Cliquez pour suivre le lien. 1. Certains éléments biographiques sur Germar Rudolf présentés ici sont tirés de la notice «Germar Rudolf» de l’IDGR (Informationsdienst gegen Rechtsextremismus), de Margret Chatwin, site web disparu depuis 2006. Cette notice avait pour URL :
http://www.idgr.de/lexikon/bio/r/rudolf-g/rudolf.html
Lorsque les informations ne sont pas tirées de cette notice, ou sont confirmées par d’autres sources, une note le précise. PHDN a archivé une version datant de l’année 2000
de la page en question. 2. Sarah Rembiszewski, The Final Lie : Holocaust Denial in Germany, A Second-Generation Denier as a Test Case, Tel Aviv University Printshop, Tel Aviv, 1996, p. 35, note 103 et correspondance entre Margret Chatwin et Richard J. Green, cités dans Richard J. Green & Jamie McCarthy, «Chemistry is Not the Science: Rudolf, Rhetoric, and Reduction», Holocaust History Project, 1999. 3. Anthony Long, «Forgetting the Fuhrer : The Recent History of the Holocaust Denial Movement in Germany», Australian Journal of Politics & History, Volume 48, Number 1, March 2002, p. 79. 4. Anthony Long, art. cit., p. 79. 5. Né en 1912 Remer a été l'un des nazis et négationnistes les plus actifs depuis la fin de Seconde Guerre mondiale. Consultant militaire de Nasser, en Egypte en 1953 et 1954, puis résidant en Syrie pendant six ans, où il vivait de ventes d'armes aux pays du Moyen-Orient Remer revient en Allemagne en 1982. Il n'a cessé d'y distribuer des publications radicalement antisémites. Sarah Rembiszewski, The Final Lie : Holocaust Denial in Germany, A Second-Generation Denier as a Test Case, Tel Aviv University Printshop, Tel Aviv, 1996, p. 30, note 84. 6. Germar Rudolf, Kardinalfragen zur Zeitgeschichte, Eine Sammlung kontroverser Stellungnahmen von Germar Rudolf alias Ernst Gauss zum herrschenden Zeitgeist in Wissenschaft, Politik, Justiz und Medien, Anvers, VHO, 1996. 7. Richard J. Green & Jamie McCarthy, «Chemistry is Not the Science», The Holocaust History Project. 8. Rudolf écrit être «convaincu que la chimie n’est pas la science qui peut prouver ou réfuter quelque allégation que ce soit à propos de l’holocauste rigoureusement», Germar Rudolf, «Some considerations about the Gas Chambers of Auschwitz and Birkenau», 1998. Notons cependant que la chimie peut être utilisée pour confirmer certains éléments connus de l’histoire d’Auschwitz, comme l’illustre le «Rapport sur les composés de cyanure à Auschwitz-Birkenau» de Markiewicz, Gubala et Labedz (1994). 9. Voir «La Lettre de l’historien Martin Broszat - falsifiée depuis 1960» sur le présent site. La falsification par Rudolf se trouve en fin d'article. 10. Anthony Long, «Forgetting the Fuhrer : The Recent History of the Holocaust Denial Movement in Germany», Australian Journal of Politics & History, Volume 48, Number 1, March 2002, p. 79-80. 11. Anthony Long, art. cit., p. 82. 12. Anthony Long, art. cit., p. 80. 