66 Questions et réponses négationnistes réfutées


Avant propos à la version française

Traduction et adaptation de "QAR Complete". Dans les pays anglo-saxons, les négationnistes propagent depuis de nombreuses années un pamphlet intitulé "66 questions et réponses à propos de l'holocauste". Ce pamphlet, dont, à la connaissance du traducteur, il n'existe pas de version française, reprend la plupart des "arguments" des négationnistes. Ils apparaissent cependant périodiquement dans le discour des négationnistes francophones et sur l'Internet. Des canadiens et des américains ont entrepris d'examiner ces "arguments" et d'y répondre, de les réfuter; c'est à dire de montrer en quoi ces arguments relèvent du mensonge et de la falsification. Ce sont ces réponses qui constituent le présent document. Il faut insister sur le fait qu'elles ne sont ni définitives ni exhaustives, que sur de nombreux points des réponses encore plus complètes ont été rédigées depuis la première apparition de ce document, réponses que l'on pourra trouver sur le site web de Nizkor, http://www.nizkor.org/, réponses que l'on trouvera également soi-même dans tous les livres d'histoire, de chimie et de physique.

Tous les extraits et citations d'ouvrages ont été traduits, sauf lorsque le traducteur disposait, en français, d'une version de l'ouvrage cité, ou d'un ouvrage équivalent. Par défaut, la langue originale des sources est l'anglais. Ce document fait partie d'une série appartenant au projet 'Nizkor' dont le but est de mettre à disposition du public, sur l'Internet, un certain nombre de points d'entrée concernant l'histoire de la Shoah. http://www.nizkor.org/

Version html : http://www.nizkor.org/features/qar/
http://www.nizkor.org/qar-complete.cgi

(En europe) : http://www1.de.nizkor.org/nizkor/features/qar/
http://www1.de.nizkor.org/nizkor/qar-complete.cgi

Cette traduction-adaptation a été effectuée par Gilles Karmasyn. Les auteurs du document original, Daniel Keren et Ken McVay, ne sont donc aucunement responsables de son contenu actuel.

Aucune exploitation commerciale du texte original ou de sa traduction n'est autorisée. Les citations doivent faire apparaître les copyrights de Daniel Keren et Ken McVay pour toutes les versions, et de Gilles Karmasyn pour la traduction.


QAR Complet

Une Réponse aux "66 Q&A" de l'IHR/Zündel


Le pamphlet

L'Institute for Historical Review, ou IHR, publie de nombreux feuillets élaborés dans le but de tromper les gens sur le Génocide. Un des plus utilisés est un pamphlet intitulé "66 Questions et Réponses à propos de l'Holocauste", ou dans son abréviation anglaise "66 Q&A" (66 Questions and Answers).

Ce pamphlet rassemble clairement de nombreux arguments parmi les plus communs utilisés par les négationnistes. La réfutation de ces 66 affirmations frappe directement au coeur de la négation de la Shoah.

Les lecteurs du forum de discussion de Usenet alt.revisionism [N.d.T.: mais aussi ceux du forum fr.soc.politique où sévissent quelques négationnistes] remarqueront des affirmations et des arguments ci-dessous qui leur paraîtront familiers. Cela est dû au fait qu'ils ont été, et leurs multiples déclinaisons, présentés et discutés sur Usenet à de nombreuses occasions auparavant. Ces pages contiennent cependant des réponses plus approfondies que celles qui ont pu être données sur les forums de discussion. Les pointeurs vers des liens apportant d'autres informations mettent à profit la technologie de l'Internet. [N.d.T.: cette traduction ne comporte pas tous les liens hypertextes inclus dans la version originale. On se reportera donc à cette dernière si l'on souhaite suivre ces liens]

Le pamphlet lui-même a été mis sur la Toile Internet (WWW) par au moins deux négationnistes distincts : Greg Raven, qui dirige l'IHR, et Ernst Zündel, décrit par le Canada's Security Intelligence Review Committee comme un "négationniste et un éditeur prolifique de littérature d'incitation à la haine.", mais aussi sponsor et organisateur de la Conférence néo-nazie 1991 en Allemagne. L'IHR comme les maisons d'édition de Zündel distribuent le Q&A sous forme imprimée.

Ce qui suit est une réfutation point par point de ces demi-vérités et mensonges. Le texte complet du pamphlet original est inclus, avec les questions de l'IHR et ses réponses reproduites inchangées, mais dans le cas où vous souhaiteriez voir la chose par vous-même, vous pouvez accéder à l'exemplaire de Greg Raven sur son site Web, où à celui d'Ernst Zündel sur le sien.

Il faut noter que la formulation des questions et "réponses" peut différer légèrement de ce que nous présentons ici. Le pamphlet a subi en effet des transformations au fil des ans et il apparaît que le site web de Raven, comme celui de Zündel, présente ce que nous appellerons une version "révisée", par rapport à l' "originale".

La maison d'édition de Zündel, Samisdat, a distribué une version antérieure jusqu'en Novembre 1995, version à laquelle nous nous référerons parfois, faute d'une meilleure appellation, comme la version "Samisdat". Nous ne sommes actuellement en possession que de la première page de cette version, qui saute un certain nombre de questions, aussi ignorons nous ce qui en est effectivement absent. Nous ne sommes pas non plus sûrs de la date à laquelle elle a été rédigée, mais il y est fait mention (à la question 22) d'une Allemagne réunifiée, ce qui la place dans les années 1990. Des mises à jour auront lieu si nous en apprenons plus.

Dans tous les cas, les différentes révisions de l'opuscule en ont rarement diminué les falsifications. Cela n'est pas surprenant, dans la mesure où son objectif n'est pas d'éduquer mais de tromper. Lorsqu'il y a des remarques dignes d'intérêt, nous le signalerons.

Si ce document vous paraît long, songez que vous avez de la chance : il y a quelques années, l'IHR publiait un opuscule de cent vingt questions et réponses, aussi nous contentons nous d'analyser la version "bridée". Rappelez vous en lisant qu'il y a eu 54 autres Questions et Réponses qui ont dû être éliminées de la version finale, aux propres yeux des négationnistes!

Enfin, pour un autre bon antidote aux opuscules négationnistes, nous vous suggérons deux documents établis par le centre Simon Wiesenthal sur leur site Web : leurs "Responses to Revisionist Arguments," et leur "36 Q&A" (qui sont sans rapport avec l'opuscule dont nous traitons ici).

[...]

