66 Questions et réponses négationnistes réfutées
Avant propos à la version française
Traduction et adaptation de "QAR Complete". Dans les pays anglo-saxons, les négationnistes propagent depuis de nombreuses années un pamphlet intitulé "66 questions et réponses à propos de l'holocauste". Ce pamphlet, dont, à la connaissance du traducteur, il n'existe pas de version française, reprend la plupart des "arguments" des négationnistes. Ils apparaissent cependant périodiquement dans le discour des négationnistes francophones et sur l'Internet. Des canadiens et des américains ont entrepris d'examiner ces "arguments" et d'y répondre, de les réfuter; c'est à dire de montrer en quoi ces arguments relèvent du mensonge et de la falsification. Ce sont ces réponses qui constituent le présent document. Il faut insister sur le fait qu'elles ne sont ni définitives ni exhaustives, que sur de nombreux points des réponses encore plus complètes ont été rédigées depuis la première apparition de ce document, réponses que l'on pourra trouver sur le site web de Nizkor, http://www.nizkor.org/, réponses que l'on trouvera également soi-même dans tous les livres d'histoire, de chimie et de physique.
Tous les extraits et citations d'ouvrages ont été traduits, sauf lorsque le traducteur disposait, en français, d'une version de l'ouvrage cité, ou d'un ouvrage équivalent. Par défaut, la langue originale des sources est l'anglais. Ce document fait partie d'une série appartenant au projet 'Nizkor' dont le but est de mettre à disposition du public, sur l'Internet, un certain nombre de points d'entrée concernant l'histoire de la Shoah. http://www.nizkor.org/
Version html : http://www.nizkor.org/features/qar/
http://www.nizkor.org/qar-complete.cgi(En europe) : http://www1.de.nizkor.org/nizkor/features/qar/
http://www1.de.nizkor.org/nizkor/qar-complete.cgiCette traduction-adaptation a été effectuée par Gilles Karmasyn. Les auteurs du document original, Daniel Keren et Ken McVay, ne sont donc aucunement responsables de son contenu actuel.
Aucune exploitation commerciale du texte original ou de sa traduction n'est autorisée. Les citations doivent faire apparaître les copyrights de Daniel Keren et Ken McVay pour toutes les versions, et de Gilles Karmasyn pour la traduction.
QAR Complet
Une Réponse aux "66 Q&A" de l'IHR/Zündel
Le pamphlet
L'Institute for Historical Review, ou IHR, publie de nombreux feuillets élaborés dans le but de tromper les gens sur le Génocide. Un des plus utilisés est un pamphlet intitulé "66 Questions et Réponses à propos de l'Holocauste", ou dans son abréviation anglaise "66 Q&A" (66 Questions and Answers).
Ce pamphlet rassemble clairement de nombreux arguments parmi les plus communs utilisés par les négationnistes. La réfutation de ces 66 affirmations frappe directement au coeur de la négation de la Shoah.
Les lecteurs du forum de discussion de Usenet alt.revisionism [N.d.T.: mais aussi ceux du forum fr.soc.politique où sévissent quelques négationnistes] remarqueront des affirmations et des arguments ci-dessous qui leur paraîtront familiers. Cela est dû au fait qu'ils ont été, et leurs multiples déclinaisons, présentés et discutés sur Usenet à de nombreuses occasions auparavant. Ces pages contiennent cependant des réponses plus approfondies que celles qui ont pu être données sur les forums de discussion. Les pointeurs vers des liens apportant d'autres informations mettent à profit la technologie de l'Internet. [N.d.T.: cette traduction ne comporte pas tous les liens hypertextes inclus dans la version originale. On se reportera donc à cette dernière si l'on souhaite suivre ces liens]
Le pamphlet lui-même a été mis sur la Toile Internet (WWW) par au moins deux négationnistes distincts : Greg Raven, qui dirige l'IHR, et Ernst Zündel, décrit par le Canada's Security Intelligence Review Committee comme un "négationniste et un éditeur prolifique de littérature d'incitation à la haine.", mais aussi sponsor et organisateur de la Conférence néo-nazie 1991 en Allemagne. L'IHR comme les maisons d'édition de Zündel distribuent le Q&A sous forme imprimée.
Ce qui suit est une réfutation point par point de ces demi-vérités et mensonges. Le texte complet du pamphlet original est inclus, avec les questions de l'IHR et ses réponses reproduites inchangées, mais dans le cas où vous souhaiteriez voir la chose par vous-même, vous pouvez accéder à l'exemplaire de Greg Raven sur son site Web, où à celui d'Ernst Zündel sur le sien.
Il faut noter que la formulation des questions et "réponses" peut différer légèrement de ce que nous présentons ici. Le pamphlet a subi en effet des transformations au fil des ans et il apparaît que le site web de Raven, comme celui de Zündel, présente ce que nous appellerons une version "révisée", par rapport à l' "originale".
La maison d'édition de Zündel, Samisdat, a distribué une version antérieure jusqu'en Novembre 1995, version à laquelle nous nous référerons parfois, faute d'une meilleure appellation, comme la version "Samisdat". Nous ne sommes actuellement en possession que de la première page de cette version, qui saute un certain nombre de questions, aussi ignorons nous ce qui en est effectivement absent. Nous ne sommes pas non plus sûrs de la date à laquelle elle a été rédigée, mais il y est fait mention (à la question 22) d'une Allemagne réunifiée, ce qui la place dans les années 1990. Des mises à jour auront lieu si nous en apprenons plus.
Dans tous les cas, les différentes révisions de l'opuscule en ont rarement diminué les falsifications. Cela n'est pas surprenant, dans la mesure où son objectif n'est pas d'éduquer mais de tromper. Lorsqu'il y a des remarques dignes d'intérêt, nous le signalerons.
Si ce document vous paraît long, songez que vous avez de la chance : il y a quelques années, l'IHR publiait un opuscule de cent vingt questions et réponses, aussi nous contentons nous d'analyser la version "bridée". Rappelez vous en lisant qu'il y a eu 54 autres Questions et Réponses qui ont dû être éliminées de la version finale, aux propres yeux des négationnistes!
Enfin, pour un autre bon antidote aux opuscules négationnistes, nous vous suggérons deux documents établis par le centre Simon Wiesenthal sur leur site Web : leurs "Responses to Revisionist Arguments," et leur "36 Q&A" (qui sont sans rapport avec l'opuscule dont nous traitons ici).
Les Questions & Réponses de l'IHR et les réponses de Nizkor
Si vous voulez avoir accès à la version originale de ce texte vous pouvez y accéder à l'url : http://www.nizkor.org/features/qar/. On y trouvera également ce texte au format RTF et Word 6 pour Windows. Une version française avec une page par question est également disponible.
Généralités :
- Quelles preuves existent que les nazis ont commis un génocide ou délibérément tué six millions de juifs ?
Notez que la réponse est relativement longue, et sert de rapide introduction sur le négationnisme lui-même. Les autres réponses sont plus précises.
- Quelle preuve existe que six millions de juifs n'ont pas été tués par les Nazis ?
- Simon Wiesenthal n'a-t-il pas écrit un jour que : "il n'y avait pas eu de camps d'extermination sur le sol allemand" ?
- Si Dachau était en Allemagne et que même Simon Wiesenthal déclare qu'il n'y avait pas de camps d'extermination en Allemagne, pourquoi des milliers de vétérans aux États Unis déclarent que c'était un camp d'extermination ?
- Auschwitz était en Pologne, pas en Allemagne. Y a-t-il la moindre preuve que des chambres à gaz dans le but de tuer des êtres humains aient existé à Auschwitz ?
- Si Auschwitz n'était pas un "camp de la mort," quel était son véritable but ?
La Banalisation de la Shoah; La Culpabilité des Juifs
- Qui a construit le premier camp de concentration, quand et où ?
- Dans quelle mesure les camps de concentration allemands sont-ils différents des camps de déplacement américains où furent internés des américains d'origine japonaise, allemande et italienne pendant la Seconde Guerre Mondiale ?
- Pourquoi les allemands ont-ils interné les juifs dans des camps de concentration ?
- Quelles mesures extensives la Juiverie mondiale a-t-elle prises contre l'Allemagne dès 1933 ?
- Les juifs du monde entier ont-ils "déclaré la guerre à l'Allemagne" ?
- Était-ce avant ou après que les rumeurs sur les "camps de la mort" aient commencé ?
- Quelle nation est responsable des premiers bombardements massifs sur des civils ?
Le destin des juifs
- Combien de chambres à gaz d'extermination y avait-il à Auschwitz ?
- Combien de juifs y avait-il dans les régions contrôlées par les allemands avant la Guerre ?
- Si les juifs d'Europe n'ont pas été exterminés par les nazis, que sont ils devenus ?
- Combien de juifs ont fui, loin en Union Soviétique ?
- Combien de juifs ont émigré avant la guerre, devenant ainsi hors d'atteinte de l'Allemagne ?
- Si Auschwitz n'était pas un camp d'extermination, pourquoi son commandant, Rudolf Höss, a-t-il avoué qu'il l'était ?
- Y a-t-il une preuve que la politique des américains, des britanniques, des français et des soviétiques était de torturer les prisonniers allemands dans le but de leur extorquer des confessions avant les procès de Nuremberg et d'ailleurs ?
Les Conspirations
- Comment l'histoire de l'"holocauste" profite aux juifs, aujourd'hui ?
- Comment profite-t-elle à Israël ?
- Comment profite-t-elle à beaucoup de membres du clergé catholique ?
- Comment profite-t-elle aux communistes ?
- Comment profite-t-elle à la Grande Bretagne ?
- Y a-t-il une preuve qu'Hitler ait été au courant d'une extermination de masse des juifs ?
Le Zyklon B
- Quel genre de gaz était utilisé par les nazis dans les camps de concentration ?
- Pour quelle utilisation le gaz était-il, et est produit ?
- Pourquoi ont-ils utilisé ce gaz plutôt qu'un autre gaz plus adéquat pour une extermination de masse ?
- Combien de temps cela prenait-il de ventiler entièrement une zone fumigée au Zyklon B ?
- Le commandant d'Auschwitz, Rudolf Höss, a déclaré que ses hommes pénétraient dans la chambre à gaz dix minutes après que les juifs soient morts, et les en extrayaient. Comment l'expliquez vous ?
- Höss a dit dans sa confession que ses hommes fumaient des cigarettes pendant qu'ils tiraient les juifs morts des chambres à gaz, dix minutes après le gazage. Le Zyklon B n'est-il pas explosif ?
Généralités
- Quelle était la procédure exacte que les nazis utilisaient prétendument pour exterminer les juifs ?
- Comment un programme d'une telle importance a-t-il pu être caché à des juifs destinés à l'extermination ?
- Si les juifs destinés à être exécutés connaissaient le sort qui leur était réservé, pourquoi sont-ils allés vers leur mort sans se battre et sans protester ?
- A peu près combien de juifs sont morts dans les camps de concentration ?
