tenté de le remettre dans son état de 1941-1942, en commettant dailleurs quelques erreurs qui ne remettent pas en cause la réalité de lutilisation du bâtiment pour accomplir des assassinats par gazages36. Les portes du Krema I dAuschwitz I qui demeurent aujourdhui ne sont évidemment pas les portes originales du bâtiment lorsquil était utilisé pour les gazages. Il est stupide et malhonnête dexciper des caractéritiques de ces portes pour disqualifier la «réalité» de ce qui fut, encore une fois sans tenir compte des nombreux autres éléments disponibles, dont les témoignages37. Cest comme si on prétendait en montrant des photos dElizabeth Taylor âgée et obèse, quil est impossible quelle ait pu séduire Richard Burton... ou quelle ait joué dans Une Chatte sur un Toit Brûlant.

Il sagit en fait dune variante de la logique négationniste «si on ne le voit pas maintenant, ça na jamais existé». Le comble est évidemment quon dispose dune abondante trace documentaire contemporaine prouvant que les chambres à gaz de Birkenau furent équipées de «portes étanches au gaz» comme le mentionnent bordereaux, mémos et bons de commandes divers38 et quon a retrouvé de telles portes39. Evidemment, les témoignages correspondent à ces documents et ces photos40... Cette évocation par Williamson, dans un but négationniste dune prétendue «absence» de portes étanches au gaz, illustre une fois de plus son incompétence et sa malhonnêteté.

[Ali Fegan:] Donc ce que vous dites maintenant cest que lholocauste ne sest jamais produit? Pas dans le sens où on écrit lhistoire de nos jours?

[Williamson:] Je me base sur ce que je juge être les preuves historiques selon les gens qui ont observé et examiné ces preuves, et je crois que leurs conclusions...

Commentaire de PHDN: Il faut bien comprendre que Richard Williamson na jamais lu le moindre travail historique sur le génocide des Juifs et que ce quil désigne par «gens» et «preuves historiques» sont les négationnistes et leurs falsifications, les seules auprès desquelles, visiblement, Williamson ait cherché à sinformer. Il «croit à leurs conclusions» et en effet cest bien de «croyance» quil sagit. Williamson a choisi de croire les mensonges négationnistes plutôt que de tenter de sinformer honnêtement. Ce nest pas un hasard.

[Williamson:] sils changeaient leurs conclusions je serais ravi suivre leurs [nouvelles] conclusions... parce que je crois quils jugent par les preuves.

Commentaire de PHDN: Williamson «croit» aveuglément les négationnistes, puisquil les suivrait dans de nouvelles «conclusions» si ceux-ci devaient en changer (Williamson sait très bien que ce ne sera jamais le cas). Quant à laffirmation que les négationnistes «jugent par les preuves», elle est tout à fait ridicule, car justement contraire à la méthode des négationnistes. Les négationnistes accumulent les mensonges et les falsifications afin de vider de leur sens les témoignages et les documents (pris séparément…) sur lesquels les historiens travaillent; ils ne cherchent pas à élaborer une compréhension de ces éléments ni à construire un récit qui en donne une explication cohérente, comme le font les historiens. Cest tout le contraire dun travail délaboration historique, il sagit dune entreprise de destruction anti-historique.

[Williamson:] Je pense que 200000 à 300000 juifs ont péri dans les camps de concentration nazis mais rien comme... aucun deux dans des chambres à gaz.

Commentaire de PHDN: On a limpression que Mgr Richard Williamson a recours à la répétition comme il répète son «credo». Cela nempêche pas cette affirmation dêtre mensongère et parfaitement infondée.

[Ali Fegan:] Si ce nest pas de lantisémitisme? Quest-ce que lantisémitisme?

[Williamson:] Lantisémitisme... Si lantisémitisme est mauvais, cest contre la vérité. Si une chose est vraie, elle nest pas mauvaise. Je ne suis pas intéressé par le mot antisémitisme. Le mot est très dangereux.

Commentaire de PHDN: Ici, on sécarte un peu du sujet du négationnisme, mais il convient de voir comment Richard Williamson élude la question de lantisémitisme. Cela nest pourtant pas compliqué; dans le langage courant cela désigne les sentiments et préjugés anti-juifs41. Il semble étrange que Mgr Williamson ne se contente pas de répondre quil nest pas animé par de tels sentiments. Au lieu de cela il parle de «mot dangereux». Ce nest pas le mot qui est dangereux, cest lensemble des attitudes quil désigne. Williamson y est étranger? Que ne le dit-il clairement?

[Ali Fegan:] Mais lévêque vous a traité dantisémite.

[Williamson:] Lévêque peut me traiter de dinosaure, didiot, il peut me traiter de ce quil veut, ce nest pas une question de noms doiseaux. Cest une question de vérité historique. La vérité historique se base sur des preuves pas sur des émotions.

Commentaire de PHDN: Une fois encore, linvocation par Williamson de  la «vérité historique» a dans ce contexte quelque chose de pathétique tant son ignorance, le caractère éculé des mensonges quil reprend, et sa mauvaise volonté à sinformer auprès des vrais historiens, ont été démontrés précédemment. En effet la réalité historique se fait connaître par des preuves de toute nature (dont les témoignages font partie), mais encore faut-il en prendre connaissance... Richard Williamson a visiblement fait le contraire de ce quil prétend. Il sest laissé guidé par les émotions (lesquelles? Voir plus bas...) et na pas le moins du monde cherché à sinformer de la vérité historique, vers laquelle on peut tendre par la lecture des travaux des historiens.

[Williamson:] Il y a certainement eu une énorme exploitation; lAllemagne a payé des milliards et des milliards de Deutsche Mark, et maintenant des euros, parce que les Allemands ont un complexe de culpabilité davoir gazé 6 millions de juifs mais je ne crois pas quil y a eu 6 millions de juifs gazés.

Commentaire de PHDN: Et voilà que Williamson reprend à son compte le thème des paiements de lAllemagne… Rappelons quil sagit dune invention de limposteur négationniste Paul Rassinier qui prétendait que lAllemagne avait payé à Israel des réparations calculées sur le nombre de victimes assassinées, et que par conséquent, «on» aurait gonflé ce nombre. Il sagissait évidemment dun mensonge, repris depuis avec des variantes par les autres négationnistes42. Il sagit de recycler le poncif antisémite des Juifs «assoiffés dargent». En quoi le paiement de réparations par lAllemagne daprès-guerre (et encore, seulement de la République Fédérale lAllemagne) à des victimes survivantes choque-t-il Richard Williamson? Sans compter que ce nest pas un «complexe de culpabilité» qui fonde la légitimité des réparations, mais la responsabilité de lAllemagne. Encore Richard Williamson nose-t-il pas dire à qui lAllemagne a versé des réparations… Pourquoi cette pudeur?