13. Siegfried Verbeke est depuis longtemps un fanatique de l’extrême droite belge, créateur à la fin des années 1970 du magazine Haro qui publiait des textes nazis (Hitler, Goebbels, etc.), membre notamment du groupuscule raciste ultra-violent, aujourd’hui interdit, Vlaamse Militante Orden (VMO). Voir Hugo Gisjels, Le Vlaams Blok, Editions Luc Pire, 1993. Siegfried Verbeke a créé le VHO en 1985 avec son frère Herbert Verbeke et Jeanine Colson, la compagne d’un vieux nazi, André van Hecke. Sur le VHO, ses origines et son personnel, voir Jos Vander Velpen, Les voilà qui arrivent. L’extrême droite et l’Europe, Epo/Reflex, 1993, p. 121-122. Les publications du VHO ne se réduisent pas aux tracts nazis et négationnistes. On y trouve aussi des cassettes vidéo pour «nazis sado-masochistes» comme Filles pour le bourreau, Frauenlager 5, etc. (Jean-Yves Camus (dir.), Les extrémismes en Europe, État des lieux 1998, CERA/L’aube, 1998). Remarquons encore que Faurisson a eu l’occasion de dire toute son admiration pour Siegfried Verbeke (Robert Faurisson, Écrits révisionnistes, édition privée hors commerce, 1999, tome IV, p. 1752). 14. Fils de disciples du leader fasciste Oswald Mosley, Hancock publie des textes négationnistes et nazis en Grande-Bretagne. Il entretient des contacts étroits avec diverses organisations et personnalités néonazies, par exemple Erik Blücher (alias Nelsen), qui s’est installé en Angleterre en 1981 mais a dû continuer ses activités en Suède à la suite d’une interdiction d’entrée en GB (1983). Grâce à l’adresse électronique de Print Factory (Uckfield, East Sussex) dont Hancock a la responsabilité, en plus d’autres domaines consacrés à ces sujets, il peut diffuser du vieux matériel de propagande nazi et néonazi. Dans la rubrique Judaica, on trouve des textes antisémites de la pire espèce, dont le Talmudjude d’August Rohling, des écrits de Theodor Fritsch, du nazi Johann von Leers, de Widar Wälsing, d’Erich Ludendorf et du baron Luzsenszky. Hancock accueillait sur son site, www.ety.com, les pages web du site «Wilhelm Tell Schweizer Freiheitkämpfer» du négationniste suisse Jürgen Graf, ainsi que celles de sa propre maison d’édition, «Historical Review Press», spécialisée dans la propagande raciste, antisémite et négationniste). La conception des pages web rappellait celle du site web National Journal que Hancock dirigeait avec Thomas Brookes, lié à l’association de soutien à Remer «Die Freunde im Ausland»). Les informations qui précèdent sont tirées de la notice «Antony Hancock» de l’IDGR. 15. Anthony Long, art. cit., p. 79. 16. Anthony Long, art. cit., p. 79-80. 17. Anthony Long, art. cit., p. 80. 18. Compte rendu de Germar Rudolf, The Revisionist , vol. 4 no. 4, November 2003, cité par Aryeh Tuchman, «Germar Rudolf: Still trying to get into the US», JHate - A blog about anti-Semitism, 23 février 2011. 19. Déclaration de Germar Rudolf, 2 mai 2012, citée par Aryeh Tuchman, «Germar Rudolf says Judaism is Nazism», JHate - A blog about anti-Semitism, 10 juin 2012. 20. Richard J. Green, Report of Richard J. Green, 2001.