Les Questions & Réponses de l'IHR et les réponses de Nizkor

Si vous voulez avoir accès à la version originale de ce texte vous pouvez y accéder à l'url : http://www.nizkor.org/features/qar/. On y trouvera également ce texte au format RTF et Word 6 pour Windows. Une version française avec une page par question est également disponible.

    Généralités :

  1. Quelles preuves existent que les nazis ont commis un génocide ou délibérément tué six millions de juifs ?
  2. Notez que la réponse est relativement longue, et sert de rapide introduction sur le négationnisme lui-même. Les autres réponses sont plus précises.

  3. Quelle preuve existe que six millions de juifs n'ont pas été tués par les Nazis ?
  4. Simon Wiesenthal n'a-t-il pas écrit un jour que : "il n'y avait pas eu de camps d'extermination sur le sol allemand" ?
  5. Si Dachau était en Allemagne et que même Simon Wiesenthal déclare qu'il n'y avait pas de camps d'extermination en Allemagne, pourquoi des milliers de vétérans aux États Unis déclarent que c'était un camp d'extermination ?
  6. Auschwitz était en Pologne, pas en Allemagne. Y a-t-il la moindre preuve que des chambres à gaz dans le but de tuer des êtres humains aient existé à Auschwitz ?
  7. Si Auschwitz n'était pas un "camp de la mort," quel était son véritable but ?

  8. La Banalisation de la Shoah; La Culpabilité des Juifs

  9. Qui a construit le premier camp de concentration, quand et où ?
  10. Dans quelle mesure les camps de concentration allemands sont-ils différents des camps de déplacement américains où furent internés des américains d'origine japonaise, allemande et italienne pendant la Seconde Guerre Mondiale ?
  11. Pourquoi les allemands ont-ils interné les juifs dans des camps de concentration ?
  12. Quelles mesures extensives la Juiverie mondiale a-t-elle prises contre l'Allemagne dès 1933 ?
  13. Les juifs du monde entier ont-ils "déclaré la guerre à l'Allemagne" ?
  14. Était-ce avant ou après que les rumeurs sur les "camps de la mort" aient commencé ?
  15. Quelle nation est responsable des premiers bombardements massifs sur des civils ?

  16. Le destin des juifs

  17. Combien de chambres à gaz d'extermination y avait-il à Auschwitz ?
  18. Combien de juifs y avait-il dans les régions contrôlées par les allemands avant la Guerre ?
  19. Si les juifs d'Europe n'ont pas été exterminés par les nazis, que sont ils devenus ?
  20. Combien de juifs ont fui, loin en Union Soviétique ?
  21. Combien de juifs ont émigré avant la guerre, devenant ainsi hors d'atteinte de l'Allemagne ?
  22. Si Auschwitz n'était pas un camp d'extermination, pourquoi son commandant, Rudolf Höss, a-t-il avoué qu'il l'était ?
  23. Y a-t-il une preuve que la politique des américains, des britanniques, des français et des soviétiques était de torturer les prisonniers allemands dans le but de leur extorquer des confessions avant les procès de Nuremberg et d'ailleurs ?

  24. Les Conspirations

  25. Comment l'histoire de l'"holocauste" profite aux juifs, aujourd'hui ?
  26. Comment profite-t-elle à Israël ?
  27. Comment profite-t-elle à beaucoup de membres du clergé catholique ?
  28. Comment profite-t-elle aux communistes ?
  29. Comment profite-t-elle à la Grande Bretagne ?
  30. Y a-t-il une preuve qu'Hitler ait été au courant d'une extermination de masse des juifs ?

  31. Le Zyklon B

  32. Quel genre de gaz était utilisé par les nazis dans les camps de concentration ?
  33. Pour quelle utilisation le gaz était-il, et est produit ?
  34. Pourquoi ont-ils utilisé ce gaz plutôt qu'un autre gaz plus adéquat pour une extermination de masse ?
  35. Combien de temps cela prenait-il de ventiler entièrement une zone fumigée au Zyklon B ?
  36. Le commandant d'Auschwitz, Rudolf Höss, a déclaré que ses hommes pénétraient dans la chambre à gaz dix minutes après que les juifs soient morts, et les en extrayaient. Comment l'expliquez vous ?
  37. Höss a dit dans sa confession que ses hommes fumaient des cigarettes pendant qu'ils tiraient les juifs morts des chambres à gaz, dix minutes après le gazage. Le Zyklon B n'est-il pas explosif ?

  38. Généralités

  39. Quelle était la procédure exacte que les nazis utilisaient prétendument pour exterminer les juifs ?
  40. Comment un programme d'une telle importance a-t-il pu être caché à des juifs destinés à l'extermination ?
  41. Si les juifs destinés à être exécutés connaissaient le sort qui leur était réservé, pourquoi sont-ils allés vers leur mort sans se battre et sans protester ?
  42. A peu près combien de juifs sont morts dans les camps de concentration ?
  43. Comment sont-ils morts ?
  44. Qu'est-ce que le typhus ?
  45. Quelle est la différence si six millions ou 300.000 juifs sont morts pendant cette terrible période ?

  46. La crémation

  47. De nombreux survivants juifs des "camps de la mort" disent avoir vu des corps empilés dans des fosses et brûlés. Quelle quantité d'essence aurait été nécessaire afin de réaliser une telle chose ?
  48. Des corps peuvent-ils brûler dans des fosses ?
  49. Les auteurs "pro-holocauste" prétendent que les nazis étaient capables de brûler des corps en dix minutes. Combien de temps cela prend-il pour incinérer un corps d'après les opérateurs professionnels de fours crématoires ?
  50. Pourquoi les camps de concentration utilisaient-ils des fours crématoires ?
  51. Étant donné une utilisation à 100% du temps des tous les crématoires de tous les camps des régions contrôlées par l'Allemagne, quel est le nombre maximum de corps qu'il aurait été possible d'incinérer pendant toute la période où de tels crématorium étaient utilisés ?
  52. Un crématoire peut-il être utilisé 100% du temps ?
  53. Quelle est la quantité de cendre laissée par un corps incinéré ?
  54. Si six millions de personnes ont été incinérées par les nazis, qu'est-il advenu des cendres ?
  55. Est-ce que les photos d'Auschwitz prises pendant la guerre (durant la période pendant laquelle les "chambres à gaz" et les crématoires étaient supposés pleinement opérationnels) révèlent des chambres à gaz ?

  56. La banalisation des lois anti-juives

  57. Quelles étaient les principales dispositions prises par les "Lois de Nuremberg" de 1935 ?
  58. Y a-t-il des précédents américains aux Lois de Nuremberg ?
  59. Qu'est-ce que la Croix Rouge Internationale a signalé concernant la question de l'"Holocauste" ?
  60. Quel était le rôle du Vatican pendant la période où six millions de juifs ont été prétendument exterminés ?