Son raisonnement est de toute façon circulaire (comme tous les raisonnements négationnistes): cest «scandaleux» parce que le génocide naurait pas eu lieu..., affirmation étayée, on la vu, sur des mensonges, des escroqueries diverses, et lignorance, volontaire et soigneusement entretenue, des travaux des historiens; et la preuve que le génocide na pas eu lieu, cest que lAllemagne a payé des réparations, ce qui signifie que «quelquun» était intéressé, et sil y a «intérêt», il y a forcément mensonge… Voilà ce qui est finement suggéré. On aura noté avec quel soin Richard Williamson évite dutiliser le mot «Juif» en dehors de son mantra imbécile sur les «6 millions de Juifs gazés», répété afin que que le lecteur noublie pas la méconnaissance quasi-surnaturelle dans laquelle il patauge... Comme avec le mot «antisémitisme», on sent un malaise. Pourquoi?

[Williamson:] Mais faites attention, je vous en prie... cest contre la loi de dire cela en Allemagne. Sil y avait un officiel allemand ici, vous pourriez me faire jeter en prison avant que je quitte lAllemagne. Jespère que ce nest pas votre intention.

Commentaire de PHDN: Lironie de Mgr Williamson est mal venue. Lexpression publique des discours négationnistes est en effet légalement sanctionnée en Allemagne comme dans plusieurs autres pays européens, non parce quil sagit dun discours mensonger, mais simplement parce quil sagit dun discours authentiquement antisémite. Cet antisémitisme est parfois implicite, mais toujours virulent43. Lantisémitisme consubstantiel au négationnisme de Williamson est explicite dans les précédentes déclarations de Williamson en 1989 que nous verrons plus bas.

Résumons la performance négationniste de Williamson lors de cette interview de moins de six minutes, tant laccumulation permet den voir le coté pathétique:

Les négationnistes du monde entier se sont réjouis de la publicité que laffaire Williamson a donné à leurs «thèses», mais ils nont pas lieu de se réjouir de la performance de leur porte-parole qui accumule démonstrations dincompétence, dignorance, mensonges et falsifications diverses. Encore fallait-il en dresser la liste.

Le précédent de 1989

Après avoir démontré linanité de son discours, il est intéressant de voir, brièvement, «d» vient Richard Williamson. Richard Williamson est lun des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre en 1988 et excommuniés alors par Jean-Paul II, au sein de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, groupe catholique qui rejette Vatican II et se considère «traditionnaliste» lors même que ses critiques le considèrent comme pleinement «intégriste». Richard Williamson a beaucoup parlé et beaucoup publié depuis vingt ans. Ce corpus des dits et écrits de Williamson suffit à cerner le personnage. Ses sorties négationnistes de fin 2008 ne sont pas les premières. Déjà, au Canada en 1989… Dans La Presse (principal journal francophone canadien) du 15 avril 1989, Lynda Baril rapporte:

«Le 5 avril dernier [le 5 avril 1989], devant une poignée de fidèles réunis à lEglise Notre-Dame-de-Lourdes , à Sherbrooke, le prélat [Richard Williamson] laissait tomber: Pas un seul Juif na été tué dans les chambres à gaz. Cest un mensonge. Les Juifs ont inventé lholocauste pour que nous nous mettions à genoux devant eux et que nous acceptions leur Etat dIsraël. Dans son envolée oratoire, il déplorait que les gouvernements supportent les Juifs alors quils répriment des (Ernst) Zündel qui se battent pour la vérité»44.

Nous sommes ici en présence dun raccourci plus violent et plus clair du discours négationniste de Richard Williamson. Son négationnisme vient de loin. Il est motivé par une rhétorique antisémite clairement exprimée ici (les auteurs du mensonge et «bénéficiaires» sont identifiés: «les Juifs» et cest léloge dun authentique nazi que Williamson fait en la personne de Ernst Zündel, puisque cest ainsi que Zündel lui même, négationniste et admirateur dHitler se perçoit, tout simplement comme un nazi45.

Contacté par La Presse, Williamson na pas nié ses propos, mais il a tenu à préciser que lessentiel était ailleurs, «essentiel» et «ailleurs» qui valent le détour:

«Lessentiel, cest que lEglise va mal à cause des protestants, des francs-maçons, des communistes, des médias et des juifs. Jai attaqué pas mal de monde […] Je crois quil faut poser un grand point dinterrogation à ce que lon appelle lholocauste. Je ne crois pas que 6 millions de juifs ont été mis à mort. Cest une impossibilité physique»46.

En Juin 1989, Williamson récidive dans sa lettre pastorale, en réaffirmant que:

«LHolocauste est très largement un mythe»47.

Dès Juillet 1989, lIHR, lofficine négationniste californienne48 prenait la défense de Williamson49.

En 1991, Williamson revient par la bande sur ses déclarations de 1989 quil assume complètement. Dans sa lettre de novembre 1991, Williamson écrit:

«Peu parmi vous seront surpris dapprendre que la lettre de septembre appelant les femmes à ne pas porter de pantalons a suscité de vives réactions, comparables à celle de la lettre du Séminaire qui se réferrait aux preuves scientifiques [démontrant] que certaines fameuses chambres à gaz de lHolocauste en Pologne ne pouvaient pas du tout avoir servi de chambres à gaz»50.

Aucun commentaire nest nécessaire, sinon que les pages reproduisant certaines de ces lettres pastorales sur le web ont récemment disparu51.

Richard Williamson aurait par la suite invité à son séminaire Douglas Christie, activiste dextrême-droite avocat de plusieurs négationnistes, dont Zündel, négationniste lui-même et habitué de lIHR52

Enfin, Richard Williamson était le 19 octobre 2008 lun des invités dune Garden Party donnée par le négationniste britannique David Irving53.

Le discours et les sympathies négationnistes sont une composante «naturelle» du monde de Richard Williamson depuis 20 ans. Il ny a pas eu dérapage. La «surprise» vaticane est, elle, plus que surprenante.

Il suffirait de sarrêter ici au constat que cest bien une pensée antisémite qui motive bien évidemment le négationnisme de Williamson, nonobstant ses déclarations hypocrites damour des preuves et de la «vérité historique».

