Cliquez pour suivre le lien. 1. Alain Soral, «Alain Soral: entretien de juin 2012», site web Egalité & Réconciliation (ERTV), partie 5, 44 minutes (passage cité à 42min et 43s), 1er juillet 2012, sur le site de E&R. La page web de E&R consacrée à la logghorée soralienne de juin 2012 fournit un verbatim (enjolivé) complet. La vidéo se trouve sur la chaîne officielle Dailymotion (qui tolère donc du contenu négationniste) de E&R (ERTV, passage cité ici). Cette vidéo est évidemment largement citée ou disséminée sur internet ou la seule partie de Soral sur la chambre à gaz remontée dans un clip négationniste autonome. 2. Alain Soral, «Alain Soral: entretien de janvier 2012», site web Egalité & Réconciliation (ERTV), partie 5, 39 minutes (passage cité à 4min et 56s), 26 janvier 2012, sur le site de E&R. La page web de E&R consacrée à la loghorée soralienne de janvier 2012 fournit un verbatim (enjolivé) complet. La vidéo se trouve sur la chaîne officielle Dailymotion (qui tolère donc du contenu négationniste) de E&R (ERTV, passage cité ici). Cette vidéo est également largement citée ou disséminée sur internet ou la seule partie de Soral sur Auschwitz et la loi Gayssot. 3. Lextrait significatif est disponible sur le site de STV.

Alain Soral

sur Auschwitz

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Alain Soral est un publiciste vivant de la propagande néo-populiste et antisémite qu’il diffuse sur internet et par divers moyens. Dans des interventions video mensuelles fleuves, il expose sa vision du monde, ne manquant jamais de souligner son immense culture, sa capacité de lecture et surtout sa rigueur intellectuelle: il le répète inlassablement «j’ai des sources». On l’aura compris: le message que Soral martèle, c'est que lui, Alain Soral, travaille.

Il aurait été étonnant que Soral résiste à la tentation de parler du génocide des Juifs, et d’en parler en «expert». Nous avons trouvé deux exemples de traitement par Soral du sujet du génocide des Juifs — sans doute y en a-t-il d’autres — et plus particulièrement Auschwitz. Soral y manie une ironie mordante et décapante suggérant par son discours que «on ne nous dit pas tout», c’est-à-dire que non seulement l’assassinat de masse des Juifs à Auschwitz ne peut s’être déroulé tel qu’on la dit, mais qu’en plus on nous trompe avec une arithmétique frelatée. Voyons cela.

Soral sur Auschwitz, première

En juin 20121, Alain Soral enregistre et diffuse une de ses vidéos où il paraît en improvisation flottante. Dans l’extrait que nous proposons, à l’occasion d’une polémique sur une non visite de footballeurs français à Auschwitz, il tient des propos sur Auschwitz qu’il convient d’examiner. Nous fournissons l’extrait video, suivi du verbatim, permettant d’analyser les propos de Soral…

Verbatim & analyse :

[Soral]: «Je me dis quelque part, tant mieux, parce que quand vous imaginez que dans cette pièce, à Auschwitz, qui fait je crois 100 mètres carré»

La photographie (inversée par rapport à la réalité — passons) qui apparaît dans sa vidéo est celle de la chambre à gaz du crématoire I se trouvant à Auschwitz I (et non à Auschwitz II-Birkenau). C’est une pièce bien connue des historiens et PHDN offre une page sur l’histoire de cette chambre à gaz, ses dimensions, ses transformations. Cette page existe depuis 2001, soit plus de 10 ans avant la sortie de Soral. C’est pourtant de cette pièce là que Soral a décidé de disserter. La chambre à gaz du Crématoire d’Auschwitz I n’a jamais fait «100 mètres carré», mais 78. L’abondante bibliographie disponible sur le sujet (voir page citée) aurait permis à Soral d’éviter cette première approximation. Soral continue.