  61. Généralités

  62. Quelle preuve y a-t-il qu' Hitler était au courant de l'extermination des juifs en cours ?
  63. Est-ce que les Nazis et les Sionistes ont collaboré ?
  64. Qu'est-ce qui a causé la mort d'Anne Frank juste quelques jours avant la fin de la guerre ?
  65. Est-ce que le Journal d'Anne Frank est authentique ?
  66. Qu'en est-il des nombreuses photographies et prises de vues réalisées dans les camps de concentration allemands, montrant des piles de cadavres émaciés ? Sont-elles truquées ?
  67. Qui est à l'origine du terme "génocide" ?
  68. Est-ce que des films comme "Holocaust" et "The Winds of War" sont des films documentaires ?

  69. Sur le Négationnisme

  70. A peu près combien de livres ont été publiés, qui réfutent certains aspects des affirmations traditionnelles sur l' "Holocauste" ?
  71. Que s'est-il passé lorsqu'un institut historique a proposé $50 000 à quiconque serait capable de prouver que des juifs ont été gazés à Auschwitz ?
  72. Qu'en est il de l'affirmation comme quoi ceux qui remettent en cause l' "Holocauste" sont des antisémites et des néo-nazis ?
  73. Qu'est-il arrivé aux historiens qui ont remis en cause les données sur l' "Holocauste" ?
  74. Est-ce que l'Institute for Historical Review a subi des mesures de rétorsion à ses efforts de défense de la liberté d'expression et de la liberté universitaire ?
  75. Pourquoi y a-t-il si peu d'attention portée sur votre point de vue ?
  76. Où puis-je me procurer plus d'informations sur cet "autre coté" de l'histoire de l' " Holocauste" ainsi que des faits concernant d'autres aspects du Révisionnisme Historique de la Seconde Guerre Mondiale ?


1. 

Quelles preuves existent que les nazis ont commis un génocide ou délibérément tué six millions de juifs ?

Les négationnistes de l'IHR répondent (versions originale, Samisdat et révisées confondues) :

« Aucune. La seule preuve consiste dans les témoignages après-guerre d'individus "survivants". Ces témoignages sont contradictoires, et aucun "survivant" n'affirme avoir effectivement assisté à un gazage. Il n'y a aucun document contemporain et aucune preuve formelle de toute façon : pas de colline de cendre, pas de four crématoire capable d'incinérer des millions de corps, ni piles de vêtements, ni savon humain, ni abat-jour fabriqués avec de la peau humaine, ni enregistrements, ni statistiques démographiques crédibles. »

La réponse de Nizkor :

Une masse, pour ne pas dire un ramassis, de mensonges. Mensonges après mensonges, sans le moindre début de preuve.

C'est un aussi bon endroit qu'un autre pour présenter quelques données détaillées, qui sont ignorées avec persévérance par les négationnistes, comme introduction à la négation de la Shoah. Cela rend cette réponse beaucoup plus longue que les soixante-cinq autres, mais le lecteur comprendra sans doute la nécessité qui fait, ici, loi.

Examinons leurs affirmations une par une :


2. 

Quelle preuve existe que six millions de juifs n'ont pas été tués par les nazis ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« Des preuves basées sur des études poussées; médico-légales, démographiques, analytiques et comparatives, démontrent l'impossibilité d'un tel chiffre. Le chiffre tellement répété de "six millions" est une exagération irresponsable. »

Nizkor répond :

D'abord, dans la réponse à cette question, ils prétendent disposer de "preuves basées sur des études poussées" pour soutenir que quelque chose ne s'est pas produit. Pourtant les négateurs de Génocide prétendent souvent qu'ils n'ont rien à prouver parce que, comme ils le disent, "il est impossible de prouver du négatif." Greg Raven l'a dit au moins deux fois : une fois explicitement, et une fois implicitement.

« Nous notons également qu'ils me demandent de prouver un négatif, ce qui est impossible »

Il est possible de prouver un négatif, bien sûr, mais puisqu'aucune de ces "preuves" n'est administrée, il est impossible de répondre définitivement à ces affirmations absurdes. "Preuve médico-légale" se réfère sans doute au frauduleux "Rapport Leuchter" dont une analyse détaillée a été rédigée. [N.d.T.: Version française disponible]

Qu'en est-il des "études démographiques" ? N'affirmaient-ils pas dans la question 1 que "aucune statistique démographique crédible n'existait" ? Encore une contradiction interne.

"Des preuves analytiques et comparatives" ? Cela peut vouloir dire tout et n'importe quoi. Nous invitons quelque "révisionniste" que ce soit à expliquer ce que cela signifie et à présenter des éléments de ces preuves, et nous promettons de les traiter dans ce document s'ils le font.


3. 

Simon Wiesenthal n'a-t-il pas un jour déclaré par écrit que : "il n'y avait pas eu de camp d'extermination sur le sol allemand" ?

Les négationnistes de l'IHR répondent (version originale) :

« Oui. Dans le numéro d'avril 1975 de Books and Bookmen, il déclare que le "gazage" des juifs avait lieu en Pologne. »

Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :

« Oui. Le célèbre "chasseur de nazis" a l'écrit dans le numéro du 24 janvier 1993 de Stars and Stripes. Il a aussi déclaré que les "gazages" de juifs n'avaient lieu qu'en Pologne. »

Nizkor répond :

Dans une lettre de 1975, Wiesenthal déclarait :

« Parce qu'il n'y eut pas de camps d'extermination sur le sol allemand, les néo-nazis utilisent cet argument comme preuve que ces crimes n'ont pas eu lieu [...] »

Combien il est ironique de constater que non seulement il était dans le vrai mais que ce sont ces propres paroles qui furent plus tard utilisées de la manière même qu'il dénonce!

Les deux réponses sont correctes à la base : Wiesenthal a effectivement indiqué en 1975 et 1993 qu'il n'y avait pas eu de camp d'extermination dans ce qui est aujourd'hui l'Allemagne. Aussi anodin que le changement puisse paraître, cela peut suggérer au lecteur que de telles affirmations signifient que le Génocide a été beaucoup plus limité qu'on ne l'a dit et que la vérité sort enfin au grand jour. Des déclarations comme celles de Wiesenthal sont en fait la base sur laquelle les négateurs s'appuient pour prétendre que leur pression pousse la vérité à être exprimée par des historiens récalcitrants.