Germar Rudolf

profil & biographie

Gilles Karmasyn

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Reproduction interdite sauf autorisation de l’auteur

Germar Rudolf1 est l’un des principaux négationnistes d’origine allemande des années 1990-2000. Il est surtout connu dans les milieux négationnistes pour le Rapport Rudolf, qu’il rédigea au début des années 1990, pamphlet pseudo-scientifique prétendant démontrer l’impossibilité technique des gazages d’êtres humains à Auschwitz. Militant à l’extrême droite allemande, responsable d’un site web néo-nazi, usant de nombreux pseudonymes (se citant les uns les autres) et usurpant des titres universitaires qu’il ne possède pas, il a été condamné en Allemagne et a produit une abondante littérature négationniste et autobiographique où il s’appitoie sur son sort, assez loin de ses travaux pseudo-scientifiques, bien évidemment réfutés.

Germar Rudolf est né en Allemagne en 1964. Il fait des études de chimie à Bonn et Francfort entre 1983 et 1989 puis effectue son service militaire dans l’armée de l’air. Il fait partie d’associations étudiantes catholiques (A.V. Tuisconia Königsberg zu Bonn et K.D.St.V. Nordgau Prag zu Stuttgart, émanation des Cartellverband der katholischen deutschen Studentenverbindungen), mais se radicalise parallèlement. En 1985, il est membre de la Schlesische Jugend (les jeunesses silésiennes), la section jeunesse de l’association extrémiste et raciste des Allemands des Sudètes (Sudetendeutsche Landsmannschaft). Il entre alors pour la première fois chez les Republikaner (section de Bonn-Sieburg), le parti ultra-conservateur que venait de fonder l’ancien SS Franz Schönhuber qu’il quitte un an plus tard. En janvier 1986, il participe au Reichsgründungskommers (soirées étudiantes de la fondation du Reich) de l’association étudiante ultra-nationaliste Verein deutscher Studenten (VDSt, ligue des étudiants allemands). A deux reprises en 1989, il assume des responsabilités éditoriales dans le journal de la nouvelle droite allemande, Junge Freiheit2. En 1989, Rudolf rejoint une seconde fois les Republikaner qu’il quitte à l’été 1991. Rudolf prétendra que cela était pour ne pas gêner le parti par ses prises de position, mais un juge affirmera que c’était parce que Rudolf ne trouvait pas les Republikaner assez radicaux3. Cela est confirmé par les liens qu’il tisse avec l’extrême-droite allemande dès 1991. Il écrit ainsi directement en mars 1991 à Günter Deckert le chef du parti d’extrême-droite Nationaldemokratische Partei Deutschlands - Die Volksunion, NPD, un négationniste patenté. En 1993, la police allemande qui perquisitionnait chez Germar Rudolf, trouva deux articles que ce dernier s’apprêtait à publier sous pseudonymes dans l’organe du NPD, la Deutsche Stimme4.

En 1990, il s’inscrit en doctorat et obtient en même temps un CDD pour un poste à temps partiel à l’Institut Max Planck. En 1991, il rédige à la demande de l’avocat de Dusseldorf, Hajo Hermann, défenseur du nazi historique et toujours nazi, l’ancien général Major Otto Ernst Remer5 (tous deux négationnistes), une «expertise sur la formation et la présence décelable de composés de cyanure dans les chambres à gaz d’Auschwitz». Il prétendait alors démontrer l’impossibilité du meurtre systématique dans les chambres à gaz d’Auschwitz en employant des méthodes soi-disant scientifiques. Rudolf y conclut: «Cette expertise mène irréfutablement à la conclusion selon laquelle les soi-disant chambres à gaz meurtrières d’Auschwitz n’ont jamais été en contact avec du zyklon-B». Rudolf a cependant lui-même admis qu’il était séduit par les thèses négationnistes avant même d’entreprendre son «rapport»6. In fine, Germar Rudolf ne faisait que reprendre d’une façon plus élaborée les conclusions de l’escroc américain Fred Leuchter. Par ailleurs, Germar Rudolf n’avait aucune qualification pour rédiger un rapport d’expert, étant simple doctorant : jamais aucune expertise scientifique auprès d’un tribunal n’a été confiée à un doctorant. Les experts auprès des cours de justice sont toujours des professionnels reconnus, ce que n’était pas le cas de Rudolf qui n’avait d’ailleurs à l’époque (ni depuis d’ailleurs) publié aucun article dans la presse scientifique. En l’occurrence son «rapport» n’a été accepté par aucun tribunal. D’un strict point de vue scientifique la valeur en est nulle. La démonstratation en a été apportée depuis longtemps7. Rudolf finira par avouer en 1998 être convaincu qu’on ne peut utiliser d’argument chimique pour démontrer que les gazages auraient été impossibles8.