[Soral]: «quatre… d’après le…, pour que les six millions soient un chiffre possible, quatre millions et demi d’êtres humains sont morts, en moins de deux ans, je crois hein»

Soral a visiblement fait l’économie de la lecture de livres d’histoire car il croit mal et affirme faux. En effet, un million d’êtres humains ont été assassinés à Auschwitz, à plus de 90% des Juifs assassinés dans leur écrasante majorité dès leur arrivée, sans être enregistrés ni servir d’esclaves concentrationnaires. Où Soral a-t-il été chercher son «quatre millions et demi»? Une personne quelque peu familière avec la rhétorique négationniste aura reconnu «le coup des quatre millions» (Soral se fourvoie même dans ses faux chiffres). Car, si le chiffre de 4 millions de victimes a circulé dans l’historiographie soviético-polonaise — ce ne fut pas le cas chez les historiens occidentaux —, il ne s’agissait pas de Juifs et ce chiffre n’a jamais été utilisé par quiconque pour arriver au total de 6 millions de victimes juives du génocide. Par ailleurs, les historiens polonais se sont alignés sur l’historiographie occidentale en 1990 (22 ans avant la vidéo de Soral). Et pour le coup, PHDN fournit une page sur le sujet depuis 1997, 15 ans avant la sortie de Soral. Notons en passant que Soral ne daigne pas prononcer le mot «Juif», mais que sa référence aux «six millions» montre bien que c’est aux Juifs qu’il fait allusion. Pourquoi a-t-il substitué 4,5 millions à 4 millions? Il semble être en pleine improvisation.

On comprend que Soral affirme en fait que la totalité des Juifs assassinés à Auschwitz l’aurait été dans la pièce dont il parle, montrée en photo, à savoir la chambre à gaz d’Auschwitz I. Soral semble méconnaître le fait qu’il y eut à Auschwitz au moins huit lieux de gazages différents, du bloc 11, expérimental, d’Auschwitz I, aux quatre chambres à gaz de Auschwitz II-Birkenau, en passant par les deux «bunkers» en lisière de Birkenau? Soral ignore ou feint d’ignorer que la chambre à gaz d’Auschwitz I ne fut utilisée que pendant quelques mois fin 1941-début 1942 et ne fit «que» quelques milliers de victimes, avant d’être transformée par les nazis en abri anti-aérien. C’est à Birkenau (Auschwitz II), distant de plus de deux kilomètres, que les nazis accomplirent les centaines de milliers de meurtres qui suscitent l’ironie rigolarde de Soral, dans des chambres à gaz par ailleurs plus grandes que celle d’Auschwitz I. Après ses exposés erronés ou volontairement trompeurs sur le nombre de victimes, les dimensions, les lieux, Soral poursuit selon le même registre sur les dates et les durées. En effet, les assassinats par gazages à Auschwitz ont duré de septembre 1941 à octobre 1944: plus de trois ans, et non pas «moins de deux ans». Les meurtres par d’autres moyens (tabassages, tortures, épuisement, famine, balles dans la nuque, injections de phénol dans le cœur, autant de méthodes non mentionnées par Alain Soral) avaient évidemment commencé avant et continueraient après jusqu’à la libération du camp. Soral poursuit.

[Soral]: «c’est le plus grand prodige de l’histoire de l’humanité, si vous réfléchissez aux conditions matérielles que ça implique, je me dis qu’heureusement que les footballeurs n’y sont pas allés parce que quand on voit comme cet espace doit être saturé de… de… de je sais pas quoi, de reste de gaz, ça aurait été peut-être même dangereux pour leur santé.»

Si Soral avait travaillé un minimum il saurait, qu’hélas, l’assassinat en masse d’êtres humains n’est pas un «prodige», mais une réalité très largement documentée dans le cas du génocide des Juifs, notamment à Auschwitz. L’ironie de Soral qui cache à peine un propos négationniste est d’autant plus déplacée que ce dernier multiplie les démonstrations d’ignorance complète du sujet dont il a choisi de disserter. Les assassinats à Auschwitz ont duré plus de trois ans, en plusieurs lieux non cités par Soral et selon des modalités bien connues. Lorsque Soral parle d’un «espace saturé de gaz» à propos de la chambre à gaz d’Auschwitz I, il parie encore une fois sur l’ignorance de son public et met en scène sa propre méconnaissance: les chambres à gaz étaient en effet ventilées après chaque gazage et l’acide cyanhydrique dégagé par le Zyklon B utilisé à Auschwitz est un gaz très volatil plus léger que l’air, très facile à évacuer d’une pièce nue, et plus de 60 ans après les faits rien ne peut en subsister dans l’atmosphère. L’ironie de Soral est évidemment une affirmation en creux: si les visiteurs ne courent aucun risque c’est qu’il n’y aurait pas eu de gazage. Pour y croire, il faut simplement être stupide et ignorant. Soral continue.