La vérité est que les historiens, et d'autres comme Wiesenthal, ont tenté, de façon répétée au fil des ans, de débarrasser le Génocide de plusieurs mythes. La production massive de savon à partir de graisse humaine en est un bon exemple. [N.d.T: des expériences ont cependant bien eu lieu. Nous avons fait le point sur cette question]

Une autre inexactitude dont ils ont essayé de se débarrasser, est que la majeure partie de l'extermination des juifs a eu lieu à l'intérieur de l'Allemagne elle-même --ou plus exactement au sein du "Altreich", des limites avant-guerre de l'Allemagne. Alors qu'il y a eu effectivement des chambres à gaz et des gazages d'êtres humains dans l'Altreich, c'était sur une bien plus petite échelle que les gazages des camps de la Pologne occupée par les nazis comme Belzec, Sobibor, Treblinka, Kulmhof/Chelmno, Maïdanek/Majdanek, et Auschwitz-Birkenau. A peu près trois millions de personnes, presqu'exclusivement des juifs [mais aussi des tziganes], furent assassinées par gazages dans ces camps. Les gazages dans les camps de l'Altreich on entraîné la mort de "seulement" quelques milliers de personnes, presque certainement une dizaine de milliers. Mis à part des gazages sur petite échelle dans des endroits comme Sachsenhausen, Stutthof, Neuengamme, et Ravensbrück, cela n'a pratiquement concerné que le programme d'"euthanasie", qui a entraîné la mort d'une centaine de milliers de personnes, principalement non juives.

Les nazis avaient au moins deux bonnes raisons de construire les camps de la mort hors de l'Allemagne. D'abord, ils étaient plus facilement dissimulés au regard des allemands. Étant données les conditions chaotiques dues à la guerre, qui régnaient dans les territoires entourant l'Altreich, ils y étaient en général plus facile à dissimuler.

Ensuite, la grande majorité des juifs assassinés était originaire des territoires conquis à l'est et au sud. Pourquoi s'embarrasser du problème de les rapatrier en Allemagne pour les supprimer ? (cf. les statistiques à la fin de la question 1.)

Ce qui n'est pas reconnu par les négateurs, c'est que la déclaration tardive de Wiesenthal ne fait que reprendre exactement ce que disent des historiens respectables depuis 45 ans, en commençant peut-être par L'Institut d'Histoire Contemporaine de Munich en 1950. Cette mémoire sélective revient à rien moins qu'au mensonge par omission et insinuation.


4. 

Si Dachau était en Allemagne et si même Simon Wiesenthal déclare que ce n'était pas un camp d'extermination, pourquoi des milliers de vétérans américains déclarent-ils que c'était un camp d'extermination ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

«  Parce que après que les alliés ont capturé Dachau, des milliers de G.Is furent amenés à travers Dachau, on leur montra des bâtiments dont on prétendait que c'étaient des chambres à gaz, et parce que les masse-media ont largement, mais faussement, déclaré que Dachau était un camp de "gazage" »

Nizkor répond :

Dans la mesure où des dizaines de milliers de personnes ont été affamées à mort et sporadiquement assassinées dans ce camp, oui, Dachau était un camp de la mort. Le terme "camp d'extermination" ne devrait probablement pas être appliqué à Dachau, car il désigne en général un des grands camps de la Pologne occupée où des gazages de masses ont été effectués (cf. question 3).

Ce qui ne peut pasêtre remis en question, c'est qu'une chambre à gaz a effectivement existé. Les alliés ont mis la main sur une note envoyée par le Dr. Sigmund Rascher de Dachau à Himmler, que voici (cf. Kogon, Langbein, Rückerl, Les chambres à gaz secret d'état, Seuil, Points Histoire, pp. 252-253) :

« Comme vous le savez, on a construit au camp de concentration de Dachau les mêmes installations [les chambres à gaz] qu'à Linz [il s'agit de l'institut d'euthanasie de Hartheim]. Puisque les convois d'invalides finissent d'une manière ou d'une autre dans les chambres qui leur sont destinées, je pose la question suivante : ne serait-il pas possible de vérifier dans ces chambres, sur des personnes qui leur sont d'une manière ou d'une autre destinées, l'efficacité de nos gaz de combat ? Jusqu'ici nous ne disposons que d'essais faits sur des animaux, ou de rapports relatifs à des accidents qui se sont produits lors de la fabrication. A cause de ce paragraphe j'envoie ma lettre sous la mention "Secret." »

Un reporter américain a fait un film qui montre la chambre à gaz peu après la capture du camp; on y voit qu'elle était désignée sous l'inscription "Brausebad" ("douches"), malgré le fait qu'elle ne soit pourvue d'aucune installation de douche.

La question de savoir si on peut prouver si la chambre à gaz a été effectivement utilisée n'a pas reçu de réponse définitive. Certains historiens sont persuadées qu'elle ne fut jamais utilisée. D'autres disent que la question demeure ouverte. La réponse se trouve dans deux témoignages : celui d'un officier britannique nommé Payne-Best qui déclare qu'il a entendu parler de gazages par le Dr. Rascher, ainsi que celui effectué sous serment par le Dr. Franz Blaha, sur des gazages expérimentaux . Pour plus d'informations, on se reportera à l'ouvrage de Kogon, Langbein et Rückerl cité plus haut, pp. 252-253, ainsi que le témoignage de Blaha dans Trial of the Major War Criminals, 1947, vol. V, pp. 167-199.

Les négationniste, bien-sûr, présentent uniquement le point de vue de ceux qui soutiennent qu'aucun gazage n'a eu lieu à Dachau [sans rappeler toutefois l'existence effective de la chambre à gaz. (N.d.T)]. Ils s'appuient souvent sur un extrait d'une lettre de 1960 écrite par le directeur de l'Institut für Zeitgeschichte (L'institut d'histoire contemporaine), à Munich (cf. Die Zeit, 19 Août, 1960, p. 16) :

« Pas de Gazage à Dachau

Ni à Dachau, ni à Bergen-Belsen, ni à Buchenwald ne furent gazés de juifs ou d'autres prisonniers. »

La lettre, bien entendu, confirme ensuite que les gazages de masse ont eu lieu dans les plus grands camps. Les négationnistes n'aiment pas mentionner cette partie. Ils n'aiment pas non plus mentionner que, depuis 1960, l'Institut a effectué plus de recherches et est arrivé à de nouvelles conclusions. A présent ils déclarent :

« ...une chambre à gaz a été établie [à Dachau] dans laquelle... quelques gazages expérimentaux furent effectués, ainsi que des recherches plus récentes l'ont confirmé. »

Enfin, les "mass media", pour la plupart, citent les faits : Dachau a été utilisé pour des gazages sur une très petite échelle. Que le terme "camp de gazage" fut approprié ou non dépend probablement du contexte. Si l'IHR peut présenter une citation qui démontre qu'un journal ou un magazine a imprimé des faits inexacts, ils sont les bienvenus. Ce ne sera ni la première ni dernière fois que quelque chose d'erroné est imprimé. Si les négateurs de génocide pensent que les erreurs dans les journaux les aident à prouver que la Shoah n'a pas eu lieu, ils se fourvoient manifestement.