Au début des années 1990, néanmoins, la publicité de cette publication de 120 pages sur papier glacé est assurée notamment par le journal du très extrémiste NPD, Deutsche Stimme. Les remerciements de Rudolf s’adressent entre autres à Jürgen Rieder, Ernst Nolte, Emil Schlee, Werner Haverbeck, Rainer Zitelmann (certains n’en demandaient sans doute pas tant…). L’ouvrage fut édité, en 1993, à Londres par Cromwell Press sous le titre Gutachten über die Bildung und Nachweisbarkeit von Cyanidverbindungen in den 'Gaskammern’ von Auschwitz. La première édition en Anglais attendra cependant 2003.

Rudolf a élaboré son «rapport» avec l’aide des installations de l’Institut Max Planck, sans la moindre autorisation de celui-ci. Il s’est permis d’envoyer, en particulier, des échantillons de mur, qu’il prétend avoir prélevé à Auschwitz (illégalement en l’occurrence) dans une enveloppe officielle de son employeur à l’Institut Fresenius, pour qu’il en soit fait une analyse chimique. Lorsque ses activités furent découvertes, il perdit son emploi. La légalité de ce renvoi fut examinée et confirmée en 2e instance car, de l’avis des tribunaux, Rudolf avait gravement manqué à ses devoirs de salarié de l’Institut Max Planck.

En 1994, Günther Deckert, alors président du NPD, qualifiait encore Rudolf de «témoin expert en la matière». En 1994 toujours, Rudolf intervient dans une conférence de l’organisation étudiante d’extrême-droite Europaburschenschaft Arminia Zürich zu Heidelberg. Son intervention est publiée dans le premier numéro de la revue extrêmiste Sleipnir, dont le responsable est Andreas Röhler. Germar Rudolf y explique, entre autres, que la croyance en l’Holocauste est de facto «le fondement du pouvoir des élites socialo-internationalistes et libéralo-extrêmistes de la RFA».

La même année il est inculpé pour incitation à la violence et pour diffamation contre la mémoire des défunts. Le procès débute le 22 novembre 1994 à la 17e chambre du Tribunal de Stuttgart. Durant la procédure, Rudolf admet qu’il a publié un recueil de textes négationnistes, Grundlagen zur Zeitgeschichte (Fondements de l’histoire contemporaine), sous le pseudonyme de Ernst Gauss aux éditions Grabert. Entre autres mensonges, Rudolf y falsifiait honteusement un article de l’historien Martin Broszat paru en 19609. Rudolf a été payé pour ses services entre autres par l’entrepreneur Hans-Joachim Dill, qui a informé le Tribunal lors d’une audition de témoins des rapports existant entre Rudolf et le négationniste germano-canadien Ernst Zündel, auquel il avait proposé ses services comme «expert» à l’occasion du procès de Zündel à Munich en 199110. La correspondance entre Rudolf et Zündel est attestée depuis au moins 199011. Sont également attestées des relations personnelles avec l’islamiste Ahmed Rami dans l’appartement de Karl Philipp à Francfort en 1992. Rudolf est condamné à quatorze mois de prison en juin 1995. Son appel est rejeté en mars 1996. Rudolf est alors en fuite en Espagne afin d’échapper à la détention12.

A côté des relations avec le comité de soutien de Remer («Freundeskreis Otto Ernst Remer», également connu sous le nom «Die Freunde im Ausland»), Rudolf a essayé de trouver d’autres ressources et s’est adressé par courrier à toute une série d’hommes d’affaires et d’entrepreneurs, leur demandant un soutien financier («Pas moins de 10000 DM»). A l’été 1996, il publie une brochure intitulée Questions fondamentales sur l’histoire contemporaine, chez la Vrij Historisch Onderzœk (VHO), une organisation nazie dirigée par le négationniste et pillier de l’extrême droite belge Siegfried Verbeke13. Germar Rudolf reprendra en 1999 la gestion du site web du VHO.