- Comment sont-ils morts ?
- Qu'est-ce que le typhus ?
- Quelle est la différence si six millions ou 300.000 juifs sont morts pendant cette terrible période ?
La crémation
- De nombreux survivants juifs des "camps de la mort" disent avoir vu des corps empilés dans des fosses et brûlés. Quelle quantité d'essence aurait été nécessaire afin de réaliser une telle chose ?
- Des corps peuvent-ils brûler dans des fosses ?
- Les auteurs "pro-holocauste" prétendent que les nazis étaient capables de brûler des corps en dix minutes. Combien de temps cela prend-il pour incinérer un corps d'après les opérateurs professionnels de fours crématoires ?
- Pourquoi les camps de concentration utilisaient-ils des fours crématoires ?
- Étant donné une utilisation à 100% du temps des tous les crématoires de tous les camps des régions contrôlées par l'Allemagne, quel est le nombre maximum de corps qu'il aurait été possible d'incinérer pendant toute la période où de tels crématorium étaient utilisés ?
- Un crématoire peut-il être utilisé 100% du temps ?
- Quelle est la quantité de cendre laissée par un corps incinéré ?
- Si six millions de personnes ont été incinérées par les nazis, qu'est-il advenu des cendres ?
- Est-ce que les photos d'Auschwitz prises pendant la guerre (durant la période pendant laquelle les "chambres à gaz" et les crématoires étaient supposés pleinement opérationnels) révèlent des chambres à gaz ?
La banalisation des lois anti-juives
- Quelles étaient les principales dispositions prises par les "Lois de Nuremberg" de 1935 ?
- Y a-t-il des précédents américains aux Lois de Nuremberg ?
- Qu'est-ce que la Croix Rouge Internationale a signalé concernant la question de l'"Holocauste" ?
- Quel était le rôle du Vatican pendant la période où six millions de juifs ont été prétendument exterminés ?
Généralités
- Quelle preuve y a-t-il qu' Hitler était au courant de l'extermination des juifs en cours ?
- Est-ce que les Nazis et les Sionistes ont collaboré ?
- Qu'est-ce qui a causé la mort d'Anne Frank juste quelques jours avant la fin de la guerre ?
- Est-ce que le Journal d'Anne Frank est authentique ?
- Qu'en est-il des nombreuses photographies et prises de vues réalisées dans les camps de concentration allemands, montrant des piles de cadavres émaciés ? Sont-elles truquées ?
- Qui est à l'origine du terme "génocide" ?
- Est-ce que des films comme "Holocaust" et "The Winds of War" sont des films documentaires ?
Sur le Négationnisme
- A peu près combien de livres ont été publiés, qui réfutent certains aspects des affirmations traditionnelles sur l' "Holocauste" ?
- Que s'est-il passé lorsqu'un institut historique a proposé $50 000 à quiconque serait capable de prouver que des juifs ont été gazés à Auschwitz ?
- Qu'en est il de l'affirmation comme quoi ceux qui remettent en cause l' "Holocauste" sont des antisémites et des néo-nazis ?
- Qu'est-il arrivé aux historiens qui ont remis en cause les données sur l' "Holocauste" ?
- Est-ce que l'Institute for Historical Review a subi des mesures de rétorsion à ses efforts de défense de la liberté d'expression et de la liberté universitaire ?
- Pourquoi y a-t-il si peu d'attention portée sur votre point de vue ?
- Où puis-je me procurer plus d'informations sur cet "autre coté" de l'histoire de l' " Holocauste" ainsi que des faits concernant d'autres aspects du Révisionnisme Historique de la Seconde Guerre Mondiale ?
1.
Quelles preuves existent que les nazis ont commis un génocide ou délibérément tué six millions de juifs ?
Les négationnistes de l'IHR répondent (versions originale, Samisdat et révisées confondues) :
« Aucune. La seule preuve consiste dans les témoignages après-guerre d'individus "survivants". Ces témoignages sont contradictoires, et aucun "survivant" n'affirme avoir effectivement assisté à un gazage. Il n'y a aucun document contemporain et aucune preuve formelle de toute façon : pas de colline de cendre, pas de four crématoire capable d'incinérer des millions de corps, ni piles de vêtements, ni savon humain, ni abat-jour fabriqués avec de la peau humaine, ni enregistrements, ni statistiques démographiques crédibles. »La réponse de Nizkor :
Une masse, pour ne pas dire un ramassis, de mensonges. Mensonges après mensonges, sans le moindre début de preuve.
C'est un aussi bon endroit qu'un autre pour présenter quelques données détaillées, qui sont ignorées avec persévérance par les négationnistes, comme introduction à la négation de la Shoah. Cela rend cette réponse beaucoup plus longue que les soixante-cinq autres, mais le lecteur comprendra sans doute la nécessité qui fait, ici, loi.
Examinons leurs affirmations une par une :
- Prétendument, la seule preuve serait "le témoignage après-guerre de survivants individuels"
Tout d'abord, il faut prendre conscience de l'implicite théorie du complot. Remarquez comment le témoignage de chaque prisonnier de chacun des camps Nazis est automatiquement rejeté comme non convaincant. Ce rejet systématique des témoignages des déportés, parallèlement à un rejet absolu des propres témoignages de Nazis (!), est la principale prémisse implicite de la négation de la Shoah.
Cette prémisse, qui n'est pas souvent exprimée, est que, non seulement la tentative de génocide perpétrée sur les juifs [et les tziganes, mais, chez les négationnistes, il n'en est jamais question] n'a jamais eu lieu, mais plutôt qu'une conspiration juive secrète, débutant vers 1941, a introduit et fabriqué des myriades de documents pour prouver qu'elle avait eu lieu; puis, qu'après la guerre, ils ont réuni tous les survivants des camps pour leur indiquer quoi raconter.
Les conspirateurs ont prétendument réussi à torturer des centaines de Nazis importants, à leur faire avouer des crimes qu'ils n'avaient jamais commis, ou à leur faire accuser leurs collègues Nazis de ces crimes, à introduire des centaines de documents dans les fichiers nazis qui n'ont été découverts qu'après la guerre, découverts dans bien des cas par pur hasard! Les 7000 pages du journal de Goebbels, par exemple, ont été sauvées de justesse alors qu'elles allaient être vendues comme papier à recycler, mais, enfouies dans le manuscrit désordonné, on peut trouver plusieurs passages révélateurs (traduit de la version anglaise : Lochner, The Goebbels Diaries, 1948, pp. 86, 147-148) :
« 14 février 1942 : le Führer a de nouveau exprimé sa détermination à nettoyer l'Europe des Juifs, sans pitié. Il ne doit pas y avoir le moindre sentimentalisme émotif à ce sujet. Les juifs méritent la catastrophe qui a déjà commencé à les engloutir. Leur destruction accompagnera main dans la main la destruction de nos ennemis. Nous devons hâter ce processus avec une froide inflexibilité.27 mars 1942 : La procédure est assez barbare et ne saurait être décrite ici de façon plus précise. Il ne restera pas grand chose des juifs. Globalement, on peut dire qu'environ 60 pour cent d'entre eux devront être liquidés alors que 40 pour cent peuvent être utilisé pour le travail forcé. »
Michael Shermer a souligné le fait que la propre estimation des Nazis du nombre de Juifs européens était de onze millions, et soixante pourcents de onze millions font 6.6 millions. C'est relativement proche du nombre réel. (En fait, quarante pourcents est une sérieuse surestimation du taux de survie parmi les Juifs qui étaient capturés, mais le temps et les événements ne permirent pas aux Nazis de mettre la main sur tous les Juifs.)
Cependant, la plus grande partie du journal de Goebbels est assez mondaine, et n'intéresse que les historiens. Est-ce que la prétendue conspiration juive a fabriqué sept milles pages juste pour y insérer quelques lignes ? Comment ont-ils réussi à connaître les affaires de Goebbels de façon suffisamment intime pour éviter les contradictions, c'est à dire d'éviter de le placer lui ou ses associés dans la mauvaise ville à la mauvaise date, et ce, sur sept milles pages ?
Ainsi que même le négationniste David Cole l'a admis, les négationnistes doivent encore fournir une explication satisfaisante à ce document.
Concernant les témoignages après-guerre des Nazis, l'aveu de crimes abominables qu'ils n'ont prétendument pas commis ont-ils tous été extorqués sous la torture ? Ce serait crédible si seul un petit nombre de Nazis avaient été capturés après la guerre, ou peut-être si certains s'étaient courageusement dressés lors des procès pour crier au monde la tentative de les réduire au silence. Mais des centaines ont témoigné du Génocide, lors de procès allant de la fin 1945 jusqu'au début des années 1960. (Par exemple, voir Böck, Hofmann, Hössler, Klein, Münch, et Stark.)
Beaucoup de ces Nazis ont déposé en tant que témoins et n'étaient accusés d'aucun crime. Quelle aurait été la base de leur prétendue coercition ?
Beaucoup de ces procès ont eu lieu dans des cours allemandes. Les allemands ont-ils torturé leurs propres concitoyens ? Hé bien, les négationnistes prétendent parfois que les Juifs ont secrètement infiltré le gouvernement allemand et contrôlent tous ses faits et gestes. Néanmoins, ils préfèrent ne pas trop faire la publicité de cette théorie, car elle frise clairement l'insanité.
Le point principal est que pas une seule de ces supposées victimes de la torture -- en cinquante ans, pas une -- ne s'est manifestée pour soutenir que son témoignage avait été extorqué.
Au contraire, les confirmations et reconfirmations de ces témoignages se sont accumulés au fils des ans. Quelle genre de coercition aurait pu convaincre le juge Konrad Morgen de témoigner des crimes auxquels il avait assisté, au procès international de Nuremberg en 1946, auquel il n'était accusé d'aucun crime ? Et de témoigner de nouveau au procès Auschwitz de Francfort, en Allemagne, en 1963-1965 ? Quelle genre de coercition a été employée auprès du SS Doctor Johann Kremer pour le faire déposer pour sa propre défense en 1947, puis, après avoir été condamné à la fois en Pologne et en Allemagne, pour le faire réapparaître après sa libération, et déposer de nouveau comme témoin de l'accusation au procès de Francfort ? Quels genres de coercitions ont été employées auprès de Böck, Gerhard Hess, Hölblinger, Storch,et Wiebeck, tous d'anciens SS, tous témoins au procès de Francfort, aucun d'eux n'étant dans le box des accusés ?
Les négationnistes soulignent de petites incohérences dans les témoignages afin de les discréditer. Ils présupposent, sans l'exprimer, que le lecteur acceptera des incohérences mineures comme preuve d'une vaste, et toute puissante conspiration juive. C'est tout à fait absurde.