5. 

Auschwitz était en Pologne, pas en Allemagne. Y a-t-il la moindre preuve que des chambres à gaz dans le but de tuer des êtres humains aient existé à Auschwitz ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« Non. Une récompense de $50,000 a été offerte pour une telle preuve, la somme ayant été déposée à l'avance dans une banque, mais personne ne s'est manifesté avec une preuve crédible. Auschwitz, prise par les soviétiques, a été grandement modifié après la guerre et une morgue a été reconstruite de façon a ressembler à une grande "chambre à gaz". C'est aujourd'hui une importante attraction touristique pour le gouvernement communiste polonais. »

Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :

« Non. Auschwitz, capturé par les soviétiques, a été modifié après la guerre, et une pièce a été reconstruite de façon à ressembler à une grande "chambre à gaz." Après que l'expert américain numéro 1 en construction et conception de chambre à gaz, Fred Leuchter, l'ait examiné ainsi que d'autres prétendues installations de gazage d'Auschwitz, il déclara que c'était une "absurdité" que de prétendre qu'elles étaient, ou avaient pu être, utilisées pour des exécutions. »

Nizkor répond :

En ce qui concerne la récompense de $50 000 : elle a été versée, jusqu'au dernier cent (et en fait ce furent $90 000 qui furent versés), à Mel Melmerstein, un survivant d'Auschwitz qui a fait un procès contre l'IHR. Voici le jugement rendu par le Juge :

« L'Honorable Thomas T. Johnson, le 9 Octobre 1981, a pris la décision de justice suivante :

En accord avec la section du code de la preuve 452(h), cette cour prend note du fait que des juifs furent mis à mort par gazage au camp de concentration d'Auschwitz en Pologne, au cours de l'été 1944... »

et aussi

« C'est tout simplement un fait qui répond à la définition de la section 452(h) du code de la preuve. Il n'est raisonnablement pas sujet à discussion. Cela est susceptible d'être démontré de façon exacte et immédiate en se référant à des sources d'une indiscutable exactitude. C'est tout simplement un fait. »

L'IHR se plaint de ne pas avoir eu l'opportunité de discuter de ce fait, mais le système judiciaire américain n'est pas destiné à servir de tribune à des gens qui soutiennent des théories extravagantes. Aucune "preuve crédible" n'a été produite parce qu'il n'y en avait pas la nécessité -- une cour de justice n'est pas l'endroit pour remettre en cause le travail des historiens sur le dernier demi-siècle.

D'autre part, une "preuve crédible" a seulement la signification que les négateurs de génocide veulent bien lui donner. Michael Shermer, dans une lettre ouverte, a offert de faire un pari analogue à celui de l'IHR, mais seulement s'ils [l'IHR] définissaient par avance ce qu'ils étaient prêts à accepter comme preuve. Il n'a reçu aucune réponse. (En fait, et jusqu'à la date de la rédaction du présent document, la lettre n'a même pas été publiée.)

Après ce procès, Melmerstein et l'IHR ont chacun porté plainte contre l'autre pour diffamation, mais décidèrent de ne pas aller jusqu'au procès. Les négateurs ont crié à une "victoire éclatante" qui "annulait le résultat du premier procès". Absurde! Les deux procès ne présentaient aucun lien, et le second n'aurait rien eu à voir avec les chambres à gaz d'Auschwitz.

Comme toujours avec les procédures judiciaires, les détails peuvent devenir assez compliqués. De nombreuses précisions, dont des copies des documents officiels, sont disponibles sur les archives FTP.

En ce qui concerne le frauduleux rapport de Fred Leuchter, un FAQ [en français] séparé est disponible. Pour ce qui est du fait que Auschwitz se trouva en Pologne, c'est exact, mais dans une région qui avait été annexée au Reich. Ainsi Auschwitz se trouvait dans la « Grande Allemagne », mais pas dans les limites de l'« Ancien Reich ». D'un point de vue nazi, Auschwitz se trouvait en « Allemagne ».


6. 

Si Auschwitz n'était pas un "camp de la mort," quel était son véritable but ?

Les négationnistes de l'IHR répondent (version originale) :

« C'était un complexe industriel de grande envergure. Du caoutchouc synthétique y était fabriqué (Buna), et les détenus étaient employés comme force de production. Le procédé Buna a été utilisé aux U.S pendant la Seconde Guerre Mondiale. »

Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :

« C'était un centre d'internement qui faisait partie d'un complexe industriel de grande envergure. Du fuel synthétique y était produit et le détenus étaient employés comme force de production. »

Nizkor répond :

Partiellement exact. Auschwitz était un énorme complexe [un ensemble de camps. N.d.T.]; il comprenait des camps ordinaires de prisonniers de guerre (dans lesquels des pilotes britanniques étaient retenus, qui ont témoigné des atrocités commises dans le camp d'extermination tout proche). Auschwitz II, ou Birkenau, était le plus grand des camp et c'est là que les chambres à gaz se trouvaient. Auschwitz III, ou Monowitz, était constituée d'un ensemble industriel.

De nombreux prisonniers étaient en effet utilisés pour des travaux forcés à Auschwitz. Mais les "inaptes" --à savoir les vieux, les enfants et la plupart des femmes-- étaient immédiatement emmenés aux chambres à gaz.

Dans sa version révisée, l'IHR déclare que du "fuel synthétique" y était produit, la mention à Buna ayant disparu. C'est en effet plus exact. A la fin de la guerre, pas un gramme de caoutchouc n'avait été produit au camp de Buna.

C'est cependant une erreur tactique de leur part d'admettre cela, car à la question 40, ils déclarent qu'il était impossible de brûler des corps parce qu'il n'y a avait pas de carburant. Pourtant ils admettent qu'il y avait une usine de fabrication de fuel synthétique à quelques kilomètres de là. Et elle a effectivement produit du carburant, et, à ce titre, était en fait une cible des bombardiers alliés. Encore une contradiction interne.


7. 