Après la mort de Remer en 1997, qu’il avait rejoint en Espagne où Remer avait également fui la justice allemande, Rudolf émigre en Angleterre où le Sunday Telegraph signale sa présence. Il y passe plusieurs années sans être inquiété. Il est alors seul responsable de la publication négationniste de la VHO, les Vierteljahreshefte für freie Geschichtsforschung, qui se trouvent aussi sur le net. L’ancien éditeur Siefried Verbeke continue cependant d’agir en qualité d’éminence grise. Ses problèmes financiers notoires ainsi que ses démêlés avec la justice belge sont sans doute à l’origine de la décision qui a été prise de remettre la direction officielle de la revue à Rudolf. En 1997, c’est encore l’organisation des frères Verbeke, le VHO qui commercialise le «rapport Rudolf», sous forme de disquette pour le prix de 40 DM + frais de port, et en assure l’édition d’une version française. A la fin 1997, Rudolf pouvait être contacté à l’adresse postale de la VHO à Berchem (Belgique).

En Grande Bretagne, Rudolf fonde Castle Hill Publishers à Hastings et y publie un ouvrage du négationniste suisse Jürgen Graf («réfugié» depuis en Iran). Depuis la mi-1999, il est responsable du site de la VHO avec les frères Verbeke — Herbert et Siegfried — et parfois Antony Hancock14.

Rudolf a quitté la Grande-Bretagne pour les Etats-Unis où il vécut quelques temps avant d’être expulsé fin 2005 vers l’Allemagne où il fut condamné et purgea une peine de prison qui prit fin en 2009. Il est passé par le Mexique, d’où il a tenté d'obtenir un permis de séjour permanent aux USA. En 2012 il résidait aux USA.

Germar Rudolf a depuis le début des années 2000 orienté sa production éditoriale vers la langue anglaise et continue de jouer un rôle non négligeable dans le paysage négationniste, d’autant qu’il dispose d’une formation universitaire, à la différence de la plupart de ses congénères. Il se pose volontiers en persécuté politique et en martyr de la RFA, qu’il appelle JDR (Rép Juive Allemande). La posture de Rudolf, prétendant que ses motivations ne sont pas politiques mais historiques, est contredite par ses contributions radicales à des organes de presse d’extrême droite15.

Comme on l’a dit Rudolf n’a jamais hésité à écrire sous pseudonymes en s’attribuant des titres universitaires qu’il ne possédait pas (par exemple le docteur en chimie Ernst Gauss, le docteur en droit Werner Kretschmer, l’historien Christian Konrad ou le pharmacologiste Rainer Scholz tous titulaires de doctorats imaginaires), afin de renforcer frauduleusement sa crédibilité. Rudolf qui n’a jamais obtenu son doctorat, cite élogieusement les «travaux» de Rudolf via ses pseudonymes aux diplômes fictifs, ou cite en tant que Germar Rudolf ses propres travaux sous pseudonymes, n’hésitant pas à signer sous plusieurs noms un même article16.

Une part importante de la production de Rudolf a trait aux injustes «persécutions» dont il serait victime, en raison, affirme-t-il de sa recherche de «la vérité». Malgré ses précautions, Rudolf laisse parfois percer le fond de sa pensée. Ainsi dans un article qu’il publie dans ses Vierteljahreshefte für freie Geschichtsforschung en 2000, Rudolf déplore, d’une façon implicite et alambiquée mais suffisamment claire, que le procureur allemand Heiko Klein ait été laissé en vie17. En 2003, Rudolf donne un compte rendu d’un ouvrage antisémite de l’ancien Grand Dragon du Ku Klux Klan David Duke, un raciste, antisémite et négationniste forcené. Rudolf se dit globalement convaincu par la thèse (évidemment antisémite) de Duke et souscrit de toute évidence au fantasme d’une volonté juive de domination mondiale18. En 2012, lors d’une conversation avec le même David Duke, Germar Rudolf a affirmé que le judaisme était identique au nazisme et ce depuis 2500 ans19.