Il se trouve que, par ailleurs, lensemble des écrits de Williamson démontre que nous avons affaire à un fanatique religieux, réactionnaire dans tous les domaines, théologique et social, raciste, méprisant les femmes, pour lequel La mélodie du bonheur est un film pornographique, adhérant à toutes les théories du complot possibles, ayant et donnant des Juifs une image de traîtres, de sournois, assassins du Christ, maîtres et manipulateurs des médias, des politiques, de largent, comploteurs millénaires souhaitant dominer le monde entier aux cotés des francs-maçons, initiateurs cachés des guerres mondiales, ayant suscité le Communisme puis financé Hitler pour contrer Staline (qui aurait trahi ses maîtres), puis «lâché» Hitler, présenté comme «libérateur de lAllemagne». Williamson est ladepte dun millénarisme apocalyptique nourri dantisémitisme. Son négationnisme nest quun aspect mineur de cette pensée catastrophique… Nous lui consacrons une autre page de PHDN: http://www.phdn.org/negation/williamson.html

Un volet français de laffaire Williamson?

Parmi toutes les réactions quont suscitées les propos de Williamson, celle de Philippe Laguérie mérite quon sy arrête. Labbé Philippe Laguérie, ancien membre de la FSSPX a violemment fustigé, en février 2009, les «scandaleuses et inadmissibles déclarations de Mgr Williamson» et rappelle «le fait […] incontournable, quil [Hitler] sen est pris massivement aux juifs en tant que tels»54. Cette déclaration, assez générale, est particulièrement intéressante, compte tenu de la personnalité de son auteur. Philippe Laguérie a un parcours pour le moins remarquable. Longtemps membre de choc de la FSSPX — il a dirigé Saint Nicolas du Chardonnet pendant de nombreuses années; il y a célébré les obsèques du milicien Paul Touvier55, longtemps réfugié dans des établissements de la FSSPX — il sest fait remarquer par ses déclarations, ses relations et ses actions pour le moins extrémistes56.

En 1988, il organisait une manifestation devant un cinéma diffusant La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorcese, manifestation qui donna lieu à de graves violences (bombes lacrymogènes lancées par les manifestants, tentative dassaut du cinéma, plusieurs interpellations, un CRS blessé...)57. Un attentat fut ensuite commis contre ce même cinéma58. Laguérie condamna cet acte du bout des lèvres en faisant porter, in fine, la responsabilité des violences sur ceux qui diffusaient le film59.

Quelques citations rares peuvent donner une idée du personnage. Réagissant à la déclaration de repentance de lEglise de France du 30 septembre 1997, Philippe Laguérie écrivait:

«Si les évêques d’aujourd’hui demandent pardon dune faute des évêques dalors je demande moi, que les rabbins daujourd’hui confessent et expient une certaine faute des rabbins dalors — voyez ce que je veux dire... Car enfin, mexpliquera-ton pourquoi les fautes se transmettent d’évêques en évêques et non pas de rabbins en rabbins? Serait-ce là un mystérieux effet de la circoncision qui vous retranche, outre ce qu’on sait, toute habilité au passif? Jésus de Nazareth, vous vous rappelez?»60

Philippe Laguérie a souvent été en conflit avec sa hiérarchie étant donné sa personnalité et ses convictions excessives. Occupations non autorisées (même par sa hiérarchie FSSPX...) de lieux de culte, excès divers (dont un excès de vitesse à 190 km/h condamné très légèrement en 1999), il a fini par être «expulsé» de la FSSPX, en quelque sorte pour «insubordination» en 2004, mais a conservé (de force) sa paroisse bordelaise de Saint-Eloi. Sur le fonds, il demeure un intégriste pur et dur théologiquement dans la ligne de la FSSPX. Son exclusion de la FSSPX lui permet un rapprochement avec Rome qui se concrétise en 2006 par la fondation, sous légide de Rome, de lInstitut du bon Pasteur. Celui-ci regroupe des anciens de la FSSPX, avec à sa tête Philippe Laguérie61. En 2007, bien que Williamson fût encore une des principales figures de la FSSPX, labbé Philippe Laguérie ne pouvait, tout en lui adressant des critiques théologiques, taire toute ladmiration qu’il avait pour lui:

«Jai tant dadmiration pour cet évêque que tout ce que je pourrais dire de lui sera toujours empreint et de cette déférence qui éloigne et de cette amitié qui rapproche […] [Williamson est ce] prélat très aimé et très admiré»62.

Aussi aujourd’hui, sa condamnation de Williamson a quelque chose de savoureux, et sans doute une dimension toute politique, car en 1987, Philippe Laguérie sétait fendu lui aussi dune sortie a minima complaisante envers le négationnisme. Lors dun débat télévisé sur la chaîne aujourdhui disparue La Cinq, animé par Jean-Claude Bourret le 15 septembre 1987, entre Philippe Laguérie et le père Maillard de la Morandais, Philippe Laguérie prend la défense de Jean-Marie Le Pen alors en plein scandale du «détail». Après avoir admis du bout des lèvres quon peut dire que les chambres à gaz ont existé, il déclare à propos du «détail»:

«Si lon veut dire par là que, eu égard aux massacres communistes, si on veut dire par là que les chambres à gaz sont relativement peu de choses par rapport aux massacres communistes. Entre les millions de victimes actuelles contre lesquelles personne ne sélève, et les milliers de victimes de la guerre, je pense quil y a une différence qui doit bien profiter à quelquun, qui doit bien profiter à la gauche»63.

Il ajoute:

«Tout le flot de haine qui est dirigé contre Jean-Marie Le Pen est suscité, organisé, par la grande banque juive qui tient la France en dictature depuis quarante-cinq ans. […] D’ailleurs, les thèses des professeurs Roques et Faurisson sont parfaitement scientifiques»64.

Dans la foulée Laguérie donne des entretiens à Libération et à France-Soir. Leurs éditions du 19 septembre rapportent des propos quauraient tenus Philippe Laguérie:

«Ils [les Juifs] tiennent la France en dictature, ils contrôlent les médias et la banque, ce sont eux qui ont monté toute cette affaire. […] Ceux qui, les juifs en particulier, réveillent sans cesse cette horrible réalité datant de quarante ans […] prouvent l’intolérable utilisation qu’ils font du sang innocent à des fins électorales»65.

Laguérie conteste que ces citations rapportent ce quil a vraiment dit, porte plainte, est débouté66, mais dans son communiqué à lAFP il confirme leur teneur, puisquil déclare à lAFP:

«J’ai seulement dit que les juifs agitaient sans arrêt les questions de racisme et que ça marche (…). Cette puissance ne peut s’expliquer que par leur mainmise sur la banque et en particulier sur le financement des campagnes électorales»67.