Qui a construit le premier camp de concentration, quand et où ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« La première utilisation de camp de concentrations dans le monde occidental a eu apparemment lieu en Amérique lors de la Guerre d'Indépendance. Les britanniques ont interné des milliers d'américains, dont beaucoup sont morts de maladie et de mauvais traitement. Andrew Jackson et son frère --qui mourut-- étaient deux. Plus tard les britanniques ont construit des camps de concentration en Afrique du Sud afin d'y garder les femmes et enfants afrikaner lors de leur guerre du conquête du pays (la Guerre des Boers"). Des dizaines de milliers sont morts dans ces trous d'enfer, qui étaient bien pires qu'aucun camp de concentration allemand de la Seconde Guerre Mondiale. »

Nizkor répond :

Cela n'a aucun rapport avec le problème du Génocide, sauf pour la dernière phrase qui est une absurdité. Même les négateurs de génocide doivent admettre que des centaines de milliers de prisonniers sont morts dans les camps nazis -- voir leur réponse à la question 36. Encore une contradiction interne.

L'IHR souhaite blanchir les Nazis de leurs crimes en les comparant à d'autres crimes. Nous ne saurions jouer le jeu de ce relativisme moral; nous présentons simplement des faits historiques sur les Nazis, charge au lecteur de se faire son propre avis.

[N.d.T. : le traducteur renvoie cependant le lecteur à l'article suivant : L'expression "camps de concentration" au 20e siècle, Annette Wieviorka, Vingtième Siècle, n° 54, avril-juin 1997, p. 4. Ce numéro de Vingtième Siècle est entièrement constitué d'un dossier sur les camps de concentration au 20e siècle.]


8. 

Dans quelle mesure les camps de concentration allemands sont-ils différents des camps de déplacement américains où furent internés des américains d'origine japonaise, allemande et italienne pendant la Seconde Guerre Mondiale ?

Les négationnistes de l'IHR répondent (version originale et révisée) :

« En dehors du nom, la seule différence significative était que les allemands ont interné des gens sur la base des menaces réelles ou soupçonnées qu'ils représentaient pour la sécurité de l'effort de guerre de l'Allemagne, alors que les américains ont internés des personnes sur la seule base de la race. »

Nizkor répond :

Non seulement sans rapport avec la question du Génocide, mais aussi mensonger. La phrase "les allemands ont interné des gens sur la base des menaces réelles ou soupçonnées..." pourrait être vraie, si on admet que chaque juif devait être considéré comme une menace pour la sécurité par le simple fait d'être juif.

Par exemple, un rapport d'Himmler à Hitler de 1942 énumère trois catégories de "Bandenverdaechtige" --membres suspects de l'opposition. Sous la catégorie "capturés", il y a 19000. Sous "exécutés", il y a 14000. Et sous "Juifs exécutés", il y a un tiers de million. Une photographie et une transcription de ce document sont disponibles. Incidemment, il s'agit d'un tiers de million exécutés par les Einsatzgruppen en seulement quatre mois à la fin de 1942.

L'affirmation qu'il n'y eut pas de différences notables est bien évidemment un mensonge. Les américains n'ont pas affamé des millions de gens à mort, n'ont pas forcé leurs détenus à travailler dans des conditions brutales, n'ont pas envoyé dans des chambres à gaz ceux qui étaient "inaptes" au travail.


9. 

Pourquoi les allemands ont-ils interné les juifs dans des camps de concentration ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« Parce que les allemands considéraient que les Juifs étaient une menace directe à leur souveraineté et à leur survie nationale, parce que les Juifs étaient surabondamment représentés au sein de la subversion communiste. Cependant, toutes les personnes suspectes de représenter un risque pour la sécurité -- pas seulement les juifs -- étaient susceptibles d'être internées. »

La version Samisdat dit :

« Parce que les allemands considéraient que les Juifs étaient une menace directe à leur souveraineté et à leur survie nationale. Les Juifs étaient extrêmement représentés en Allemagne dans la subversion communiste. Proportionnellement au nombre d'habitants, les Juifs étaient surabondamment représentés dans les postes et professions clés au gouvernement et dans le commerce. Cependant, toutes les personnes suspectes de représenter un risque pour la sécurité -- pas seulement les juifs -- étaient susceptibles d'être internées. »

Nizkor répond :

Alors tous les juifs étaient soit des communistes, soit des dangers pour la sécurité nationale ? Et tous les juifs des autres pays, comme ceux de la Pologne ? Et les homosexuels ? Et les tziganes ? C'est de la propagande nazie de la pire espèce, ressuscitée. L'affirmation comme quoi les juifs seraient "surabondamment représentés" au sein de la "subversion communiste" ainsi que dans les "mauvaises professions" résonne en parfait écho de la propagande antisémite nazie.

Le fait est que les nazis ont utilisé une telle propagande afin de justifier l'assassinat de tous les juifs trouvés derrière le front de l'Est à mesure que celui-ci avançait, ainsi que dans chacun des pays conquis : c'est à dire des millions d'hommes, de femmes et d'enfants.

Les négateurs de génocide, en fait, admettent que des centaines de milliers de juifs, incluant femmes et enfants, ont été assassinés par fusillades dans les territoires de l'Est. (Voir la prochaine question). Les nazis ont prétendu que cela était justifié à cause des conditions des temps de guerre. De voir les mêmes justifications refaire surface, cinquante ans plus tard, est, à notre avis, tout simplement horrifiant.


10. 

Quelles mesures extensives la Juiverie mondiale a-t-elle prises contre l'Allemagne dès 1933 ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« Un boycott international des biens allemands »

La version Samisdat dit :

« Le 24 mars 1933, la Juiverie mondiale a déclaré la guerre à l'Allemagne et ordonné un boycott mondial des biens allemands simplement parce que le gouvernement allemand avait retiré les Juifs des positions d'influence et transféré de nouveau le pouvoir aux Allemands. L'ordre de boycott et la "guerre" contre l'Allemagne a été rapportée dans les médias du monde entier et annoncés partout. De fausses histoires sur des "camps de la mort" allemands circulaient avant la deuxième guerre mondiale. Les Allemands, en retour, avaient tout à fait le droit d'enfermer les juifs, comme prisonniers de guerre, à quelque moment que ce soit et où qu'ils soient entre 1933 et 1945! »

Nizkor répond :

Ce boycott est en fait le même événement que celui évoqué à la question suivante mais désigné comme "déclaration de guerre à l'Allemagne".

Pourquoi l'IHR a-t-il décrit la même action deux fois avec des mots différents ? Il y a là quelque chose de louche.

Le boycott des biens allemands a été effectué comme réponse à des atrocités nazies variées, incluant le boycott planifié des biens et des services juifs.