En fait, les incohérences et erreurs mineures dans les détails sont des preuve contre, et non en faveur, de la théorie du complot. Pourquoi les conspirateurs auraient-ils fourni des informations différentes à des Nazis différents ? En réalité, si toutes les dépositions, depuis celles des Nazis jusqu'à celles de déportés, avaient été trop ressemblantes, il est certain que les négateurs de la Shoah l'aurait souligné et utilisé cette ressemblance comme preuve du complot.
Il faut réaliser que les négationnistes appliquent un corpus de méthodes qui constituent une véritable anti-histoire, dont l'une des plus perverses, est l'hypercritique dénoncée depuis longtemps par les vrais historiens.
Quel moyen de coercition supposé aurait pu être employé après quarante années, afin de forcer l'ancien SS-Untersturmführer Dr. Hans Münch à donner une interview, contre la volonté de sa famille, à la télévision suédoise ? Dans cette interview de 1981, il parle d'Auschwitz :
« Question : L'idéologie de l'extermination n'est-elle pas contraire aux valeurs éthiques d'un médecin ?Münch : Oui, absolument. Sans discussion possible. Mais je vivais dans cet environnement, et j'ai essayé par tous les moyens d'éviter de l'accepter, mais je devais vivre avec. Qu'aurais-je pu faire d'autre ? Et je n'y fus pas confronté directement jusqu'à ce qu'un ordre vint, stipulant que mon supérieur et moi-même ainsi qu'un troisième, devions participer à l'extermination, car les médecins du camp étaient surchargés et ne pouvaient y faire face.
Question : Je dois poser une question. Des sceptiques prétendent que le "traitement spécial" peut avoir signifié n'importe quoi. Que cela n'a pas besoin d'être extermination.
Münch : le "traitement spécial", dans la terminologie des camps de concentration signifie l'extermination physique. Si c'était une question de plus de quelques personnes, lorsque rien d'autre qu'un gazage n'était valable, ils étaient gazés.
Question : le "traitement spécial", c'était le gazage ?
Münch : Oui, absolument. »
Et quel moyen supposé de coercition peut, après une traversée de quarante années, forcer l'ancien SS-Unterscharführer Franz Suchomel à donner une interview pour le film Shoah ? Parlant, après promesse (fausse) d'anonymat, il parla des crimes commis au camp de la mort de Treblinka (extrait du livre Shoah, Claude Lanzmann, 1985, p. 67) :
« Question : ...votre témoignage est capital et vous pouvez expliquer ce qu'était Treblinka.Suchomel : Mais ne citez pas mon nom.
Question : Non, non, je vous l'ai promis. Bon, vous arrivez à Treblinka.
Suchomel : Alors le juteux, Stadie, nous a montré le camp, en long et en large... et juste au moment où nous passions, ils étaient en train d'ouvrir les portes de la chambre à gaz... et les gens sont tombés comme des pommes de terre. Bien sûr, cela nous a épouvantés et choqués. Nous sommes retournés nous asseoir sur nos valises, et nous avons pleuré comme des vieilles femmes.
On choisissait chaque jour cent Juifs pour traîner les cadavres vers les fosses. Le soir, les Ukrainiens chassaient ces Juifs dans les chambres à gaz, ou ils les abattaient. Chaque jour. »
Demandez aux négationnistes pourquoi ils dédaignent le témoignage de Franz Suchomel. Greg Raven vous répondra que "ce n'est pas une preuve, donnez nous des preuves, s'il vous plaît." D'autres vous diront que Suchomel et Münch étaient fous, ou hallucinés, ou déliraient.
Mais le délire est de toute évidence dans les esprits de ceux qui ont choisi d'ignorer la masse de preuves et de croire au contraire à une hypothétique conspiration, corroborée par leur seule imagination.
Le manque total de preuves concernant le "présupposé de la conspiration" est la raison pour laquelle celui-ci demeure toujours une hypothèse inexprimée. A notre connaissance, il n'y a pas un seul tract, article, brochure, "révisionniste" qui fournisse le moindre détail sur cette supposée conspiration juive/sioniste qui a fait tout le sale travail. Pas un.
Au mieux, la littérature de la négation fait des références obscures au Congrès Juif Mondial qui perpétuerait une "imposture" (Butz, 1976) -- aucun détail n'étant fourni. Pourtant, la construction toute entière de la négation de la Shoah repose sur cette conspiration supposée.
Quant aux témoignages des survivants, dont les négationnistes clament que c'est la seule preuve, il y a en effet pléthore de témoignages de déportés juifs qui ont survécu aux camps, sur les gazages et autres formes d'atrocités, mais aussi des témoignages d'autres déportés comme les prisonniers de guerre. Beaucoup de ces prisonniers qui ont témoigné des gazages ne sont pas juifs, bien sûr. Examinez par exemple le témoignage de l'officier polonais Zenon Rozansky sur le premier gazage meurtrier à Auschwitz, au cours duquel 850 prisonniers de guerre russes furent assassinés par gazage; extrait de The Final Solution, de Gerald Reitlinger, p. 154 :
« Ceux qui étaient appuyés contre la porte, se tenaient avec une raideur curieuse et tombaient juste à nos pieds, leur visage heurtant durement le sol en béton. Des cadavres, des cadavres se tenant droit et remplissant entièrement le corridor du bunker, tellement serrés les uns contre les autres qu'il leur était impossible de tomber. »Lequel d'entre les négationnistes va nier cela ? Lequel d'entre eux était là ? Parmi eux, lequel a le droit de dire à Rozansky ce qu'il a vu ou ce qu'il n'a pas vu ?
L'assertion comme quoi "aucun 'survivant' ne déclare avoir effectivement assisté au moindre gazage" est clairement fausse, mensongère; elle a été modifiée en "quelques survivants" dans les dernières versions; ce qui est plus proche de la vérité.
On peut aussi se demander ce qu'ils peuvent dire de ces paroles du Général André Rogerie, déporté à Auschwitz en 1944 et qui, de mai à septembre 1944 se trouvait à Birkenau juste en face du Krematorium III (un des cinq complexes chambres à gaz-fours crématoires du camp):
J'ai vu rentrer dans l'enceinte du four K III des foules entières:Non seulement, on peut lire cela, et bien plus, dans Le Monde Juif n° 125, janvier-mars 1987, mais il l'avait écrit, et bien plus, dès avril 1945 dans une brochure parue en 1946 sous le titre « Vivre, c'est vaincre »
- je n'ai jamais vu ressortir qui que ce soit,
- après chaque arrivée une épaisse fumée noire sortait de la cheminée accompagnée de hautes flammes[...]
J'étais là, je l'ai vu, j'en rend témoignage.Mais nous n'avons pas besoin de nous en remettre seulement aux témoignages des survivants ou des nazis, ou d'autres. De nombreux documents contemporains des événements, pas des descriptions d'après guerre, traitant spécifiquement des gazages et autres atrocités, furent saisis par les forces armées américaines. La plupart sont conservés aux archives nationales de Washington, D.C; certains sont conservés en Allemagne.
Concernant les camions de gazage, précurseurs des chambres à gaz, nous trouvons, par exemple, un document top secret du SS Untersturmführer Becker au SS Obersturmbannführer Rauff (extrait de Nazi Conspiracy and Aggression - Washington, U.S Govt. Print. Off., 1946, Vol III, p. 418) :
« Par exemple, lorsqu'il a plu, ne fût-ce qu'une demi-heure, le fourgons est inutilisable, il se met à déraper. Il n'est possible de s'en servir que par temps tout à fait sec. La seule question qui se pose est celle de savoir si l'on peut se servir du fourgon sur le lieu même de l'exécution lorsqu'il est immobile. D'abord le fourgon doit être amené sur place, ce qui n'est possible que par beau temps. [...]« Le gazage n'est pas effectué comme il le devrait. Dans le but d'en finir le plus vite possible, le conducteur appuie au maximum sur l'accélérateur. Ce faisant, les individus à exécuter meurent d'asphyxie au lieu de mourir par perte de conscience comme prévu. Mes instructions ont à présent démontré que par un ajustement adéquat des leviers, la mort survient plus rapidement et les prisonniers s'endorment calmement. Visages convulsés et excréments ne surviennent plus, comme c'était le cas auparavant. »
Et Just écrit à propos des camions de gazage à Rauff, le 5 Juin 1942, dans une lettre marquée à la fois "secret d'état" et "exemplaire unique". C'est un horrible chef-d'uvre de double langage nazi, qui parle de meurtre comme de "processus" et des victimes comme de "sujets" et de "chargement." (cf. Kogon, Langbein, Rückerl, Les chambres à gaz secret d'état, Seuil, Points Histoire, pp. 75-76)
« Depuis Décembre 1941, ont été traités de façon exemplaire quatre-vingt-dix-sept mille avec trois voitures, dont le fonctionnement n'a révélé aucun défaut[...]« La capacité normale des voitures est de neuf à dix personnes au mètre carré. Mais les grands camions spéciaux Saurer ne peuvent être utilisés à une telle capacité. Ce n'est pas une question de surcharge, mais leur mobilité tous terrains est alors très diminuée. Il apparaît donc nécessaire de réduire la surface de chargement. On peut y parvenir en raccourcissant d'un mètre la superstructure. On ne saurait en effet remédier à la difficulté signalée par une simple diminution du nombre de sujets traités, comme on le faisait jusqu'ici, car, dans ce cas, le fonctionnement exige plus de temps , car il faut bien que les espaces dégagés soient, eux aussi, remplis de CO [le gaz, poison mortel, d'échappement (N.d.T.)]. ...
« Il convient d'assurer une plus forte protection de l'installation d'éclairage. Le grillage doit recouvrir les lampes assez haut pour qu'il soit impossible de briser les ampoules. Les utilisateurs ont proposé de supprimer les lampes qui, a-t-on fait remarquer, ne sont guère utilisées. L'expérience montre pourtant que, lorsque l'on ferme la porte du fond et qu'on provoque ainsi l'obscurité, il se produit toujours une forte poussée du chargement sur la porte. La cause en est que le chargement, lorsque l'obscurité survient, se précipite vers ce qu'il reste de lumière. Cela compromet l'enclenchement de la fermeture de la porte. On a constaté aussi que le bruit qui se produit à la fermeture de la porte est lié à l'angoisse que suscite l'obscurité... »
Des lapsus dans la pratique du double langage surviennent dans une correspondance écrite concernant les chambres à gaz elles-mêmes, dont certaines, heureusement, ont échappé à la destruction et furent retrouvées après la guerre. Une note adressée au SS Karl Bischoff le 27 Novembre 1942 décrit la chambre à gaz du Crématorium II, non pas avec le mot autorisé de "Leichenkeller," mais comme "Sonderkeller" "cave spéciale".
Et deux mois plus tard, le 29 Juin 1943, Bischoff écrivit une note à Kammler, se référant à la même chambre à gaz comme "Vergasungskeller." (cf. Gutman, Anatomy of the Auschwitz Death Camp, 1994, pp. 223, 227. Jean-Claude Pressac, Les crématoires d'Auschwitz, la machinerie du meurtre de masse, CNRS Éditions, p. 60 et p. 69) "Vergasungskeller" signifie exactement ce qu'il semble signifier : "cave de gazage", une chambre à gaz souterraine.