Au final, on a envie de demander à Philippe Laguérie pourquoi il est tellement choqué par les propos de Richard Williamson. Peut-être est-ce seulement parce quils mettent en péril la «réconciliation» entre Rome et les intégristes...

En juillet 2008, Philippe Laguérie baptisait, dans sa paroisse de Saint Eloi à Bordeaux, la fille de l’ancien humoriste Dieudonné, avec Le Pen pour parrain68. En décembre 2008, Dieudonné faisait monter sur scène à ses cotés, et applaudir, le négationniste Faurisson. En mars 2011, Dieudonné donne une interview à l’hebdomadaire d’extrême droite, Rivarol, dont la longue histoire de haine raciste ne semble pas le perturber, dans laquelle il fait un éloge vibrant de Richard Williamson (qu’il a rencontré) sans oublier Faurisson69. Que Williamson soit un raciste assumé et un ancien soutien de l’Apartheid sud-africain ne gêne pas Dieudonné.


Compléments:

L’excellent site du Holocaust History Project propose une analyse de l’interview de Williamson en anglais: http://www.holocaust-history.org/williamson/williamson.shtml

PHDN consacre un article aux nombreuses autres déclarations racistes, antisémites et sexistes de Richard Williamson: http://www.phdn.org/negation/williamson.html


Notes

1. Il sagit dune organisation catholique intégriste qui rejette, notamment, avec véhémence les conclusions et les décisions de concile Vatican II et sest souvent fait remarquer par sa proximité avec lextrême-droite et sa complaisance, pour le moins, avec les discours antisémites.

2. «Uppdrag granskning», 21 janvier 2009, SVT1, http://svtplay.se/v/1414020/uppdrag_granskning/del_2_av_22, la version intégrale sous-titrée en anglais est disponible ici: http://svtplay.se/v/1426080/uppdrag_granskning/sspx_-_english_version.

3. Lextrait significatif est disponible sur le site de STV: http://svtplay.se/v/1413831/uppdrag_granskning/webbextra__langre_intervju_med_williamson.

4. «Bruno Gollnisch en octobre 2004. Les déclarations de Bruno Gollnisch sont implicitement, mais sans ambiguïté, négationnistes», http://www.phdn.org/negation/gollnisch2004.html.

5. La vidéo est largement reproduite, notamment une version sous-titrée en français; la première traduction française en ligne a été proposée par le site lesogres.info, site de défense et promotion permanente de lancien humoriste Dieudonné. Nous avons établi notre propre transcription, car celle des Ogres était incomplète, fautive et remplie de coquilles; la page des ogres en question a par ailleurs donné lieu à une écrasante majorité de commentaires favorables au négationnisme, http://www.lesogres.info/article.php3?id_article=4178.

6. On en trouvera plusieurs exemples dans les pages suivantes du présent site: «La volonté dextermination exprimée dans les discours et les documents nazi», PHDN, 2002, http://www.phdn.org/negation/documents/volonte.html, «Lextermination au jour le jour dans les documents contemporains», PHDN, 2000-2009, http://www.phdn.org/negation/documents/nazisdoc.html, dans louvrage de Gerald Flemming Hitler et la solution finale, Commentaire/Julliard, 1988, et dans létude de Ian Kershaw, «Hitlers Role in the Final Solution», Yad Vashem Studies, 2006, vol. 34, http://www1.yadvashem.org/about_holocaust/studies/vol34/Kershaw%20E.pdf

7. «Lantisémitisme mortifère dHitler. Paroles et documents», PHDN, 2002-2008, http://www.phdn.org/histgen/hitler/declarations.html. Voir également louvrage de Gerald Fleming précédemment cité.

8. Journal de Goebbels (13 mai 1943), cité par Ian Kershaw, Hitler. 1936-1945: Némésis, Flammarion, 2000, p. 847

9. «Lantisémitisme mortifère dHitler. Paroles et documents», PHDN, 2002-2008, http://www.phdn.org/histgen/hitler/declarations.html

10. voir Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, Seuil, Points Histoire, 1990 — 1ère éd. 1987—, p. 176, reproduit ici: http://www.phdn.org/negation/definition.html.

11. Raul Hilberg, La Destruction des juifs dEurope, Fayard, 1988, réed. Gallimard, coll. Folio Histoire, 2006, 3 vol. Eugen Kogon, Herrmann Langbein, Adalbert Rückerl, Les chambres à gaz secret dÉtat, Seuil, Points Histoire, 1987. Saul Friedländer, Les Années dExtermination, Editions du Seuil, 2008, qui a le mérite dutiliser la très vaste historiographie de la Shoah et donne une bonne idée de lampleur du travail accompli par les historiens.

12. voir notamment Wolfgang Benz, Dimension des Völkermords. Die Zahl der jüdischen Opfer des Nationalsozialismus, Taschenbuch, 1996 et évidemment, Hilberg, La Destruction des juifs dEurope, op. cit., notamment p. 1045-1046, http://www.phdn.org/negation/comte/statistiques.html.

13. «Lextermination au jour le jour dans les documents contemporains», PHDN, 2000-2009, http://www.phdn.org/negation/documents/nazisdoc.html. Voir également la section consacrée au assassinats dans les camions à gaz: http://www.phdn.org/histgen/camionsagaz/index.html. Par ailleurs, à Auschwitz même, ladministration SS, qui a détruit de très nombreux documents, a laissé plusieurs mentions des chambres à gaz. Dans un document décrivant lun des crématoires dAuschwitz-Birkenau, utilisé selon tous les témoignages pour assassiner les Juifs par gazage, une note du 29 Juin 1943, du SS Karl Bischoff au SS Hans Kammler, lune des «morgues» du crématoire est désignée comme «Vergasungskeller», «Cave de gazage», justement celle que tous les témoins ont désigné comme étant la chambre à gaz (cf. Gutman, Anatomy of the Auschwitz Death Camp, 1994, p. 223, 227. Jean-Claude Pressac, Les crématoires dAuschwitz, la machinerie du meurtre de masse, CNRS Éditions, p. 60 et p. 69. Le document est reproduit ici: http://www.holocaust-history.org/auschwitz/19430129-vergasungskeller/ .Voir également http://www.phdn.org/negation/66QER/qer01.html. Le 2 mars 1943 déjà, pour la pièce dun crématoire désigné par tous les témoignage comme chambre à gaz, on a un document qui spécifie  «damer et bétonner le sol dans la chambre à gaz» (Kogon et alii., op. cit., p. 199-200. Le document y est reproduit; on trouve également une reproduction dans Jean-Claude Pressac, Auschwitz: Technique and operation of the gas chambers, the Beate Klarsfeld Foundation, NY, 1989, p. 499, http://www.holocaust-history.org/auschwitz/pressac/technique-and-operation/pressac0499.shtml. Voir également le commentaire de Pressac, p. 446, http://www.holocaust-history.org/auschwitz/pressac/technique-and-operation/pressac0446.shtml.