Mais l'IHR a bien confortablement oublié de mentionner cela.

Remarquons l'antisémitisme criant de la version Samisdat (Ernst Zündel). Écartons les chambres à gaz et l'effort d'extermination. Écartons les six millions de morts. Demandez-vous juste si les nazis avaient "tous les droits" d'envoyer des enfants juifs dans des camps où ils étaient sous-alimentés, sans aucun système sanitaire, avec des épidémies rampantes de typhus, où ils mouraient comme des mouches ? Est-ce que ces bébés juifs étaient des "prisonniers de guerre" ?

Même les "révisionnistes" doivent admettre que ce massacre est arrivé. Le négationniste David Irving décrit un discours d'Himmler de 1944 (Skeptic magazine, Vol. 2, No. 4, p. 50) :

« "Si les gens me demandent", déclare Himmler, "pourquoi deviez-vous tuer également les enfants, alors je ne peux que répondre que je ne suis pas un lâche qui laisse faire à mes enfants ce que je peux faire moi-même." ... Je suis d'accord, Himmler a dit cela. Il a en fait dit "Nous nous débarrassons des juifs. Nous les assassinons. Nous les tuons." ... Il est en train de parler de la résolution du problème juif, de devoir tuer aussi les femmes et les enfants. »

Est-ce qu'une article dans un journal de 1933 donnait aux nazis "tous les droits" de faire cela ?

(Irving soutient dans cette interview que dans la mesure où Himmler n'a pas mentionné le nombre exact des juifs tués, cela ne pouvait constituer une preuve du génocide!)


11. 

Les juifs du monde entier ont-ils "déclaré la guerre à l'Allemagne" ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« Oui. Les médias du monde entier en ont fait leurs titres, "Les Juifs déclarent la guerre à l'Allemagne." »

Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :

« Oui les journaux tout autour du monde l'ont rapporté. Un titre de première page du London Daily Express (24 mars 1933), par exemple, annonçait "Les Juifs déclarent la guerre à l'Allemagne." »

Nizkor répond :

"Les médias du monde entier" ? Les "journaux tout autour du monde" ? Un journal britannique est cité, et qui parlait en fait d'un projet de boycott économique.

On dispose de l'article en question. Les paragraphes qui font suite au titre sont les suivants :

« Une étrange et malencontreuse conséquence émerge des histoires de harcèlements allemands contre les juifs.

Israël dans son intégralité à travers le monde s'unit afin de déclarer une guerre économique et financière à l'Allemagne.

Jusqu'ici le cri entendu était "L'Allemagne persécute les juifs". Si les plans actuels deviennent réalité, les hitlériens s'écrieront : "Les juifs persécutent l'Allemagne. »

Le fait que le "cri hitlérien" ait été repris quatre décennies plus tard par les négateurs de génocide ne devrait surprendre personne. (Voir la question 62 sur les divers points de vue des négationnistes sur Hitler)

En somme, cette question et sa réponse sont une minable supercherie destinée à faire croire que les "Juifs du monde entier" ont commencé la guerre contre l'Allemagne, et non pas l'inverse. Le mot "guerre" signifie bien des choses. Dans ce cas cela signifiait la planification de mesures de pression économique.

Mais l'IHR et Zündel veulent que vous pensiez que cela était une véritable déclaration de guerre. De combien de divisions et de troupes disposaient les juifs ? Combien de tanks ? Combien d'avions ? Combien de pièces d'artillerie ?

Le fait est que l'Allemagne a commencé la véritable guerre, la Seconde Guerre Mondiale, qu'elle l'a débutée en envahissant la Pologne avec des avions, des bombes, des tanks et des millions d'hommes de troupe. Comparer cela à un projet de boycott économique est grotesque, mais typique des escroqueries "révisionnistes".

D'autre part, il y a une contradiction interne. Leur réponse à la question 54 stipule que "Les allemands ont maintenu desrapports cordiaux avec les leaders sionistes." La guerre n'est pas une "relation cordiale". Il faudrait qu'ils mettent leur version d'aplomb.


12. 

Était-ce avant ou après que les rumeurs sur les "camps de la mort" aient commencé ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« Presque six ans AVANT. Les juifs ont déclaré la guerre à l'Allemagne en 1933. »

Nizkor répond :

Une "guerre" économique, ainsi qu'explicité dans la réponse à la question 11.

Voici une contradiction interne : dans la réponse à la question 10, la version Samisdat soutient que les "fausses histoires de camps de la mort" "circulaient" dès 1933.

En voici une autre : dans la réponse à la question 54, l'IHR déclare que "les Allemands ont maintenu des rapports cordiaux avec les leaders sionistes." La guerre n'est pas une "relation cordiale".

Voici quelques déclarations et actions des chefs nazis, des années avant que la tuerie ne commence en 1939 :

1919 : Hitler écrit dans une lettre :

«... Tout ce qui pousse les gens à se battre pour de grandes choses, que ce soit la religion, le socialisme, ou la démocratie, sert principalement au Juif comme moyen de satisfaire son avidité et sa soif de pouvoir...

L'antisémitisme rationnel, au contraire [de l'antisémitisme émotionnel], doit conduire à une lutte planifiée et légale et à l'élimination des privilèges que les juifs possèdent chez nous à différence des autres résidents étrangers. Mais son but ultime doit être inébranlablement l'élimination pure et simple des juifs. »

1924 : Hitler écrit Mein Kampf lors de son séjour en prison et y regrette que l'Allemagne n'ait pas gazé quelques juifs influents pendant la Première Guerre mondiale.

1932 : Hermann Goering, s'exprimant au nom du parti nazi (pas encore au pouvoir) déclare dans une interview à un journaliste italien que les Nazis doivent se défendre contre les juifs en interdisant les mariages mixtes, en expulsant d'Allemagne les juifs d'origine d'Europe de l'Est, en chassant tous les juifs allemands de tous les métiers, positions honorifiques ou de pouvoir depuis lesquelles les Nazis jugent qu'ils [les juifs] pourraient exercer leur "influence destructive, antinationale ou internationale."

Dans le même document où les Nazis réimprimèrent cette interview ils déclarèrent qu'ils mettraient le feu aux synagogues, enfermeraient la meurtrière bande juive dans des Ghettos et des prisons, et qu'ils les pendraient aux arbres. (13 juillet 1932, Stellung der NSDAP [NSDAP = le parti nazi])

1932, l'été : la faction nazie au parlement de Prusse (à Weimar) demande le renvoi des acteurs et artistes d'origines non allemandes, un bannissement des pratiques juives de mise à mort rituelle des animaux pour la nourriture; et l'expropriation des biens appartenant aux juifs d'Europe de l'Est résidant en Allemagne.