Rudolf a collaboré avec les principaux négationnistes et les principales officines négationnistes du monde occidental, de David Irving à l’IHR. Il faut noter que, en 2000, le négationniste David Irving a demandé à Rudolf de lui rédiger (encore!) un rapport sur Auschwitz à l’occasion de son appel, suite à sa propre condamnation dans le procès qu’il avait intenté à l’historienne Deborah Lipstadt. Malheureusement pour Germar Rudolf, le docteur en chimie (authentique celui-là) Richard J. Green a produit une analyse dévastatrice de ce nième pensum de Germar Rudolf20. A tel point que David Irving a préféré ne pas soumettre le «travail» de Rudolf au juge…


Notes.

1. Certains éléments biographiques sur Germar Rudolf présentés ici sont tirés de la notice «Germar Rudolf» de l’IDGR (Informationsdienst gegen Rechtsextremismus), de Margret Chatwin, site web disparu depuis 2006. Cette notice avait pour URL :
http://www.idgr.de/lexikon/bio/r/rudolf-g/rudolf.html
Lorsque les informations ne sont pas tirées de cette notice, ou sont confirmées par d’autres sources, une note le précise. PHDN a archivé une version datant de l’année 2000 de la page en question à l'adresse suivante:
http://www.phdn.org/negation/rudolf/idgrrudolf.html.

2. Sarah Rembiszewski, The Final Lie : Holocaust Denial in Germany, A Second-Generation Denier as a Test Case, Tel Aviv University Printshop, Tel Aviv, 1996, p. 35, note 103 et correspondance entre Margret Chatwin et Richard J. Green, cités dans Richard J. Green & Jamie McCarthy, «Chemistry is Not the Science: Rudolf, Rhetoric, and Reduction», Holocaust History Project, 1999.

3. Anthony Long, «Forgetting the Fuhrer : The Recent History of the Holocaust Denial Movement in Germany», Australian Journal of Politics & History, Volume 48, Number 1, March 2002, p. 79.

4. Anthony Long, art. cit., p. 79.

5. Né en 1912 Remer a été l'un des nazis et négationnistes les plus actifs depuis la fin de Seconde Guerre mondiale. Consultant militaire de Nasser, en Egypte en 1953 et 1954, puis résidant en Syrie pendant six ans, où il vivait de ventes d'armes aux pays du Moyen-Orient Remer revient en Allemagne en 1982. Il n'a cessé d'y distribuer des publications radicalement antisémites. Sarah Rembiszewski, The Final Lie : Holocaust Denial in Germany, A Second-Generation Denier as a Test Case, Tel Aviv University Printshop, Tel Aviv, 1996, p. 30, note 84.

6. Germar Rudolf, Kardinalfragen zur Zeitgeschichte, Eine Sammlung kontroverser Stellungnahmen von Germar Rudolf alias Ernst Gauss zum herrschenden Zeitgeist in Wissenschaft, Politik, Justiz und Medien, Anvers, VHO, 1996.

7. Richard J. Green & Jamie McCarthy, «Chemistry is Not the Science», The Holocaust History Project :
http://phdn.org/archives/holocaust-history.org/auschwitz/chemistry/not-the-science/

8. Rudolf écrit être «convaincu que la chimie n’est pas la science qui peut prouver ou réfuter quelque allégation que ce soit à propos de l’holocauste rigoureusement», Germar Rudolf, «Some considerations about the Gas Chambers of Auschwitz and Birkenau», 1998. Notons cependant que la chimie peut être utilisée pour confirmer certains éléments connus de l’histoire d’Auschwitz, comme l’illustre le «Rapport sur les composés de cyanure à Auschwitz-Birkenau» de Markiewicz, Gubala et Labedz (1994) :
http://www.phdn.org/negation/markiewicz.html

9. Voir «La Lettre de l’historien Martin Broszat - falsifiée depuis 1960» sur le présent site. La falsification par Rudolf se trouve en fin d'article.