14. Walter Laqueur, Le terrifiant secret. La solution finale et linformation étouffée, Gallimard, 1981, p. 47.

15. «Rapport Jäger», cité par Ernst Klee, Willy Dressen, Volker Riess,«Schöne Zeiten». Judenmord aus der Sicht der Täter und Gaffer, S. Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1988, p. 52-62, traduction et reproduction: http://www.phdn.org/histgen/jaeger.html.

16. John C. Zimmerman, «Fritjof Meyer and the number of Auschwitz victims: a critical analysis», Journal of Genocide Research, vol. 6, no. 2, June 2004, p. 252-253.

17. Voir notamment létude de photos aérienne prises à cette période: Dino A. Brugioni et Robert G. Poirier «The Holocaust Revisited: A Retrospective Analysis of the Auschwitz-Birkenau Extermination Complex», Central Intelligence Agency, Washington, D.C., Février 1979, http://www.globalsecurity.org/intell/library/imint/holocaust.htm. Traduction française: Dino A. Brugioni et Robert G. Poirier, «Une analyse rétrospective du complexe dextermination Auschwitz-Birkenau», Le Monde juif, no 97, janvier-mars 1980, p. 1-22. Voir sur le web, László Karsai, «Photographs Documenting the Holocaust in Hungary», The Holocaust History Project, 2003, http://www.holocaust-history.org/hungarian-photos/.

18. Cest le chiffre auquel parvient John C. Zimmerman, art. cit., qui corrige lestimation de Christian Gerlach, et Götz Aly (Das Letzte Kapitel: Realpolitik, Ideologie und der Mord an den ungarischenJuden, 1944–1945, DVA, Munich 2002) qui parviennent au chiffre de 320000 (Zimmerman, art. cit., p. 253)

19. Hilberg, La Destruction des juifs dEurope, op. cit., notamment p. 1045-1046, http://www.phdn.org/negation/comte/statistiques.html.

20. Pas condamné car il a passé un accord stipulant quil reconnaissait ne pas être ingénieur et sengageait à ne plus le prétendre

21. Voir «Le Rapport Leuchter: un FAQ», §3, PHDN, 1997-2009, http://www.phdn.org/negation/leuchfaq.html#par3.00.

22. Etat du Tennesse contre Farris Morris Jr, 2000, http://www.tsc.state.tn.us/OPINIONS/TSC/CapCases/Workman/030100/Workman.motion%20to%20intervene.030100.pdf.

23. Deborah Denno, «Death Bed», TriQuarterly Journal, vol. 124, 2006, p. 159 - Stephen Trombley, The Execution Protocol: Inside Americas Capital Punishment Industry (New York: Crown Publishers, 1992), p. 76-78

24. «The Expertise of Fred Leuchter», The Holocaust History Project, 2008, http://www.holocaust-history.org/quick-facts/leuchter.shtml

25. Voir le documentaire dErrol Morris, Mr Death, sorti en 2001

26. «Le Rapport Leuchter: un FAQ», introduction, PHDN, 1997-2009, http://www.phdn.org/negation/leuchfaq.html

27. Deborah Lipstadt, Denying The Holocaust, New York, Macmillan, 1993, p. 170, reproduit ici: http://www.nizkor.org/hweb/people/l/leuchter-fred/qualifications-as-witness.html

28. Notamment dès 1988, par un ancien disciple de Faurisson que la fréquentation des documents a convaincu de la réalité du génocide, Jean-Claude Pressac, «Les carences et incohérences du «Rapport Leuchter», Jour J, la lettre télégraphique juive, 12 décembre 1988, http://www.phdn.org/negation/pressac-leuchter.html. On renverra également à la version complétée, en anglais, du même article: Jean-Claude Pressac, «The Deficiencies and Inconsistensies of the Leuchter Report», dans Truth Prevails. Demolishing Holocaust Denial. The End of the Leuchter Report, Shelly Shapiro (ed.), The Beate Klarsfeld Foundation, New York, 1990.

29. Par exemple le témoignage de Dov Paisikovic au procès dAuschwitz. Déposition du 17 octobre 1963. CCCLXI-370 (CDJC). Cité dans Léon Poliakov, Auschwitz, Gallimard / Julliard, coll. «Archives»,1964, p. 159-171, http://www.phdn.org/histgen/auschwitz/paisikovic.html

30. Voir la bibliographie fournie ici: http://www.phdn.org/histgen/auschwitz/

31. Voir les documents cités ici: http://www.phdn.org/negation/66QER/qer01.html et pour un traitement récent, lexcellent article de Michael Thad Allen, «The Devil in the Details: The Gas Chambers of Birkenau, October 1941», Holocaust and Genocide Studies, vol. 16 no. 2, fall 2002. Voir également le traitement dévastateur que Robert Jan van Pelt a fait de «lexpertise» de Leuchter, en tant quexpert (reconnu, lui) lors du procès intenté par le négationniste David Irving à lhistorienne Deborah Lipstadt, http://www.hdot.org/trial/defense/van/ix?keyword=%22Christie%22#page509. Evidemment cette masse documentaire concorde parfaitement avec les témoignages. Voir par exemple, le témoignage du commandant dAuschwitz, Rudolf Höss, cité dans Eugen Kogon, Herrmann Langbein, Adalbert Rückerl, Les chambres à gaz secret dÉtat, Seuil, Points Histoire, 1987, réed. 2000, p. 203, celui du Sonderdommando Henryk Tauber, citée dans Kogon et alii, op. cit., p. 208, donné le 24 mai 1945 et qui corrobore des documents trouvés et étudiés beaucoup plus tard...

32. Les témoignages à ce sujet sont nombreux, notamment ceux des Sonderkommandos eux-même et de nombreux témoins. Voir par exemple, témoignage du Dr A. Lettich dans Eugen Kogon, Herrmann Langbein, Adalbert Rückerl, Les chambres à gaz secret dÉtat, Seuil, Points Histoire, 1987, réed. 2000, p. 190.

33. Voir à ce sujet, Jean-Claude Pressac, Les Crématoires dAuschwitz. La machinerie du meurtre de masse, CNRS Editions, 1993 et également documents cités ici: http://www.phdn.org/negation/66QER/qer01.html, et larticle de Michael Thad Allen déjà cité, ou encore Kogon et alii, op. cit., p. 198-199.