[Soral]: «Voilà. Et j’le dis d’ailleurs si jamais ils y vont une autre fois, parce que là ils sont pas allés, la prochaine fois ils seront obligés d’y aller, parce que ça rigole pas, je crois que la visite à Auschwitz et la chambre à gaz, ça sera un truc, j’veux dire, dans le programme des écoles, assez vite, euh…, moi j’y ai échappé à cause de mon âge, mais j’pense que mes enfants n’y hésiteront pas [sic]»

Passons sur la dérision à propos des voyages à Auschwitz — il y en a — mais très peu à l’échelle de la France et suggérer qu’ils seraient un jour obligatoires relève du fantasme paranoïaque antisémite. Soral continue.

[Soral]: «Alors je dis, si jamais vous vous êtes pris de malaise à cause des restes d’émanations de gaz dans la chambre à gaz»

Soral se contente de répéter la même ineptie. Ensuite il va encore plus loin:

[Soral]: «il y a un truc, c’est qu’il y a une petite porte en bois avec un carreau en verre qui est d’époque, et là je le dis, je donne ce conseil, vous donnez un coup de coude et vous cassez le carreau de verre pour pouvoir un peu respirer. Et je dis d’ailleurs que c’est absolument tragique que… que aucun de ces quatre millions et demi de morts n’ait pensé à casser cette petite vitre, parce que ça aurait… vous imaginez que ça aurait pu sauver quatre millions…, quatre millions et demi d’êtres humains. Comme quoi parfois le… l’hist… l’ironie de l’histoire est incroyablement cruelle. Voilà.»

Passons sur le martèlement par Soral du chiffre de quatre millions et demi (ou quatre… il semble qu’il ne sache pas très bien finalement), ainsi que sur sa répétition que tous auraient été assassinés dans la chambre à gaz d’Auschwitz I. Soral qui a des sources, qui travaille, lui, affirme que la porte en question «est d’époque». Ses preuves? Aucune. Mais cela n’est finalement guère important au regard de la réalité historique (documentée depuis des décennies, en ligne sur PHDN depuis 2001): la porte en question n’a jamais fait partie de la chambre à gaz du crématoire I d’Auschwitz I. Cette porte sépare une salle d’exposition des corps (5) d’une salle de lavage (6) — voir pièces légendées 5 et 6 sur le schéma du Krema I, 1941-1942 sur cette page. En 1944 la chambre à gaz avait été aménagée en abri anti-aérien par les Allemands et séparée en quatre pièces par l’adjonction de trois murs. Les Polonais, après la guerre, ont abattu ces murs afin de remettre le bâtiment dans son état au moment des gazages de 1941-1942. Mais ils ont abattu un mur de trop, entre la chambre à gaz et la salle de lavage (6) (voir historique du Krema I). panneau chambre a gaz Auschiwtz ICette erreur est depuis longtemps signalée à Auschwitz (extrait du panneau explicatif d'Auschwitz I ci-contre. Cliquer pour le panneau complet), dans la littérature historienne, et sur le présent site. Jamais la porte munie d’un carreau n’a donné dans la chambre à gaz. L’ironie tout à fait abjecte de Soral a pour objet de suggérer que la pièce montrée comme chambre à gaz n’aurait pu être utilisée pour des meurtres par gazage. Soral est un négationniste, sans le moindre doute. Le type d’ironie qu’il utilise contre les victimes de ces assassinats démontre également qu’il est un antisémite radical et obscène.

caricature négationniste de joe Lecorbeau Ces propos de Soral ne sont pas un accident et Soral les revendique haut et fort. Soral a en effet consacré, le 12 juillet 2012, une page de son site de commerce en ligne et d’extrémisme antisémite à ce passage que nous venons de décortiquer, accompagnée d’un dessin de l’illustrateur antisémite «Joe Lecorbeau» que nous reproduisons ci-contre. Un extrait video ainsi que le verbatim du passage en question figurent également sur cette page. Soral et «Joe Lecorbeau» insistent lourdement sur la prétendue «possibilité» de briser facilement un carreau. Le titre du dessin «les chambres à gaz pour les nuls»), la mise en scène de Soral lui-même revêtu de l’uniforme des déportés, le classement de cette page dans une catégorie «humour», tout concourt à l’abjection négationniste. Cette page a depuis été retirée du site de Soral, mais demeure archivée.