10. Anthony Long, art. cit., p. 79-80.

11. Ibid, p. 82.

12. Ibid, p. 80.

13. Siegfried Verbeke est depuis longtemps un fanatique de l’extrême droite belge, créateur à la fin des années 1970 du magazine Haro qui publiait des textes nazis (Hitler, Goebbels, etc.), membre notamment du groupuscule raciste ultra-violent, aujourd’hui interdit, Vlaamse Militante Orden (VMO). Voir Hugo Gisjels, Le Vlaams Blok, Editions Luc Pire, 1993. Siegfried Verbeke a créé le VHO en 1985 avec son frère Herbert Verbeke et Jeanine Colson, la compagne d’un vieux nazi, André van Hecke. Sur le VHO, ses origines et son personnel, voir Jos Vander Velpen, Les voilà qui arrivent. L’extrême droite et l’Europe, Epo/Reflex, 1993, p. 121-122. Les publications du VHO ne se réduisent pas aux tracts nazis et négationnistes. On y trouve aussi des cassettes vidéo pour «nazis sado-masochistes» comme Filles pour le bourreau, Frauenlager 5, etc. (Jean-Yves Camus (dir.), Les extrémismes en Europe, État des lieux 1998, CERA/L’aube, 1998). Remarquons encore que Faurisson a eu l’occasion de dire toute son admiration pour Siegfried Verbeke (Robert Faurisson, Écrits révisionnistes, édition privée hors commerce, 1999, tome IV, p. 1752).

14. Fils de disciples du leader fasciste Oswald Mosley, Hancock publie des textes négationnistes et nazis en Grande-Bretagne. Il entretient des contacts étroits avec diverses organisations et personnalités néonazies, par exemple Erik Blücher (alias Nelsen), qui s’est installé en Angleterre en 1981 mais a dû continuer ses activités en Suède à la suite d’une interdiction d’entrée en GB (1983). Grâce à l’adresse électronique de Print Factory (Uckfield, East Sussex) dont Hancock a la responsabilité, en plus d’autres domaines consacrés à ces sujets, il peut diffuser du vieux matériel de propagande nazi et néonazi. Dans la rubrique Judaica, on trouve des textes antisémites de la pire espèce, dont le Talmudjude d’August Rohling, des écrits de Theodor Fritsch, du nazi Johann von Leers, de Widar Wälsing, d’Erich Ludendorf et du baron Luzsenszky. Hancock accueillait sur son site, www.ety.com, les pages web du site «Wilhelm Tell Schweizer Freiheitkämpfer» du négationniste suisse Jürgen Graf, ainsi que celles de sa propre maison d’édition, «Historical Review Press», spécialisée dans la propagande raciste, antisémite et négationniste). La conception des pages web rappellait celle du site web National Journal que Hancock dirigeait avec Thomas Brookes, lié à l’association de soutien à Remer «Die Freunde im Ausland»). Les informations qui précèdent sont tirées de la notice «Antony Hancock» de l’IDGR.

15. Anthony Long, art. cit., p. 79.

16. Anthony Long, art. cit., p. 79-80.

17. Anthony Long, art. cit., p. 80.

18. Compte rendu de Germar Rudolf, The Revisionist , vol. 4 no. 4, November 2003, cité par Aryeh Tuchman, «Germar Rudolf: Still trying to get into the US», JHate - A blog about anti-Semitism, 23 février 2011.

19. Déclaration de Germar Rudolf, 2 mai 2012, citée par Aryeh Tuchman, «Germar Rudolf says Judaism is Nazism», JHate - A blog about anti-Semitism, 10 juin 2012.

20. Richard J. Green, Report of Richard J. Green, 2001 :
http://phdn.org/archives/holocaust-history.org/irving-david/rudolf/

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06/05/2012 — mis à jour le 02/09/2012
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