34.  voir encore Jean-Claude Pressac, «Les carences et incohérences du «Rapport Leuchter», Jour J, la lettre télégraphique juive, 12 décembre 1988, http://www.phdn.org/negation/pressac-leuchter.html

35. Voir notamment Jacques Brillot, «Largent sans mémoire: Degussa-Degesch», Le monde juif, NS-151, mai-août 1994, qui écrit, p. 37, «Un peu plus léger que lair […], il ne saccumule pas dans les parties basses des locaux, évitant tout effet de cuve, si dangereux dans le cas du gaz carbonique (CO2) et de lhydrogène sulfuré (H2S). Ceci facilite son évacuation par ventilation naturelle une fois le résultat obtenu.», http://www.memorialdelashoah.org/upload/medias/en/A1_seltextes_151_brillot.pdf

36. «La chambre à gaz du crématoire dAuschwitz I. Le Krema I et ses transformations», PHDN, 2001-2005, http://www.phdn.org/negation/krema-i.html. Voir également Daniel Keren, Jamie McCarthy, Harry W. Mazal, «The Ruins of the Gas Chambers: A Forensic Investigation of Crematoriums at Auschwitz I and Auschwitz-Birkenau», Holocaust and Genocide Studies, vol. 18, no. 1, spring 2004. En ligne:
http://www.holocaust-history.org/auschwitz/holes-report/holes-intro.shtml

37. Voir les témoignages énumérés ici: http://www.hdot.org/en/learning/myth-fact/gaschambers

38. Les références se trouvent facilement dans la littérature historienne consacrée à Auschwitz. On lit dans Les chambres à gaz secret dÉtat : «Un registre conservé contient les commandes que la direction centrale des constructions des Waffen SS à Auschwitz a passées aux Usines allemandes darmement (D.A.W.). Le 6 avril 1943, la commande n° 280 porte sur vingt-quatre vis à ancrage pour portes étanches au gaz destinées aux crématoriums IV et V. La commande n° 162 du 6 mars 1943 indique: Une poignée pour la porte étanche aux gaz Ø 12. Le 16 avril 1943, on commande, à lusage du crématorium III, des garnitures pour une porte étanche aux gaz identique à la commande n° 957 déjà livrée. Le même jour, une autre commande (n° 323) indique: La serrurerie fournit, pour quatre portes étanches aux gaz, les garnitures identiques à celles déjà livrées. Les portes seront montées dans la halle II et cest là que les garnitures doivent être livrées. Le 12 juin 1943, la commande n° 600 porte: Une clé pour la chambre à gaz. Dans les archives Serrurerie, on peut voir les bons de commande suivants: Douze portes étanches aux gaz de 30 sur 40 centimètres. Ces portes, commandées le 13 février 1943, ont été terminées le 26 février. La firme Riedel et fils a inscrit parmi les travaux du jour, le 28 février 1943: modifier les lucarnes étanches aux gaz, le 2 mars: damer et bétonner le sol dans la chambre à gaz» (Kogon et alii., op. cit., p. 199-200). Voir par exemple lun de ces documents: http://www.phdn.org/histgen/schmitz/invntry.html (tiré de Jean-Claude Pressac, Auschwitz: Technique and operation of the gas chambers, the Beate Klarsfeld Foundation, NY, 1989, p. 438)

39. Photographies dans Jean-Claude Pressac, Auschwitz: Technique and operation of the gas chambers, the Beate Klarsfeld Foundation, NY, 1989, p. 486, http://www.holocaust-history.org/auschwitz/pressac/technique-and-operation/pressac0486.shtml

40. Voir lensemble des témoignages cités par Kogon et alii, chap. 7

41. «Lantisémitisme: une hostilité contre les Juifs. Genèse du terme et signification commune.», PHDN, 2002-2004, http://www.phdn.org/antisem/antisemitismelemot.html

42. «Quand Rassinier «calcule» les réparations versées par lAllemagne à Israël», PHDN, 1999-2000, http://www.phdn.org/negation/rassinier/reparations.html

43. Il suffit de faire le constat que lécrasante majorité des négationnistes se trouvent au sein de lextrême-droite antisémite, notamment chez des néonazis et de lire quelques textes de Faurisson et Rassinier. Voir quelques exemples http://www.phdn.org/negation/66QER/qer62.html, http://www.phdn.org/negation/rassinier/index.html, http://www.phdn.org/negation/faurisson/index.html

44. Lynda Baril, «La GRC ne porte pas daccusation contre leveque Richard Williamson», La Presse, samedi 15 avril 1989, p. A12. Lynda Baril précise que ces paroles ont été rapportées dès le 6 avril par le Sherbrooke Record. Le scandale semble être resté limité dans le temps et lespace, au seul Canada en avril 1989. Des associations juives ont manifesté leur colère, mais in fine, le congrès juifs canadien se satisfait dune déclaration du président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr James Hayes, condamnant fermement les propos de Richard Williamson («Propos prononcés par lévêque traditionnaliste Richard Williamson: le Congrès juif satisfait de lintervention de Mgr Hayes», La Presse, mecredi 19 avril 1989, p. A14). Nous navons pas trouvé dautres traces de la polémique... Si le scandale fut très limité en 1989, il nous semble, par contre, dans la mesure où la hiérarchie catholique canadienne y avait pris part, quil serait particulièrement étonnant que le Vatican nait jamais été mis au courant de lexistence et de la nature des propos de Williamson. Sa «tournée» au Québec, qui avait pour but de «confirmer» des enfants, faisait lobjet de la critique de lEglise catholique canadienne dès le mois de mars («Lun des quatre évêques excommuniés confirmera des enfants au Québec», La Presse, lundi, 20 mars 1989, p. C16)

45.Voir le profil de Ernst Zündel sur PHDN: http://www.phdn.org/negation/faurisson/zundel.html

46. Lynda Baril, art. cit. Lynda Baril mentionne que pour ces précisions, Williamson sest exprimé, parfaitement, en français et tenait à  «nuancer» son propos dont visiblement il tente de contester la forme. Cependant, dans la mesure où les Sherbrooke Record les a rapportés dès le lendemain, il nest pas douteux que la virulence de la forme est conforme à ce qui a été effectivement dit par Williamson. Celui-ci avait déjà défendu ses propos auprès du Toronto Star en invoquant la dureté du Nouveau Testament envers les Juifs (Michael McAteer, «Chief Canadian bishop denounces clergymans anti-Jewish comments», Toronto Star, 14 avril 1989, p. A11). Le Canada nétant pas pourvu de loi sanctionnant le négationnisme, il ny eu pas de poursuites (Michael McAteer, «Catholic bishop wont be charged for remarks about Jews, police say», Toronto Star, 21 avril 1989, p. A10)