1932, le 31 juillet : Goebbels écrit un article dans le journal Der Angriff, dans lequel il appelle à un pogrom contre les juifs.

1933, le 30 janvier : Aldolf Hitler est nommé Chancelier d'Allemagne.

1933, mars : Les opposants aux nazis sont arrêtés et emprisonnés dans les premiers camps de concentration.

1933, le 13 mars : Hitler établi le ministère de l'information et de la propagande sous la direction de Goebbels.

1933, le 23 mars : Hitler signe "La Loi pour la Suppression de la Misère du Peuple et du Reich", qui donne autorité à Hitler d'abolir tous les parlements régionaux d'Allemagne.

1933, le 31 mars : Hans Kerrl, Commissaire du Ministère de la Justice en Prusse et Hans Frank, Commissaire du Ministère de la Justice de Bavière, annoncent que tous les juges et procureurs juifs doivent démissionner immédiatement et que les avocats et notaires juifs n'auraient plus l'autorisation d'exercer [dans leur province; cette même mesure s'est rapidement étendue aux autres provinces].

Les "66 Questions et Réponses", ainsi que la plus grande part de la propagande négationniste cherche toujours à présenter les choses sous un jour simplificateur et réducteur. Les négationnistes montent en épingle un fait curieux, hors contexte, en espérant convaincre le lecteur qu'il n'est pas nécessaire d'en savoir d'avantage. Mais après que le contexte a été rétabli, le fait curieux ne se révèle pas plus curieux que la plupart des événements survenus à cette époque.

Il ne s'agit ici que de quelques actions et déclarations anti-juives publiques, advenues _avant_ le boycott juif de 1933. Les actions et les écrits deviendront de plus en plus explicites et violents à mesure que le temps s'écoulera. Hitler s'est fait de plus en plus explicite, jusqu'à sa déclaration publique du 30 janvier 1939 :

« Aujourd'hui je vais de nouveau être un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d'Europe parvenait à jeter une fois de plus les peuples du monde dans une guerre mondiale, le résultat ne sera pas la bolchevisation de la terre et donc la victoire du judaïsme, mais l'extermination de la race juive en Europe. »

Il répéta cette déclaration encore à deux reprises au moins, publiquement, pendant la guerre, et ne fut pas le seul à le faire.


13. 

Quelle nation est responsable des premiers bombardements massifs sur des civils ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« La Grande-Bretagne -- le 11 mai 1940 »

Nizkor répond :

La ville de Guernica en Espagne a été bombardée par la Luftwaffe allemande en 1937 lors de la guerre civile espagnole.

Mais qu'est-ce que cela a à voir avec le génocide ?

Il est vrai que les Alliés ont massivement bombardé la population civile -- ainsi que les Allemands. Est-ce que le fait que des atrocités aient été commises contre les Allemands signifie qu'ils n'en ont eux-mêmes pas commis ? Voilà une logique surprenante.

Les dernières questions ne l'ont peut-être que suggéré, mais ce que l'IHR évoque ouvertement lui-même ailleurs, c'est que l'emprisonnement des juifs européens était justifié. Il n'est que de voir leur site web, sur lequel on trouve une page intitulée "The Encampment of the Jews : Might It Have Been Justified ?" [La mise en camps des juifs : cela pouvait-il être justifié ?"]


14. 

Combien de chambres à gaz d'extermination y avait il à Auschwitz ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« Aucune »

Nizkor répond :

Faux, comme à l'habitude; aucune preuve n'est fournie, comme à l'habitude.

Il y avait cinq "Kremas", chacun incluant entre autres choses, une chambre à gaz d'extermination et des fourneaux de crémation pour les victimes. Le premier a été détourné de son utilisation d'origine. Les quatre autres ont été étudiés pour être des chambres à gaz dès le départ.

(Pour être tout à fait exhaustif il faut citer le cas d'un chercheur amateur respecté et talentueux du nom de Pressac, qui croit que les deux plus grands Krémas ont été initialement mis au point comme morgues, puis convertis en chambres à gaz tout de suite après leur construction. Il fait partie d'une minorité dans cette opinion.)

Deux autres installations d'extermination ont été appelées "Bunker I" ou "la petite maison rouge" et "Bunker II" ou "la petite maison blanche".

Également dans un souci d'exhaustivité, il faut rappeler que le premier gazage a eu lieu dans le sous-sol du Block 11, et qu'on envisagea également la construction d'un sixième Kréma qui ne dépassa jamais les premiers stades du projet.

On recommandera la lecture de l'ouvrage suivant : Anatomy of the Auschwitz Death Camp, Gutman et al., pp. 157-245.


15. 

Combien de juifs y avait-il dans les régions contrôlées par les allemands avant la Guerre ?

Les négationnistes de l'IHR répondent (version originale) :

« Moins de quatre millions. »

Les négationnistes de l'IHR répondent (version révisée) :

« Moins de six millions. »

Nizkor répond :

N'ont-il pas affirmé dès la question 1 « pas de statistiques démographiques crédibles » ?

Il y avait à peu près trois millions de juifs en Pologne, un million en Hongrie, plus d'un million dans les zones de la Russie occupées par les nazis, et beaucoup, beaucoup plus dans toute l'Europe. Selon les propres chiffres des nazis, donnés lors de la conférence de Wannsee, il y avait onze millions de juifs dans l'Europe de 1942. Voir la réponse à la question 1.

Il faut également noter que si de véritables historiens avaient changé leurs estimations du nombre de victimes du génocide de quatre millions à six millions, ou vice versa, les "révisionnistes" en feraient des gorges chaudes, comme chaque fois que des chiffres divergents sont donnés, et le tiendraient pour preuve que les historiens changent l'histoire et n'ont aucun chiffre véritable pour soutenir ce qu'ils disent. Mais lorsque les "révisionnistes" changent leurs propres chiffres, ils n'en font pas tout un plat, semble-t-il.


16. 

Si les juifs d'Europe n'ont pas été exterminés par les nazis, que sont ils devenus ?

Les négationnistes de l'IHR répondent :

« Après la guerre, les juifs d'Europe étaient encore en Europe, sauf peut-être 300 000 d'entre eux qui sont morts pour des causes diverses pendant la guerre, et ceux qui ont émigré en Israël, aux États-Unis, en Argentine, au Canada, etc. La plupart des juifs qui ont quitté l'Europe l'ont fait après la guerre et non pendant. Ils so