Les négateurs de la Shoah se tournent vers Arthur Butz, qui fournit une explication spécieuse pour le Vergasungskeller : "Vergasung", dit-il, ne peut se référer au meurtre d'individus par le gaz, mais seulement au processus de conversion d'un solide ou d'un liquide en gaz. C'est pourquoi il soutient que "Vergasungskeller" doit avoir été une chambre spéciale où le carburant pour les fours d'Auschwitz était converti en gaz -- une "cave de gazéification."
Il y a trois problèmes avec cette explication. D'abord, "Vergasung" peut tout à fait se référer au meurtre de personnes par le gaz; Butz ne parle pas allemand et ne devrait pas essayer de donner des leçons sur cette langue. Ensuite, il n'y a aucune pièce qui aurait pu éventuellement servir à la fonction que Butz décrit -- des années après avoir écrit son livre, il l'a admis, et a, en désespoir de cause, suggéré qu'il pût y avoir un autre bâtiment quelque part dans le camp qui puisse accueillir une cave de gazéification. Enfin, le type de four utilisé à Auschwitz ne nécessitait aucun processus de gazéification. Ces fours brûlaient un combustible solide. (cf. Gutman, op. cit., pp. 184-193.)
Alors, à quoi le terme "cave de gazage" se réfère-t-il, [sinon à des chambres à gaz souterraines destinées aux meurtres de masse] ? Il reste encore aux négationnistes à fournir une explications crédible.
[N.d.T.: Bien évidemment le négationniste Robert Faurisson a repris "l'explication" de Butz à son compte, pour laquelle n'a jamais été produite la moindre preuve positive! Georges Wellers fait justice de cette falsification dans l'Annexe II de son ouvrage, Les chambres à gaz ont existé, Gallimard, 1981, pp. 201-203.]
Un inventaire, une fois encore saisi après la guerre, dénombre quatorze pommeaux de douche et une porte étanche au gaz pour la chambre à gaz du Krema III. Les négateurs de la Shoah prétendent que cette chambre était une morgue; ils ne se proposent pas d'expliquer à quel usage étaient destinés les pommeaux de douche et une porte étanche au gaz. (se reporter à une photographie du document, ou à Pressac, Auschwitz : Technique and Operation, 1989, pp. 231, 438.)
Une note émise par le bureau de construction d'Auschwitz, daté du 31 Mars 1943, stipule (Hilberg, Documents of Destruction, 1971, pp. 207-208) :
« Nous saisissons cette occasion pour faire référence à un autre ordre du 6 Mars 1943, pour la livraison d'une porte [étanche au] à gaz 100/192 pour le Leichenkeller 1 du Krema III, Bw 30a,, qui doit être construit selon la méthode et les mesures qui furent celles de la porte de cave du Krema II qui lui fait face, avec une fenêtre-judas à double vitrage, chaque verre d'une épaisseur de 8 millimètres, enchâssés dans du caoutchouc. Cet ordre doit être considéré comme extrêmement urgent... »Pourquoi des morgues auraient-elles un besoin urgent de judas à double verres de près d'un centimètre d'épaisseur chacun ?
La question de savoir si on peut prouver que l'acide cyanhydrique a été utilisé à Auschwitz a intrigué les négationnistes. Leur trop fameux Rapport Leuchter, par exemple, dépense beaucoup d'énergie sur la question des traces de résidus d'acide cyanhydrique encore présents aujourd'hui. Mais il n'est pas nécessaire de se pencher sur des résidus chimiques pour confirmer l'utilisation de l'acide cyanhydrique (Gutman, op. cit., p. 229) :
« Des lettres et des télégrammes échangés les 11 et 12 Février [1943] entre le Zentralbauleitung et Topf font mention d'un ventilateur à pales de bois pour le Leichenkeller 1. Cette référence confirme l'utilisation de la morgue comme chambre à gaz : Bischoff et Prüfer pensaient que l'extraction de l'air mélangé à l'acide prussique concentré [l'acide cyanhydrique] (20 g par mètre cube) nécessitait un ventilateur non sujet à la corrosion. »En fait, il s'avéra que Bischoff et Prüfer avaient tort et qu'un ventilateur métalique fonctionnait de manière acceptable. Mais le fait qu'ils y aient pensé [au problème de la corrosion] démontre que de l'acide cyanhydrique était utilisé de façon répétée dans des pièces que les négationnistes qualifient de morgue (l'acide cyanhydrique est inefficace pour la désinfection d'une morgue, car il n'élimine pas les bactéries.).
D'autres documents saisis, même lorsqu'ils ne se réfèrent pas directement à une étape du processus d'extermination, y font mention de façon implicite. Une note saisie, du SS-Brigadeführer Kammler, révèle que les capacités prévues d'Auschwitz s'élevaient à un total de 4 756 cadavres par jour (cf. la photo du document ou Kogon, op. cit., p. 197).
Les négationnistes clament souvent que ce total ne peut être atteint en pratique (voir réponse 45). Là n'est pas la question. Ces crématoires ont été soigneusement conçus, en 1942, pour avoir la capacité d'incinérer 140 000 cadavres par mois -- dans un camp qui comptait seulement 125 000 prisonniers. Nous pouvons facilement déduire que des tueries massives étaient planifiées, au moins dès la mi-1942. Un camp conçu pour incinérer la totalité de ses prisonniers toutes les quatre semaines ne saurait être un simple centre de détention.
Faut-il encore évoquer les documents exhumés à Birkenau, qui avaient été enfouis par des détenus, lettres ou cahiers évoquant les opérations de sélection, gazage et crémation ? Documents dont le contenu venait confirmer les descriptions que les rares survivants des "Sonderkommandos" avaient faites des gazages. Descriptions (voir notamment les peintures de David Olère) pour la plupart données avant la découverte des documents en question...
Enfin, mis à part la profusion de témoignages, d'aveux, de preuves physiques sur le processus d'extermination, il ne manque certainement pas de preuves des projets et des plans des Nazis.
Voici juste quelques exemples. Dans le journal de Hans Frank (tiré de Nazi Conspiracy and Aggression, 1946, Vol. I, pp. 992, 994) :
« Mais que faire des juifs ? Croyez-vous qu'on les enverra dans des villages dans l' "Ostland" [les territoires de l'est] ? Voilà ce qu'on nous a dit à Berlin : "Pourquoi toutes ces complications (Sherereien) ? Nous n'avons pas besoin de Juifs, que ce soit dans l' "Ostland" ou dans le "Reichkommissariat". Alors liquidez les vous-même. Je dois vous demander de vous débarrasser de tout sentiment de pitié. Nous devons exterminer les juifs, partout où nous les trouverons, et partout où il y en aura la possibilité[...]Nous ne pouvons pas fusiller ou empoisonner 3 500 000 Juifs, mais nous pourrons, néanmoins, prendre des mesures qui, d'une manière ou d'une autre, aboutiront, à leur annihilation[...]
Que nous condamnions 1 200 000 juifs à mourir de faim ne saurait être remarqué que de façon marginale. »
(Voir, pour le contexte et d'autres passages de la conférence de Frank, Raul Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, Fayard, 1988, p. 414)
Le discours d'Himmler à Posen, le 4 Octobre 1943 a été intercepté et enregistré (Trial of the Major War Criminals, 1948, Vol. XXIX, p.145, traduction par l'auteur du présent document) :
« Je me réfère à présent à l'évacuation des juifs, à l'extermination du peuple juif. C'est une des choses qu'il est aisé d'exprimer : "Le peuple juif est en train d'être exterminé," déclare chaque membre du Parti, "Effectivement, c'est une partie de nos plans, l'élimination des juifs, l'extermination, nous l'accomplissons... peuh! Une bricole! »Himmler a également spécifiquement évoqué l'assassinat des femmes et des enfants le 6 octobre 1943...
L'effort d'extermination a même été mentionné par au moins un verdict officiel de cour de justice nazie. En mai 1943, une cour de Munich a déclaré dans sa décision contre le SS-Untersturmführer Max Täubner que :
« L'accusé ne sera pas puni pour ses actions contre les juifs en tant que telles. Les juifs doivent être exterminés et aucun des juifs tués n'est une très grande perte. Bien que l'accusé aurait du reconnaître que l'extermination des juifs était du ressort des Kommandos qui ont été spécialement mis sur pied dans ce but, il ne devrait pas être retenu contre lui d'avoir considéré qu'il avait l'autorité pour participer lui-même à l'extermination de juiverie. »Et Hitler a parlé en termes clairs, en public, en trois occasions au moins. Le 30 Janvier 1939, sept mois avant que l'Allemagne n'envahisse la Pologne, il a parlé publiquement devant le Reichstag (Skeptic magazine, Vol. 2, No. 4, p. 50, ou Eberhard Jäckel, Hitler Idéologue, Gallimard, Tel, 1995, p. 83) :
« Aujourd'hui, je serai encore un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d'Europe devait parvenir encore une fois à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, alors le résultat ne serait pas la Bolchevisation du monde, donc la victoire du judaïsme, au contraire, ce serait l'anéantissement de la race juive en Europe. »[le procès verbal de la séance note après ce passage : "rafales d'applaudissements prolongées". On peut d'ailleurs le voir et l'entendre sur le film qui a été tourné de ce discours.]
A propos, cette dernière phrase est, en allemand : " die Vernichtung der jüdischen Rasse in Europa," dont les germanophones réaliseront l'absence d'ambiguité.
En Septembre 1942 :
« ... Si la juiverie devait comploter une autre guerre mondiale dans le but d'exterminer les peuples aryens d'europe, ce ne serait pas le peuple aryen qui serait exterminé, mais la juiverie... »Le 8 Novembre 1942 :
« Vous vous rappellerez la cession du Reichstag durant laquelle j'avais déclaré : si la juiverie devait s'imaginer qu'elle peut causer une guerre mondiale internationale afin d'exterminer les races européennes, le résultat n'en sera pas l'extermination des races européennes, mais l'extermination de la juiverie en Europe. Des gens se sont toujours ri de mes prophéties. De ceux qui riaient alors, un nombre incalculable ne rit plus aujourd'hui, et ceux qui rient encore cesseront peut-être de rire dans pas longtemps. »Il y a beaucoup d'autres exemples de documents et de témoignages qui pourraient être présentés [par exemple les autres déclarations d'Hitler sur le même thème le 8 novembre 1940, le 1er janvier 1942, le 30 janvier 1942, le 24 février 1942, le 15 février 1945, le 2 avril 1945! Cf. Eberhard Jäckel, Hitler Idéologue, Gallimard, Tel, 1995, pp. 83-90]. On dispose également de nombreux documents contemporains où le projet d'extermination, le fait de l'extermination, celui d'avoir exterminé les Juifs, sont clairement exprimés.