47. «letter from Winona», juin 1989, cité par Thomas W. Case, «Mr. Case Responds», Fidelity Magazine, décembre 1992, http://sspx.agenda.tripod.com/id10.html. Il semble que la version mise en ligne de cette lettre, http://www.stas.org/publications/letter/1989/June/June.shtml, ou http://www.sspxseminary.org/publications/letter/1989/June/June.shtml, diffère des propos rapportés par Fidelity Magazine. On y lit dans le contexte dune défense de lancien milicien Paul Touvier et de sa protection par la FSSPX, lévocation ironique «du plus grand crime contre lhumanité, à savoir le gazage systématique de 6 millions de Juifs, notamment, nous dit-on, à Auschwitz». Juste avant, Williamson annonçait quil allait en examiner le concept, mais la version reproduite tourne court et passe de nouveau à la défense de Touvier. Cela donne le sentiment dun caviardage du contenu cité par Fidelity Magazine. Leonard Zeskind fournit une citation plus complète de la lettre de juin 1989, citation que voici: «il y a une grande quantité de preuves concrètes comme quoi le prétendu Holocauste, par exemple, est largement un mythe» (Leonard Zeskind, «Bishop Williamson, the Society of St. Pius X, and St. Marys Kansas», The Zeskind Fortnight no. 11, 9 février 2009, http://www.leonardzeskind.com/index.php?option=com_content&task=view&id=56&Itemid=31). Lauthenticité des propos rapportés par Fidelity Magazine et Leonard Zeskind est en fait attestée par la lettre de Williamson de novembre 1991 que nous citons par ailleurs.

48. Il sagit du mal nommé Institute for Historical Review, fondé les publicitaires fascistes Willis Carto et David Mc Calden. Voir sur PHDN: «Les amis de Faurisson. LInstitute for Historical Review», PHDN, 2000, http://www.phdn.org/negation/faurisson/ihr.html

49. Michael J. Mazza, «No Ordinary Bishop», Fidelity Magazine, June 1995 http://sspx.agenda.tripod.com/id22.html

50. Richard Williamson, «Slacks II», 3 novembre 1991. Toutes les versions en ligne de cette lettre ont été soigneusement détruites début 2009. On pourra tenter les version en cache de google: http://209.85.129.132/search?q=cache:A4bs1k0JOFwJ:www.stas.org/publications/letter/1991/November/November.shtml, http://209.85.129.132/search?q=cache:dnPZ4iyvnaEJ:www.stas.org/publications/letter/1991/November/prversion.shtml, http://209.85.229.132/search?q=cache:Ws2koUSAdxcJ:www.sspxseminary.org/publications/letter/1991/November/prversion.shtml&hl=en&ct=clnk&cd=1

51. nous les avons préalablement sauvegardées, et ces propos sont cités par ailleurs sur des pages web antérieures à au présent article.

52. Michael J. Mazza, «No Ordinary Bishop», Fidelity Magazine, June 1995, http://sspx.agenda.tripod.com/id22.html

53. «David Irving finds a kindred spirit in Holocaust-questioning bishop», Telegraph, 29 janvier 2009, http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/mandrake/4388048/David-Irving-finds-a-kindred-spirit-in-Holocaust-questioning-bishop.html

54. Philippe laguérie, «Mgr Williamson: la position de lIBP», Le Blog de lAbbé Laguérie, 13 février 2009, http://blog.institutdubonpasteur.org/spip.php?article106

55. Il y vante un Paul Touvier «âme sensible, délicate et même nuancée» et se félicite quil comparaisse devant le tribunal divin «car, à ce tribunal-là, pas de média, pas de campagne médiatique, pas de lobby, pas de groupe de pression, pas de communiste ni de franc-maçon, pas de partie civile ni de Licra, mais la liberté et la justice» (Renaud Dely et Jean Hatzfeld, «Requiem pétainiste pour Touvier. Messe intégriste à Paris et inhumation à Fresnes pour lancien milicien», Libération, vendredi, 26 juillet 1996, p. 8-9). Rappelons que Paul Touvier, chef de la milice de Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale est responsable notamment de plusieurs assassinats de Juifs, dont celui de Victor et Hélène Basch. Laguérie fit la lecture complaisante du testament de Paul Touvier et senhardi dun reproche au Régime de Vichy, celui de «ne pas avoir assez affiché un catholicisme intégral» («Paul Touvier a été inhumé au cimetière communal de Fresnes», Le Monde, Samedi 27 juillet 1996, p. 7).

56. Il a par exemple écrit: «Il nous faut des chrétiens sans plus de complexes que les croisés, sans plus de timidité que les martyrs, des cascadeurs de Dieu, des surhommes chrétiens», ou encore: «Quest-ce quun tolérant en matière intellectuelle si ce nest un vaurien, un minable, le déchet dune société entièrement vouée à la ruine?», et encore «Comme notre Maître, soyons intolérants, nous en serons un peu plus miséricordieux» (cité dans Sud Ouest, samedi, 18 janvier 2003). Catherine Coroller, dans un portrait de Philippe Laguérie dans Libération, en 2006, écrit: en 2003, un proche de Philippe Laguérie labbé Guillaume de Tanoüarn, directeur de la publication de la revue Pacte, distribuée notamment à Saint-Nicolas du Chardonnet, dont Laguérie est membre du comité de rédaction, est condamné pour provocation à la haine raciale. Il a publié un article dun dénommé Claude Rousseau, selon lequel les Maghrébins sont des «benladenistes en herbe». Les «Arabes envahissent Lutèce, Lugdunum ou Phocée, cest la France quils menacent détrangler». Les juifs sont des «financiers transnationaux». Il existe une «solidarité foncière entre ces deux mondes», une «collusion dintérêts» pour affaiblir la France (Catherine Coroller, «Vade retro soutanas», Libération, mercredi, 11 octobre 2006, p. 32). Voir aussi Guillaume Rollin, «Des colonnes intégristes et racistes», Libération, lundi, 15 septembre 2003, p. 19.

57. «Sortie mouvementée en France de la Dernière Tentation du Christ», Le Monde, vendredi 30 septembre 1988, p. 28.

