1. Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, Seuil, Points Histoire, 1990 — 1ère éd. 1987—, p. 176. 2. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 14. 3. Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la mémoire, Seuil, Points Essais, 1987, p. 7. 4. Anne Grynberg, La Shoah, l’impossible oubli, Découverte Gallimard, 1995, p. 136. 5. Pierre Bridonneau, Oui, il faut parler des négationnistes, Cerf, 1997, p. 10. 6. Nadine Fresco, Les «révisionnistes» négateurs de la Shoah, in l’article “Révisionnisme”, Encyclopaedia Universalis, 1990. 7. Alain Bihr, «Les mésaventures du sectarisme révolutionnaire», in Négationnistes: les chiffonniers de l’histoire, Édition Golias et Éditions Syllepse, 1997, p. 125. 8. Bernard Comte, Le Génocide nazi et les négationnistes, 1990. 9. Définition librement inspirée par la description tirée de la quatrième partie du texte de Pierre Vidal-Naquet, Un Eichmann de Papier, dans: Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la mémoire, Seuil, Points Essais, 1987, p. 32.

Le négationnisme: définition(s)


Le négationnisme est le discours qui consiste à contester ou nier la réalité du génocide des Juifs perpétré par les Nazis et leurs complices pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette négation passe par la négation ou la contestation de la réalité, de l’ampleur, des modalités du génocide, ainsi que de la volonté des Nazis de le commettre. Il s’agit d’un discours antisémite virulent, bien qu’implicite, dont l’objectif est de réhabiliter l’antisémitisme explicite, les régimes politiques qui ont commis le génocide, ainsi que les conditions, notamment politiques, de réalisation du type même d’événement qu’il nie.

Les négationnistes se sont auto-désignés sous le vocable de «révisionnistes» pour être associés à une démarche historique ou politique classique, le «révisionnisme». Dans le cas politique, un «révisionnisme» désigne la position idéologique demandant la révision d’une doctrine politique donnée. Dans le cas de l’histoire, il s’agit ni plus ni moins que de la démarche consistant à réviser en permanence le savoir historique, en utilisant évidemment les règles du métier d’historien. Dans la mesure où les négationnistes trahissent absolument toutes les règles de ce métier, que leur discours constitue une anti-histoire formée de mensonges et de falsifications, il est tout à fait impropre de les désigner sous le vocable de «révisionnistes». Cependant l’utilisation de «révisionnisme» perdure dans son sens de «négationnisme», ainsi qu’un des exemples donné plus bas l’illustre. Le lecteur averti prendra soin d’utiliser le vocable adéquat de «négationnisme».

Le mot «négationnisme» a d’ailleurs été formé par l’historien Henry Rousso en 1987, dans le but explicite de lever la perverse ambiguïté et la parfaite inadéquation de «révisionnisme» pour désigner le discours des négateurs du génocide:

«Le grand public découvre [en 1978] le milieu interlope des “révisionnistes”, un qualificatif qu’ils s’attribuent impunément: le révisionnisme de l’histoire étant une démarche classique chez les scientifiques, on préférera ici le barbarisme, moins élégant mais plus approprié, de “négationnisme”, car il s’agit bien d’un système de pensée, d’une idéologie et non d’une démarche scientifique ou même simplement critique.»1

Nous vous proposons ici une série de définitions ou réflexions sur la nature du négationnisme émanant d’historiens ayant étudié ce discours. Nous terminons par une description qui complète la définition que nous venons de donner en précisant certaines modalités du discours négationniste.




Le négationnisme est une méthode rhétorique et un discours dont le postulat et la conclusion sont identiques au premier point ci-dessous, et consiste en l’affirmation répétée de ce premier point, simultanément ou non avec les cinq autres9 :

  1. Il n’y a pas eu de génocide et l’instrument qui le symbolise, les chambres à gaz, n’a jamais existé.
  2. La «solution finale» n’a jamais été que l’expulsion des Juifs en direction de l’Est européen, le «refoulement».
  3. Le chiffre des victimes juives du nazisme est beaucoup plus faible qu’on ne l’a dit. Si faible qu’il devient “clair” qu’aucun génocide ni aucune tentative de génocide n’ont eu lieu, que jamais l’Allemagne nazie n’a entrepris un tel génocide.
  4. L’Allemagne hitlérienne ne porte pas la responsabilité majeure de la Seconde Guerre mondiale. Elle partage cette reponsabilité, par exemple, avec les Juifs, ou même elle n’a pas de responsabilité du tout.
  5. L’ennemi majeur du genre humain pendant les années trentre et quarante n’est pas l’Allemange nazie, mais l’URSS de Staline et le bolchevisme. Il y a d’ailleurs une quasi identité entre bolchevisme et judaïsme.
  6. Le génocide est une invention de la propagande alliée, principalement juive, et tout particulièrement sioniste, que l’on peut expliquer aisément, mettons, par une propension des Juifs à donner des chiffres imaginaires, mais aussi par leur volonté d’en tirer un profit financier.
           

Notes

1. Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, Seuil, Points Histoire, 1990 — 1ère éd. 1987—, p. 176.

2. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 14.

3. Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la mémoire, Seuil, Points Essais, 1987, p. 7.

4. Anne Grynberg, La Shoah, l’impossible oubli, Découverte Gallimard, 1995, p. 136.

5. Pierre Bridonneau, Oui, il faut parler des négationnistes, Cerf, 1997, p. 10.

6. Nadine Fresco, Les «révisionnistes» négateurs de la Shoah, in l’article “Révisionnisme”, Encyclopaedia Universalis, 1990.

7. Alain Bihr, «Les mésaventures du sectarisme révolutionnaire», in Négationnistes: les chiffonniers de l’histoire, Édition Golias et Éditions Syllepse, 1997, p. 125.

8. Bernard Comte, Le Génocide nazi et les négationnistes, 1990.

9. Définition librement inspirée par la description tirée de la quatrième partie du texte de Pierre Vidal-Naquet, Un Eichmann de Papier, dans: Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la mémoire, Seuil, Points Essais, 1987, p. 32.

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02/07/99 — mis à jour le 12/07/2002