Il faut garder à l'esprit que la réponse de l'IHR à "Quelle preuve existe ?" est "aucune". Il a été démontré sans la moindre ambiguïté que cette réponse à l'emporte-pièce est totalement malhonnête. Et c'est là le point principal que nous désirons mettre en lumière : la négation du Génocide est malhonnête.
Nous continuons à analyser les affirmations qui restent, plus spécifiques, sur des preuves qui n'existent prétendument pas.
- "Pas monticules de cendres" présente une contradiction interne. Dans un article du journal publié par le même IHR qui répand ces Q&A, le rédacteur en chef du journal rapporte que la commission polonaise de 1946 a trouvé des cendres humaines au camp d'extermination de Treblinka sur une profondeur de plus de 6 mètres. Cet article est disponible sur le site web de Greg Raven.
(apparemment, des survivants ont déclaré que les corps étaient toujours incinérés totalement. Dans la mesure où les restes humains non consumés étaient mélangés avec la cendre, le rédacteur en chef a suggéré que les témoignages étaient faux. De façon incroyable, il ne faisait aucun commentaire sur la façon dont une couche de cendres humaines de 6 mètres d'épaisseur a pu se trouver là, en premier lieu. Peut-être qu'à ses yeux cela ne mérite pas d'être mentionné.)
Il y a aussi des tas massifs de cendres à Maïdanek. A Auschwitz-Birkenau, les cendres des corps incinérés étaient déversées dans les rivières et dans les marais entourant le camp, et utilisées comme engrais pour les champs des paysans alentour.
- "Aucun crématoire" capable d'incinérer des millions de corps ? C'est absolument faux. Les crématoires étaient plus que capables d'accomplir cette tâche, et ce, aussi bien d'après les propres notes des nazis que d'après les témoignages des survivants. Les négateurs de génocide font la confusion délibérée entre les crématoires civils, à usage funéraire et les énormes fours industriels des camps de la mort. Ceci est discuté plus en détail aux réponses aux questions 42 et 45.
- "Pas de piles de vêtements" ? Apparemment, l'IHR considère que les piles de vêtements sont une "preuve irréfutable"! Cela est étrange, car ils ne contestent pas les autres sortes de piles trouvées dans les camps nazis : piles de lunettes, piles de chaussures (à Auschwitz, Belzec, et Maïdanek), piles de dents en or, piles de corps calcinés, piles de corps non brûlés; piles de membres artificiels (cf. Swiebocka, Auschwitz : A History in Photographs, 1993, p. 210), piles de cheveux humains (ibid, p. 211), piles de bagages éventrés, ibid, p. 213), piles de blaireaux (ibid, p. 215), piles de peignes (ibid), piles de poêles et de casseroles (ibid), et puis, oui, même des piles de vêtements (ibid, p. 214) dont l'IHR clame qu'elles n'existent pas.
Peut-être les auteurs du 66 Q&A ont-ils réalisé qu'il était dangereux pour eux d'admettre que ces piles étaient des preuves irréfutables, car ils auraient été contraints de considérer bien d'autres choses comme "preuves irréfutables". Peut-être est-ce pour cela qu'ils ont enlevé cette partie de la version révisée du 66 Q&A.
Si certains objets ne furent pas, en général, trouvés en grandes quantités, c'est parce que les nazis les distribuaient à la population allemande. Une note sur le sujet a été saisie, révélant qu'ils redistribuaient même les sous-vêtements féminins.
- "Pas de savon humain" ? Cela est vrai, mais trompeur. Bien qu'il y ait des indices tendant à montrer que du savon fut fabriqué à partir de corps sur une échelle expérimentale très réduite, la rumeur sur la "production de masse" ne fut pas une réalité, et aucun savon d'origine humaine n'est connu à ce jour. Cependant, il y a un témoignage sous serment, jamais réfuté, d'un prisonnier de guerre anglais et d'un officiel de l'armée allemande stipulant que des expériences sur le savon ont été entreprises, et la recette pour le savon a été capturée par les alliés. Déclarer purement et simplement que les nazis n'ont pas fabriqué de savon à partir de corps humain est incorrect. [N.d.T: nous avons par ailleurs fait le point sur les rumeurs et la réalité du savon humain]
- "Pas d'abat-jour en peau humaine" ? C'est faux! Des abat-jour en peau humaine et autres "ornements" ont été produits comme preuves lors des deux procès de Ilse Koch et ont été produits devant un Comité Sénatorial Américain d'investigation à la fin des années 40. Nous savons qu'ils étaient fabriqués à partir de peau humaine car ils portaient des tatouages et que des analyses médico-légales ont été effectuées sur ces objets. (Cette question est développée ailleurs)
- "Pas de registres" ? Cela est insensé (ce qui peut expliquer pourquoi cet "argument" a été retiré de la version "révisée" du 66 Q&A). Il est vrai que l'extermination par gazage est presque toujours désignée avec un langage codé, et les victimes qui arrivaient aux camps de la mort seulement pour y être immédiatement gazées n'étaient notées dans aucun registre. Mais il y a des lapsus dans l'utilisation du langage codé qui révèlent les véritables significations, déjà décrites. Il y a des inventaires et des demandes pour les crématoires qui dévoilent des éléments étranges dans le cadre d'une utilisation normale, mais tout à fait à leur place dans le cadre des gazages d'extermination de masse. Il y a les registres des trains de déportation qui, examinés dans un cadre global, parlent clairement. Etc. Plusieurs exemples ont été donnés plus haut.
- "Pas de statistiques démographiques crédibles" ? C'est la deuxième incohérence --voir questions 2 et 15. Le comité anglo-américain qui a étudié les sujet a estimé le nombre de victimes juives à 5,7 millions. Ceci reposait sur des statistiques démographiques. Voici la décomposition exacte, pays par pays :
Germany 195 000 Austria 53 000 Czechoslovakia 255 000 Denmark 1 500 France 140 000 Belgium 57 000 Luxemburg 3 000 Norway 1 000 Holland 120 000 Italy 20 000 Jugoslavia 64 000 Greece 64 000 Bulgaria 5 000 Rumania 530 000 Hungary 200 000 Poland 3,271 000 USSR 1 050 000
Less dispersed refugees
(308 000)
Total number of Jews killed
5 721 500(Ces estimations ont été effectuées en utilisant des données démographiques et non en additionnant les nombres de victimes de chaque camp et autres méthodes de meurtre. Ces chiffres sont également disponibles. Par exemple, on dispose de la déclaration d'une cour de justice allemande sur le nombre de victimes de Treblinka. Lorsqu'ils étaient tenus, les registres des SS étaient plutôt minutieux, et beaucoup de documents sont arrivés jusqu'à nous, renforcés par les témoignages oculaires).
Certaines estimations sont plus basses, d'autres plus élevées, mais il s'agit ici d'une question de magnitude. Dans un article du journal des étudiant du CMU, le chef du Département d'Histoire, Peter Stearns, est cité, et déclare que des documents récemment découverts --surtout dans l'ex URSS-- indiquent que le nombre des victimes est plus grand que six millions. D'autres historiens déclarent que le chiffre ne dépasse pas de beaucoup cinq millions. Dans l'Encyclopedia of the Holocaust, la fourchette donnée est de 5 596 000 minimum et 5 860 000 maximum (Gutman, 1990, p. 1799). Cependant, les chiffres les plus communément admis sont ceux que Raul Hilberg donne dans La destruction des Juifs d'Europe, Fayard, 1988, pp. 1045-1046.
- En résumé :
Les "révisionnistes" clament souvent, non sans raison, que la charge de la preuve repose sur les historiens. La preuve, bien sûr, a été un sujet public depuis la fin de 1945 et est disponible dans les bibliothèques du monde entier. La charge de la preuve a été remplie de très, très nombreuses fois, encore et encore. Vous avez juste aperçu une brève présentation de ce corpus de preuves. Beaucoup plus est facilement disponible et accessible.
Prétendre seulement que le Génocide n'a jamais eu lieu est grotesque. Clamer sans honte qu'aucune de ces preuves n'existe est au delà du grotesque et est un exemple clair de la malhonnêteté négationniste.
2.
Quelle preuve existe que six millions de juifs n'ont pas été tués par les nazis ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Des preuves basées sur des études poussées; médico-légales, démographiques, analytiques et comparatives, démontrent l'impossibilité d'un tel chiffre. Le chiffre tellement répété de "six millions" est une exagération irresponsable. »Nizkor répond :
D'abord, dans la réponse à cette question, ils prétendent disposer de "preuves basées sur des études poussées" pour soutenir que quelque chose ne s'est pas produit. Pourtant les négateurs de Génocide prétendent souvent qu'ils n'ont rien à prouver parce que, comme ils le disent, "il est impossible de prouver du négatif." Greg Raven l'a dit au moins deux fois : une fois explicitement, et une fois implicitement.
« Nous notons également qu'ils me demandent de prouver un négatif, ce qui est impossible »Il est possible de prouver un négatif, bien sûr, mais puisqu'aucune de ces "preuves" n'est administrée, il est impossible de répondre définitivement à ces affirmations absurdes. "Preuve médico-légale" se réfère sans doute au frauduleux "Rapport Leuchter" dont une analyse détaillée a été rédigée. [N.d.T.: Version française disponible]
Qu'en est-il des "études démographiques" ? N'affirmaient-ils pas dans la question 1 que "aucune statistique démographique crédible n'existait" ? Encore une contradiction interne.
"Des preuves analytiques et comparatives" ? Cela peut vouloir dire tout et n'importe quoi. Nous invitons quelque "révisionniste" que ce soit à expliquer ce que cela signifie et à présenter des éléments de ces preuves, et nous promettons de les traiter dans ce document s'ils le font.
3.
Simon Wiesenthal n'a-t-il pas un jour déclaré par écrit que : "il n'y avait pas eu de camp d'extermination sur le sol allemand" ?
Les négationnistes de l'IHR répondent (version originale) :
« Oui. Dans le numéro d'avril 1975 de Books and Bookmen, il déclare que le "gazage" des juifs avait lieu en Pologne. »Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :
« Oui. Le célèbre "chasseur de nazis" a l'écrit dans le numéro du 24 janvier 1993 de Stars and Stripes. Il a aussi déclaré que les "gazages" de juifs n'avaient lieu qu'en Pologne. »Nizkor répond :
Dans une lettre de 1975, Wiesenthal déclarait :
« Parce qu'il n'y eut pas de camps d'extermination sur le sol allemand, les néo-nazis utilisent cet argument comme preuve que ces crimes n'ont pas eu lieu [...] »Combien il est ironique de constater que non seulement il était dans le vrai mais que ce sont ces propres paroles qui furent plus tard utilisées de la manière même qu'il dénonce!