58. Georges Marion, «La campagne contre le film de Martin Scorsese Six personnes, dont lune est écrouée, inculpées après lincendie au cinéma Saint-Michel», Le Monde, 29 octobre 1988.

59. Henri Tincq, «A Saint-Nicolas du Chardonnet Qui sème le vent...», Le Monde, mardi 25 octobre 1988, p. 11.

60. Cité par Joseph-Michel Vila (jose-michel.vila@wanadoo.fr), «Les eveques, ras le bol», usenet, fr.soc.politique, 20 novembre 1997, Message-ID: <19971120145517345064@per1-82.abo.wanadoo.fr>

61. Catherine Coroller, «Vade retro soutanas», art. cit.

62. Philippe Laguérie, «Le Motu proprio du diable», Le Blog de lAbbé Laguérie, 4 septembre 2007, http://blog.institutdubonpasteur.org/spip.php?article83

63. «Dialogue haineux et thèses irréconciliables», Le Figaro, 17 septembre 1987, p. 2, cité par Henri Deleersnijder, Laffaire du point de détail: effet médiatique et enjeux de mémoire, Editions de lULG, 2001, p. 57-58. On relèvera, à linstar de Henri Deleersnijder lextrême relativisation des assassinats des Juifs par gazages, près de trois millions, que Philippe Laguérie résume en minimal et général «milliers de victimes de la guerre».

64. «Des moulins à vent», Le Monde, 18 septembre 1987, p. 8. Une version caviardée de lémission existe sur internet, coupant les passages les plus violents de Laguérie...

65. Les sources des citations sont confuses, mais leur contenu établi. Voir «Un abbé récidiviste», Le Monde, mardi 22 septembre 1987, p. 6. Maurice Peyrot, «Au tribunal de Paris. Les chemins de lantisémitisme», Le Monde, vendredi 30 octobre 1987, p. 13. Maurice Peyrot, «Les ambiguités de labbé Laguérie», Le Monde, vendredi, 4 décembre 1987, p. 12.

66.Ibid.

67. Maurice Peyrot, «Au tribunal de Paris. Les chemins de lantisémitisme», Le Monde, vendredi 30 octobre 1987, p. 13.

68. Nonobstant les protestations de Dieudonné, diverses tant par la forme que par le fond, le baptême est avéré. Dieudonné, selon son humeur, prétend plus ou moins implicitement que ce baptême et le parrainage de Le Pen ne sont pas advenus, ou quil sagit uniquement dun «coup de pub», dune «provocation». La thèse de la plaisanterie est grotesque compte tenu de la personnalité de Philippe Laguérie et de limportance du sacrement du baptême. Jamais Laguérie ne se serait prêté à une «provocation» qui instrumentaliserait le baptême. Il en est de même de Jean-Marie Le Pen. Celui-ci a dailleurs confirmé être le parrain de la fille de Dieudonné en plusieurs occasions (voir, par exemple, Catherine Coroller et Christophe Forcari, «Le Pen reconnaît être le parrain dun enfant de Dieudonné», Libération, 16 septembre 2008). Le baptême est également confirmé par le bulletin paroissial de léglise Saint-Eloi, le Mascaret, dans son n° 295 (septembre 2008), qui annonce le baptême de la fille de Dieudonné le 11 juillet 2008 (cité et reproduit par lagence de presse dextrême droite, Novopress, «Baptême de la fille de Dieudonné: la preuve», 13 septembre 2008, http://archives-fr.novopress.info/13084/bapteme-de-la-fille-de-dieudonne-la-preuve/, initialement,http://fr.novopress.info/?p=13084). Par ailleurs le jour du baptême, une vidéo a été tournée devant lEglise Saint-Eloi: on y voit Jean-Marie Le Pen, son épouse Jany, et la compagne de Dieudonné ainsi quun «gros bras» assurant habituellement le service dordre des spectacles de Dieudonné (Chloé Leprince, «Le Pen-Dieudonné: beaucoup dintox... mais une vidéo», Rue89, 28/07/2008, http://www.rue89.com/2008/07/28/le-pen-dieudonne-beaucoup-dintox-mais-une-video). Labbé Laguérie a confirmé le baptême et formellement démenti lidée dun canular auprès du PostOui, jai bien célébré le baptême de la fille de Dieudonné», Le Post, 29 juillet 2008, http://www.lepost.fr/article/2008/07/29/1232685_oui-j-ai-bien-officie-le-bapteme-de-la-fille-de-dieudonne.html) Enfin, lhebdomadaire dextrême-droite Minute a fait une enquête très fouillée sur le baptême, en confirmant tous les éléments, notamment le fait quil nétait pas prévu quil soit rendu public. Minute a obtenu la confirmation des faits auprès de tous les acteurs, y compris auprès de Dieudonné, qui ne parle nullement de «provocation», mais explique la sincérité de sa démarche, «quelque chose de très intérieur, de très personnel». Il assure avoir choisi Philippe Laguérie car «dans les discussions que jai pu avoir avec lui, jai ressenti un sentiment douverture». On aura pu juger de louverture de Laguérie... Le baptême fut suivi dun repas. Pour les détails, voir Jean-Marie Molitor, «Laffaire Dieudonné», Minute, 23 juillet 2008, http://agoramag.over-blog.org/article-21587860.html. Pour faciliter la lecture de cet article, le lecteur doit savoir que lactiviste dextrême-droite, acteur du rapprochement entre Dieudonné et Le Pen, mentionné par Minute par le pseudonyme dOrléans, est en réalité lancien gudard Frédéric Chatillon. Quand Dieudonné conteste la factualité du baptême ou prétend avoir agi par «provocation», il sagit tout simplement de mensonges.

69. Interview de Dieudonné dans Rivarol, no 2990, 11 mars 2011. Les propos de Dieudonné sur Williamson méritent d'être rapportés intégralement: «Un autre personnage pour lequel j'ai beaucoup d'estime et de considération, c'est Mgr Williamson. Je suis d'ailleurs allé le rencontrer à Londres où il vit replié, en paria. Le courage qu'il a manifesté montre qu'il est à mes yeux un vrai et un grand homme d'Eglise. Sa démarche est christique. Mgr Williamson est un résistant, un homme qui inspire le respect. A l'opposé de tout carriérisme qui n'est hélas pas rare chez les ecclésiastiques, il a renoncé à tout pour ses convictions. L'Eglise devrait s'inspirer de son exemple ; elle retrouverait de l'énergie et de la force.». Qualifier un négationniste, un antisémite hystérique tel que Williamson, de «résistant» est tout simplement une ignominie.

[ Négationnisme et réfutations  |  Toutes les rubriques ]