Les deux réponses sont correctes à la base : Wiesenthal a effectivement indiqué en 1975 et 1993 qu'il n'y avait pas eu de camp d'extermination dans ce qui est aujourd'hui l'Allemagne. Aussi anodin que le changement puisse paraître, cela peut suggérer au lecteur que de telles affirmations signifient que le Génocide a été beaucoup plus limité qu'on ne l'a dit et que la vérité sort enfin au grand jour. Des déclarations comme celles de Wiesenthal sont en fait la base sur laquelle les négateurs s'appuient pour prétendre que leur pression pousse la vérité à être exprimée par des historiens récalcitrants.
La vérité est que les historiens, et d'autres comme Wiesenthal, ont tenté, de façon répétée au fil des ans, de débarrasser le Génocide de plusieurs mythes. La production massive de savon à partir de graisse humaine en est un bon exemple. [N.d.T: des expériences ont cependant bien eu lieu. Nous avons fait le point sur cette question]
Une autre inexactitude dont ils ont essayé de se débarrasser, est que la majeure partie de l'extermination des juifs a eu lieu à l'intérieur de l'Allemagne elle-même --ou plus exactement au sein du "Altreich", des limites avant-guerre de l'Allemagne. Alors qu'il y a eu effectivement des chambres à gaz et des gazages d'êtres humains dans l'Altreich, c'était sur une bien plus petite échelle que les gazages des camps de la Pologne occupée par les nazis comme Belzec, Sobibor, Treblinka, Kulmhof/Chelmno, Maïdanek/Majdanek, et Auschwitz-Birkenau. A peu près trois millions de personnes, presqu'exclusivement des juifs [mais aussi des tziganes], furent assassinées par gazages dans ces camps. Les gazages dans les camps de l'Altreich on entraîné la mort de "seulement" quelques milliers de personnes, presque certainement une dizaine de milliers. Mis à part des gazages sur petite échelle dans des endroits comme Sachsenhausen, Stutthof, Neuengamme, et Ravensbrück, cela n'a pratiquement concerné que le programme d'"euthanasie", qui a entraîné la mort d'une centaine de milliers de personnes, principalement non juives.
Les nazis avaient au moins deux bonnes raisons de construire les camps de la mort hors de l'Allemagne. D'abord, ils étaient plus facilement dissimulés au regard des allemands. Étant données les conditions chaotiques dues à la guerre, qui régnaient dans les territoires entourant l'Altreich, ils y étaient en général plus facile à dissimuler.
Ensuite, la grande majorité des juifs assassinés était originaire des territoires conquis à l'est et au sud. Pourquoi s'embarrasser du problème de les rapatrier en Allemagne pour les supprimer ? (cf. les statistiques à la fin de la question 1.)
Ce qui n'est pas reconnu par les négateurs, c'est que la déclaration tardive de Wiesenthal ne fait que reprendre exactement ce que disent des historiens respectables depuis 45 ans, en commençant peut-être par L'Institut d'Histoire Contemporaine de Munich en 1950. Cette mémoire sélective revient à rien moins qu'au mensonge par omission et insinuation.
4.
Si Dachau était en Allemagne et si même Simon Wiesenthal déclare que ce n'était pas un camp d'extermination, pourquoi des milliers de vétérans américains déclarent-ils que c'était un camp d'extermination ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Parce que après que les alliés ont capturé Dachau, des milliers de G.Is furent amenés à travers Dachau, on leur montra des bâtiments dont on prétendait que c'étaient des chambres à gaz, et parce que les masse-media ont largement, mais faussement, déclaré que Dachau était un camp de "gazage" »Nizkor répond :
Dans la mesure où des dizaines de milliers de personnes ont été affamées à mort et sporadiquement assassinées dans ce camp, oui, Dachau était un camp de la mort. Le terme "camp d'extermination" ne devrait probablement pas être appliqué à Dachau, car il désigne en général un des grands camps de la Pologne occupée où des gazages de masses ont été effectués (cf. question 3).
Ce qui ne peut pasêtre remis en question, c'est qu'une chambre à gaz a effectivement existé. Les alliés ont mis la main sur une note envoyée par le Dr. Sigmund Rascher de Dachau à Himmler, que voici (cf. Kogon, Langbein, Rückerl, Les chambres à gaz secret d'état, Seuil, Points Histoire, pp. 252-253) :
« Comme vous le savez, on a construit au camp de concentration de Dachau les mêmes installations [les chambres à gaz] qu'à Linz [il s'agit de l'institut d'euthanasie de Hartheim]. Puisque les convois d'invalides finissent d'une manière ou d'une autre dans les chambres qui leur sont destinées, je pose la question suivante : ne serait-il pas possible de vérifier dans ces chambres, sur des personnes qui leur sont d'une manière ou d'une autre destinées, l'efficacité de nos gaz de combat ? Jusqu'ici nous ne disposons que d'essais faits sur des animaux, ou de rapports relatifs à des accidents qui se sont produits lors de la fabrication. A cause de ce paragraphe j'envoie ma lettre sous la mention "Secret." »Un reporter américain a fait un film qui montre la chambre à gaz peu après la capture du camp; on y voit qu'elle était désignée sous l'inscription "Brausebad" ("douches"), malgré le fait qu'elle ne soit pourvue d'aucune installation de douche.
La question de savoir si on peut prouver si la chambre à gaz a été effectivement utilisée n'a pas reçu de réponse définitive. Certains historiens sont persuadées qu'elle ne fut jamais utilisée. D'autres disent que la question demeure ouverte. La réponse se trouve dans deux témoignages : celui d'un officier britannique nommé Payne-Best qui déclare qu'il a entendu parler de gazages par le Dr. Rascher, ainsi que celui effectué sous serment par le Dr. Franz Blaha, sur des gazages expérimentaux . Pour plus d'informations, on se reportera à l'ouvrage de Kogon, Langbein et Rückerl cité plus haut, pp. 252-253, ainsi que le témoignage de Blaha dans Trial of the Major War Criminals, 1947, vol. V, pp. 167-199.
Les négationniste, bien-sûr, présentent uniquement le point de vue de ceux qui soutiennent qu'aucun gazage n'a eu lieu à Dachau [sans rappeler toutefois l'existence effective de la chambre à gaz. (N.d.T)]. Ils s'appuient souvent sur un extrait d'une lettre de 1960 écrite par le directeur de l'Institut für Zeitgeschichte (L'institut d'histoire contemporaine), à Munich (cf. Die Zeit, 19 Août, 1960, p. 16) :
« Pas de Gazage à DachauNi à Dachau, ni à Bergen-Belsen, ni à Buchenwald ne furent gazés de juifs ou d'autres prisonniers. »
La lettre, bien entendu, confirme ensuite que les gazages de masse ont eu lieu dans les plus grands camps. Les négationnistes n'aiment pas mentionner cette partie. Ils n'aiment pas non plus mentionner que, depuis 1960, l'Institut a effectué plus de recherches et est arrivé à de nouvelles conclusions. A présent ils déclarent :
« ...une chambre à gaz a été établie [à Dachau] dans laquelle... quelques gazages expérimentaux furent effectués, ainsi que des recherches plus récentes l'ont confirmé. »Enfin, les "mass media", pour la plupart, citent les faits : Dachau a été utilisé pour des gazages sur une très petite échelle. Que le terme "camp de gazage" fut approprié ou non dépend probablement du contexte. Si l'IHR peut présenter une citation qui démontre qu'un journal ou un magazine a imprimé des faits inexacts, ils sont les bienvenus. Ce ne sera ni la première ni dernière fois que quelque chose d'erroné est imprimé. Si les négateurs de génocide pensent que les erreurs dans les journaux les aident à prouver que la Shoah n'a pas eu lieu, ils se fourvoient manifestement.
5.
Auschwitz était en Pologne, pas en Allemagne. Y a-t-il la moindre preuve que des chambres à gaz dans le but de tuer des êtres humains aient existé à Auschwitz ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Non. Une récompense de $50,000 a été offerte pour une telle preuve, la somme ayant été déposée à l'avance dans une banque, mais personne ne s'est manifesté avec une preuve crédible. Auschwitz, prise par les soviétiques, a été grandement modifié après la guerre et une morgue a été reconstruite de façon a ressembler à une grande "chambre à gaz". C'est aujourd'hui une importante attraction touristique pour le gouvernement communiste polonais. »Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :
« Non. Auschwitz, capturé par les soviétiques, a été modifié après la guerre, et une pièce a été reconstruite de façon à ressembler à une grande "chambre à gaz." Après que l'expert américain numéro 1 en construction et conception de chambre à gaz, Fred Leuchter, l'ait examiné ainsi que d'autres prétendues installations de gazage d'Auschwitz, il déclara que c'était une "absurdité" que de prétendre qu'elles étaient, ou avaient pu être, utilisées pour des exécutions. »Nizkor répond :
En ce qui concerne la récompense de $50 000 : elle a été versée, jusqu'au dernier cent (et en fait ce furent $90 000 qui furent versés), à Mel Melmerstein, un survivant d'Auschwitz qui a fait un procès contre l'IHR. Voici le jugement rendu par le Juge :
« L'Honorable Thomas T. Johnson, le 9 Octobre 1981, a pris la décision de justice suivante :En accord avec la section du code de la preuve 452(h), cette cour prend note du fait que des juifs furent mis à mort par gazage au camp de concentration d'Auschwitz en Pologne, au cours de l'été 1944... »
et aussi
« C'est tout simplement un fait qui répond à la définition de la section 452(h) du code de la preuve. Il n'est raisonnablement pas sujet à discussion. Cela est susceptible d'être démontré de façon exacte et immédiate en se référant à des sources d'une indiscutable exactitude. C'est tout simplement un fait. »L'IHR se plaint de ne pas avoir eu l'opportunité de discuter de ce fait, mais le système judiciaire américain n'est pas destiné à servir de tribune à des gens qui soutiennent des théories extravagantes. Aucune "preuve crédible" n'a été produite parce qu'il n'y en avait pas la nécessité -- une cour de justice n'est pas l'endroit pour remettre en cause le travail des historiens sur le dernier demi-siècle.
D'autre part, une "preuve crédible" a seulement la signification que les négateurs de génocide veulent bien lui donner. Michael Shermer, dans une lettre ouverte, a offert de faire un pari analogue à celui de l'IHR, mais seulement s'ils [l'IHR] définissaient par avance ce qu'ils étaient prêts à accepter comme preuve. Il n'a reçu aucune réponse. (En fait, et jusqu'à la date de la rédaction du présent document, la lettre n'a même pas été publiée.)
Après ce procès, Melmerstein et l'IHR ont chacun porté plainte contre l'autre pour diffamation, mais décidèrent de ne pas aller jusqu'au procès. Les négateurs ont crié à une "victoire éclatante" qui "annulait le résultat du premier procès". Absurde! Les deux procès ne présentaient aucun lien, et le second n'aurait rien eu à voir avec les chambres à gaz d'Auschwitz.
Comme toujours avec les procédures judiciaires, les détails peuvent devenir assez compliqués. De nombreuses précisions, dont des copies des documents officiels, sont disponibles sur les archives FTP.
En ce qui concerne le frauduleux rapport de Fred Leuchter, un FAQ [en français] séparé est disponible. Pour ce qui est du fait que Auschwitz se trouva en Pologne, c'est exact, mais dans une région qui avait été annexée au Reich. Ainsi Auschwitz se trouvait dans la « Grande Allemagne », mais pas dans les limites de l'« Ancien Reich ». D'un point de vue nazi, Auschwitz se trouvait en « Allemagne ».
6.
Si Auschwitz n'était pas un "camp de la mort," quel était son véritable but ?
Les négationnistes de l'IHR répondent (version originale) :
« C'était un complexe industriel de grande envergure. Du caoutchouc synthétique y était fabriqué (Buna), et les détenus étaient employés comme force de production. Le procédé Buna a été utilisé aux U.S pendant la Seconde Guerre Mondiale. »Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :
« C'était un centre d'internement qui faisait partie d'un complexe industriel de grande envergure. Du fuel synthétique y était produit et le détenus étaient employés comme force de production. »Nizkor répond :
Partiellement exact. Auschwitz était un énorme complexe [un ensemble de camps. N.d.T.]; il comprenait des camps ordinaires de prisonniers de guerre (dans lesquels des pilotes britanniques étaient retenus, qui ont témoigné des atrocités commises dans le camp d'extermination tout proche). Auschwitz II, ou Birkenau, était le plus grand des camp et c'est là que les chambres à gaz se trouvaient. Auschwitz III, ou Monowitz, était constituée d'un ensemble industriel.
De nombreux prisonniers étaient en effet utilisés pour des travaux forcés à Auschwitz. Mais les "inaptes" --à savoir les vieux, les enfants et la plupart des femmes-- étaient immédiatement emmenés aux chambres à gaz.
Dans sa version révisée, l'IHR déclare que du "fuel synthétique" y était produit, la mention à Buna ayant disparu. C'est en effet plus exact. A la fin de la guerre, pas un gramme de caoutchouc n'avait été produit au camp de Buna.
C'est cependant une erreur tactique de leur part d'admettre cela, car à la question 40, ils déclarent qu'il était impossible de brûler des corps parce qu'il n'y a avait pas de carburant. Pourtant ils admettent qu'il y avait une usine de fabrication de fuel synthétique à quelques kilomètres de là. Et elle a effectivement produit du carburant, et, à ce titre, était en fait une cible des bombardiers alliés. Encore une contradiction interne.
7.
Qui a construit le premier camp de concentration, quand et où ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« La première utilisation de camp de concentrations dans le monde occidental a eu apparemment lieu en Amérique lors de la Guerre d'Indépendance. Les britanniques ont interné des milliers d'américains, dont beaucoup sont morts de maladie et de mauvais traitement. Andrew Jackson et son frère --qui mourut-- étaient deux. Plus tard les britanniques ont construit des camps de concentration en Afrique du Sud afin d'y garder les femmes et enfants afrikaner lors de leur guerre du conquête du pays (la Guerre des Boers"). Des dizaines de milliers sont morts dans ces trous d'enfer, qui étaient bien pires qu'aucun camp de concentration allemand de la Seconde Guerre Mondiale. »Nizkor répond :
Cela n'a aucun rapport avec le problème du Génocide, sauf pour la dernière phrase qui est une absurdité. Même les négateurs de génocide doivent admettre que des centaines de milliers de prisonniers sont morts dans les camps nazis -- voir leur réponse à la question 36. Encore une contradiction interne.
L'IHR souhaite blanchir les Nazis de leurs crimes en les comparant à d'autres crimes. Nous ne saurions jouer le jeu de ce relativisme moral; nous présentons simplement des faits historiques sur les Nazis, charge au lecteur de se faire son propre avis.
[N.d.T. : le traducteur renvoie cependant le lecteur à l'article suivant : L'expression "camps de concentration" au 20e siècle, Annette Wieviorka, Vingtième Siècle, n° 54, avril-juin 1997, p. 4. Ce numéro de Vingtième Siècle est entièrement constitué d'un dossier sur les camps de concentration au 20e siècle.]
8.
Dans quelle mesure les camps de concentration allemands sont-ils différents des camps de déplacement américains où furent internés des américains d'origine japonaise, allemande et italienne pendant la Seconde Guerre Mondiale ?
Les négationnistes de l'IHR répondent (version originale et révisée) :
« En dehors du nom, la seule différence significative était que les allemands ont interné des gens sur la base des menaces réelles ou soupçonnées qu'ils représentaient pour la sécurité de l'effort de guerre de l'Allemagne, alors que les américains ont internés des personnes sur la seule base de la race. »Nizkor répond :
Non seulement sans rapport avec la question du Génocide, mais aussi mensonger. La phrase "les allemands ont interné des gens sur la base des menaces réelles ou soupçonnées..." pourrait être vraie, si on admet que chaque juif devait être considéré comme une menace pour la sécurité par le simple fait d'être juif.
Par exemple, un rapport d'Himmler à Hitler de 1942 énumère trois catégories de "Bandenverdaechtige" --membres suspects de l'opposition. Sous la catégorie "capturés", il y a 19000. Sous "exécutés", il y a 14000. Et sous "Juifs exécutés", il y a un tiers de million. Une photographie et une transcription de ce document sont disponibles. Incidemment, il s'agit d'un tiers de million exécutés par les Einsatzgruppen en seulement quatre mois à la fin de 1942.
L'affirmation qu'il n'y eut pas de différences notables est bien évidemment un mensonge. Les américains n'ont pas affamé des millions de gens à mort, n'ont pas forcé leurs détenus à travailler dans des conditions brutales, n'ont pas envoyé dans des chambres à gaz ceux qui étaient "inaptes" au travail.
9.
Pourquoi les allemands ont-ils interné les juifs dans des camps de concentration ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Parce que les allemands considéraient que les Juifs étaient une menace directe à leur souveraineté et à leur survie nationale, parce que les Juifs étaient surabondamment représentés au sein de la subversion communiste. Cependant, toutes les personnes suspectes de représenter un risque pour la sécurité -- pas seulement les juifs -- étaient susceptibles d'être internées. »La version Samisdat dit :
« Parce que les allemands considéraient que les Juifs étaient une menace directe à leur souveraineté et à leur survie nationale. Les Juifs étaient extrêmement représentés en Allemagne dans la subversion communiste. Proportionnellement au nombre d'habitants, les Juifs étaient surabondamment représentés dans les postes et professions clés au gouvernement et dans le commerce. Cependant, toutes les personnes suspectes de représenter un risque pour la sécurité -- pas seulement les juifs -- étaient susceptibles d'être internées. »Nizkor répond :
Alors tous les juifs étaient soit des communistes, soit des dangers pour la sécurité nationale ? Et tous les juifs des autres pays, comme ceux de la Pologne ? Et les homosexuels ? Et les tziganes ? C'est de la propagande nazie de la pire espèce, ressuscitée. L'affirmation comme quoi les juifs seraient "surabondamment représentés" au sein de la "subversion communiste" ainsi que dans les "mauvaises professions" résonne en parfait écho de la propagande antisémite nazie.
Le fait est que les nazis ont utilisé une telle propagande afin de justifier l'assassinat de tous les juifs trouvés derrière le front de l'Est à mesure que celui-ci avançait, ainsi que dans chacun des pays conquis : c'est à dire des millions d'hommes, de femmes et d'enfants.
Les négateurs de génocide, en fait, admettent que des centaines de milliers de juifs, incluant femmes et enfants, ont été assassinés par fusillades dans les territoires de l'Est. (Voir la prochaine question). Les nazis ont prétendu que cela était justifié à cause des conditions des temps de guerre. De voir les mêmes justifications refaire surface, cinquante ans plus tard, est, à notre avis, tout simplement horrifiant.
10.
Quelles mesures extensives la Juiverie mondiale a-t-elle prises contre l'Allemagne dès 1933 ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Un boycott international des biens allemands »La version Samisdat dit :
« Le 24 mars 1933, la Juiverie mondiale a déclaré la guerre à l'Allemagne et ordonné un boycott mondial des biens allemands simplement parce que le gouvernement allemand avait retiré les Juifs des positions d'influence et transféré de nouveau le pouvoir aux Allemands. L'ordre de boycott et la "guerre" contre l'Allemagne a été rapportée dans les médias du monde entier et annoncés partout. De fausses histoires sur des "camps de la mort" allemands circulaient avant la deuxième guerre mondiale. Les Allemands, en retour, avaient tout à fait le droit d'enfermer les juifs, comme prisonniers de guerre, à quelque moment que ce soit et où qu'ils soient entre 1933 et 1945! »Nizkor répond :
Ce boycott est en fait le même événement que celui évoqué à la question suivante mais désigné comme "déclaration de guerre à l'Allemagne".
Pourquoi l'IHR a-t-il décrit la même action deux fois avec des mots différents ? Il y a là quelque chose de louche.
Le boycott des biens allemands a été effectué comme réponse à des atrocités nazies variées, incluant le boycott planifié des biens et des services juifs.
Mais l'IHR a bien confortablement oublié de mentionner cela.
Remarquons l'antisémitisme criant de la version Samisdat (Ernst Zündel). Écartons les chambres à gaz et l'effort d'extermination. Écartons les six millions de morts. Demandez-vous juste si les nazis avaient "tous les droits" d'envoyer des enfants juifs dans des camps où ils étaient sous-alimentés, sans aucun système sanitaire, avec des épidémies rampantes de typhus, où ils mouraient comme des mouches ? Est-ce que ces bébés juifs étaient des "prisonniers de guerre" ?
Même les "révisionnistes" doivent admettre que ce massacre est arrivé. Le négationniste David Irving décrit un discours d'Himmler de 1944 (Skeptic magazine, Vol. 2, No. 4, p. 50) :
« "Si les gens me demandent", déclare Himmler, "pourquoi deviez-vous tuer également les enfants, alors je ne peux que répondre que je ne suis pas un lâche qui laisse faire à mes enfants ce que je peux faire moi-même." ... Je suis d'accord, Himmler a dit cela. Il a en fait dit "Nous nous débarrassons des juifs. Nous les assassinons. Nous les tuons." ... Il est en train de parler de la résolution du problème juif, de devoir tuer aussi les femmes et les enfants. »Est-ce qu'une article dans un journal de 1933 donnait aux nazis "tous les droits" de faire cela ?
(Irving soutient dans cette interview que dans la mesure où Himmler n'a pas mentionné le nombre exact des juifs tués, cela ne pouvait constituer une preuve du génocide!)
11.
Les juifs du monde entier ont-ils "déclaré la guerre à l'Allemagne" ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Oui. Les médias du monde entier en ont fait leurs titres, "Les Juifs déclarent la guerre à l'Allemagne." »Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :
« Oui les journaux tout autour du monde l'ont rapporté. Un titre de première page du London Daily Express (24 mars 1933), par exemple, annonçait "Les Juifs déclarent la guerre à l'Allemagne." »Nizkor répond :
"Les médias du monde entier" ? Les "journaux tout autour du monde" ? Un journal britannique est cité, et qui parlait en fait d'un projet de boycott économique.
On dispose de l'article en question. Les paragraphes qui font suite au titre sont les suivants :
« Une étrange et malencontreuse conséquence émerge des histoires de harcèlements allemands contre les juifs.Israël dans son intégralité à travers le monde s'unit afin de déclarer une guerre économique et financière à l'Allemagne.
Jusqu'ici le cri entendu était "L'Allemagne persécute les juifs". Si les plans actuels deviennent réalité, les hitlériens s'écrieront : "Les juifs persécutent l'Allemagne. »
Le fait que le "cri hitlérien" ait été repris quatre décennies plus tard par les négateurs de génocide ne devrait surprendre personne. (Voir la question 62 sur les divers points de vue des négationnistes sur Hitler)
En somme, cette question et sa réponse sont une minable supercherie destinée à faire croire que les "Juifs du monde entier" ont commencé la guerre contre l'Allemagne, et non pas l'inverse. Le mot "guerre" signifie bien des choses. Dans ce cas cela signifiait la planification de mesures de pression économique.
Mais l'IHR et Zündel veulent que vous pensiez que cela était une véritable déclaration de guerre. De combien de divisions et de troupes disposaient les juifs ? Combien de tanks ? Combien d'avions ? Combien de pièces d'artillerie ?
Le fait est que l'Allemagne a commencé la véritable guerre, la Seconde Guerre Mondiale, qu'elle l'a débutée en envahissant la Pologne avec des avions, des bombes, des tanks et des millions d'hommes de troupe. Comparer cela à un projet de boycott économique est grotesque, mais typique des escroqueries "révisionnistes".
D'autre part, il y a une contradiction interne. Leur réponse à la question 54 stipule que "Les allemands ont maintenu desrapports cordiaux avec les leaders sionistes." La guerre n'est pas une "relation cordiale". Il faudrait qu'ils mettent leur version d'aplomb.
12.
Était-ce avant ou après que les rumeurs sur les "camps de la mort" aient commencé ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Presque six ans AVANT. Les juifs ont déclaré la guerre à l'Allemagne en 1933. »Nizkor répond :
Une "guerre" économique, ainsi qu'explicité dans la réponse à la question 11.
Voici une contradiction interne : dans la réponse à la question 10, la version Samisdat soutient que les "fausses histoires de camps de la mort" "circulaient" dès 1933.
En voici une autre : dans la réponse à la question 54, l'IHR déclare que "les Allemands ont maintenu des rapports cordiaux avec les leaders sionistes." La guerre n'est pas une "relation cordiale".
Voici quelques déclarations et actions des chefs nazis, des années avant que la tuerie ne commence en 1939 :
1919 : Hitler écrit dans une lettre :
«... Tout ce qui pousse les gens à se battre pour de grandes choses, que ce soit la religion, le socialisme, ou la démocratie, sert principalement au Juif comme moyen de satisfaire son avidité et sa soif de pouvoir...L'antisémitisme rationnel, au contraire [de l'antisémitisme émotionnel], doit conduire à une lutte planifiée et légale et à l'élimination des privilèges que les juifs possèdent chez nous à différence des autres résidents étrangers. Mais son but ultime doit être inébranlablement l'élimination pure et simple des juifs. »
1924 : Hitler écrit Mein Kampf lors de son séjour en prison et y regrette que l'Allemagne n'ait pas gazé quelques juifs influents pendant la Première Guerre mondiale.
1932 : Hermann Goering, s'exprimant au nom du parti nazi (pas encore au pouvoir) déclare dans une interview à un journaliste italien que les Nazis doivent se défendre contre les juifs en interdisant les mariages mixtes, en expulsant d'Allemagne les juifs d'origine d'Europe de l'Est, en chassant tous les juifs allemands de tous les métiers, positions honorifiques ou de pouvoir depuis lesquelles les Nazis jugent qu'ils [les juifs] pourraient exercer leur "influence destructive, antinationale ou internationale."
Dans le même document où les Nazis réimprimèrent cette interview ils déclarèrent qu'ils mettraient le feu aux synagogues, enfermeraient la meurtrière bande juive dans des Ghettos et des prisons, et qu'ils les pendraient aux arbres. (13 juillet 1932, Stellung der NSDAP [NSDAP = le parti nazi])
1932, l'été : la faction nazie au parlement de Prusse (à Weimar) demande le renvoi des acteurs et artistes d'origines non allemandes, un bannissement des pratiques juives de mise à mort rituelle des animaux pour la nourriture; et l'expropriation des biens appartenant aux juifs d'Europe de l'Est résidant en Allemagne.
1932, le 31 juillet : Goebbels écrit un article dans le journal Der Angriff, dans lequel il appelle à un pogrom contre les juifs.
1933, le 30 janvier : Aldolf Hitler est nommé Chancelier d'Allemagne.
1933, mars : Les opposants aux nazis sont arrêtés et emprisonnés dans les premiers camps de concentration.
1933, le 13 mars : Hitler établi le ministère de l'information et de la propagande sous la direction de Goebbels.
1933, le 23 mars : Hitler signe "La Loi pour la Suppression de la Misère du Peuple et du Reich", qui donne autorité à Hitler d'abolir tous les parlements régionaux d'Allemagne.
1933, le 31 mars : Hans Kerrl, Commissaire du Ministère de la Justice en Prusse et Hans Frank, Commissaire du Ministère de la Justice de Bavière, annoncent que tous les juges et procureurs juifs doivent démissionner immédiatement et que les avocats et notaires juifs n'auraient plus l'autorisation d'exercer [dans leur province; cette même mesure s'est rapidement étendue aux autres provinces].
Les "66 Questions et Réponses", ainsi que la plus grande part de la propagande négationniste cherche toujours à présenter les choses sous un jour simplificateur et réducteur. Les négationnistes montent en épingle un fait curieux, hors contexte, en espérant convaincre le lecteur qu'il n'est pas nécessaire d'en savoir d'avantage. Mais après que le contexte a été rétabli, le fait curieux ne se révèle pas plus curieux que la plupart des événements survenus à cette époque.
Il ne s'agit ici que de quelques actions et déclarations anti-juives publiques, advenues _avant_ le boycott juif de 1933. Les actions et les écrits deviendront de plus en plus explicites et violents à mesure que le temps s'écoulera. Hitler s'est fait de plus en plus explicite, jusqu'à sa déclaration publique du 30 janvier 1939 :
« Aujourd'hui je vais de nouveau être un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d'Europe parvenait à jeter une fois de plus les peuples du monde dans une guerre mondiale, le résultat ne sera pas la bolchevisation de la terre et donc la victoire du judaïsme, mais l'extermination de la race juive en Europe. »Il répéta cette déclaration encore à deux reprises au moins, publiquement, pendant la guerre, et ne fut pas le seul à le faire.
13.
Quelle nation est responsable des premiers bombardements massifs sur des civils ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« La Grande-Bretagne -- le 11 mai 1940 »Nizkor répond :
La ville de Guernica en Espagne a été bombardée par la Luftwaffe allemande en 1937 lors de la guerre civile espagnole.
Mais qu'est-ce que cela a à voir avec le génocide ?
Il est vrai que les Alliés ont massivement bombardé la population civile -- ainsi que les Allemands. Est-ce que le fait que des atrocités aient été commises contre les Allemands signifie qu'ils n'en ont eux-mêmes pas commis ? Voilà une logique surprenante.
Les dernières questions ne l'ont peut-être que suggéré, mais ce que l'IHR évoque ouvertement lui-même ailleurs, c'est que l'emprisonnement des juifs européens était justifié. Il n'est que de voir leur site web, sur lequel on trouve une page intitulée "The Encampment of the Jews : Might It Have Been Justified ?" [La mise en camps des juifs : cela pouvait-il être justifié ?"]
14.
Combien de chambres à gaz d'extermination y avait il à Auschwitz ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Aucune »Nizkor répond :
Faux, comme à l'habitude; aucune preuve n'est fournie, comme à l'habitude.
Il y avait cinq "Kremas", chacun incluant entre autres choses, une chambre à gaz d'extermination et des fourneaux de crémation pour les victimes. Le premier a été détourné de son utilisation d'origine. Les quatre autres ont été étudiés pour être des chambres à gaz dès le départ.
(Pour être tout à fait exhaustif il faut citer le cas d'un chercheur amateur respecté et talentueux du nom de Pressac, qui croit que les deux plus grands Krémas ont été initialement mis au point comme morgues, puis convertis en chambres à gaz tout de suite après leur construction. Il fait partie d'une minorité dans cette opinion.)
Deux autres installations d'extermination ont été appelées "Bunker I" ou "la petite maison rouge" et "Bunker II" ou "la petite maison blanche".
Également dans un souci d'exhaustivité, il faut rappeler que le premier gazage a eu lieu dans le sous-sol du Block 11, et qu'on envisagea également la construction d'un sixième Kréma qui ne dépassa jamais les premiers stades du projet.
On recommandera la lecture de l'ouvrage suivant : Anatomy of the Auschwitz Death Camp, Gutman et al., pp. 157-245.
15.
Combien de juifs y avait-il dans les régions contrôlées par les allemands avant la Guerre ?
Les négationnistes de l'IHR répondent (version originale) :
« Moins de quatre millions. »Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :
« Moins de six millions. »Nizkor répond :
N'ont-il pas affirmé dès la question 1 « pas de statistiques démographiques crédibles » ?
Il y avait à peu près trois millions de juifs en Pologne, un million en Hongrie, plus d'un million dans les zones de la Russie occupées par les nazis, et beaucoup, beaucoup plus dans toute l'Europe. Selon les propres chiffres des nazis, donnés lors de la conférence de Wannsee, il y avait onze millions de juifs dans l'Europe de 1942. Voir la réponse à la question 1.
Il faut également noter que si de véritables historiens avaient changé leurs estimations du nombre de victimes du génocide de quatre millions à six millions, ou vice versa, les "révisionnistes" en feraient des gorges chaudes, comme chaque fois que des chiffres divergents sont donnés, et le tiendraient pour preuve que les historiens changent l'histoire et n'ont aucun chiffre véritable pour soutenir ce qu'ils disent. Mais lorsque les "révisionnistes" changent leurs propres chiffres, ils n'en font pas tout un plat, semble-t-il.
16.
Si les juifs d'Europe n'ont pas été exterminés par les nazis, que sont ils devenus ?
Les négationnistes de l'IHR répondent :
« Après la guerre, les juifs d'Europe étaient encore en Europe, sauf peut-être 300 000 d'entre eux qui sont morts pour des causes diverses pendant la guerre, et ceux qui ont émigré en Israël, aux États-Unis, en Argentine, au Canada, etc. La plupart des juifs qui ont quitté l'Europe l'ont fait après la guerre et non pendant. Ils so