In fine, le nombre d’erreurs ou de mensonges et de falsifications de Soral dans ce court passage est tout à fait remarquable:

Tout cela est à la fois idiot et répugnant. Quelques minutes avant le passage étudié ici, Soral a pourtant affirmé: «Sur les sources je suis assez inattaquable»!

Soral sur Auschwitz, deuxième

En janvier 20122, Alain Soral s’était déjà répandu sur le génocide des Juifs et Auschwitz. Ici encore il convient d’examiner ses propos. Nous fournissons l’extrait video, suivi du verbatim, permettant d’analyser les propos de Soral…

Verbatim & analyse :

[Soral]: «Lorsqu’on fait remarquer… quand on dit en France que les Juifs ont été génocidés, parce que Simone Veil l’a répété récemment, on a la citation, et que c’est la totalité d’un peuple qui a disparu»

Soral commence doucement, toujours en improvisation flottante. Simone Veil aurait répété «récemment» que les Juifs ont été génocidés? Soral a la citation, mais ne la fournit pas (comme toujours pour ses sources, comme on l’a remarqué plus haut). Il s’agit d’un enfonçage de porte ouverte, technique bien connue des propagandistes, qui consiste à aligner une évidence avant de sortir une énormité dans l’espoir que le caractère solide de l’évidence sera transmis à l’énormité. Celle-ci consiste à prétendre que «c’est la totalité d’un peuple qui a disparu». Au grand regret de Soral sans doute, l’extermination des Juifs par les nazis n’a pas atteint son objectif d’anéantissement total des Juifs à leur portée. Il s’agit bien d’un génocide même si «seulement» deux tiers des Juifs ont été assassinés, même si personne de sérieux n’affirme que la totalité des Juifs a été tuée, contrairement à ce que suggère Soral. Il continue:

[Soral]: «il y a quand même aujourd’hui en France, deux fois plus de Juifs qu’il n’y en avait en 1939. Donc c’est une communauté génocidée qui a multiplié par deux sa population.»

Grand classique des antisémites d’après-guerre: les Juifs n’ont pas été exterminés puisqu’on en voit partout… Soral décline ce topos haineux, qui suggère un regret que le génocide n’ait pas atteint son but, en posant au professeur de statistiques et de démographie. Reprenons. Il y avait en 1939 environ 300 000 Juifs en France, chiffre qui fut augmenté en 1940 de quelques milliers de réfugiés. Personne n’a jamais dit ou écrit que tous avaient été assassinés pendant la guerre. Le résultat des travaux des historiens a abouti, depuis longtemps, à un bilan d’environ 77 000 victimes. Personne ne prétend que tous les Juifs de France sont morts. Il restait en fait un peu plus de 225 000 Juifs en France après la guerre (certains ont réussi à fuir pendant ou sont partis tout de suite après). C’est seulement de l’histoire, de l’histoire connue, écrite, enseignée. Quid du doublement? Une fois de plus, Soral tient à démontrer qu’il ne connaît pas son sujet: l’écrasante majorité des Juifs vivant en Afrique du Nord a été contrainte au départ à la suite des indépendances des anciens pays colonisés par la France. Une grande partie est venue en France, se comptant en centaines de milliers. La démographie des Juifs de France n’est donc absolument pas en contradiction avec les assassinats commis par les nazis et leurs complices pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela est connu et archi-connu, sauf de Soral qui use d’une ironie sordide pour suggérer que les Juifs n’ont pas tant souffert que ça. Soral décide d’aller ensuite encore plus loin:

[Soral]: «Donc c’est embêtant, j’veux dire de…, quand on sort du sérieux de l’histoire pour être dans la mémoire obligatoire avec derrière des lois mémorielles qui vous proposent la prison si vous ne répétez pas les âneries heu…»

Il y a de quoi rire jaune à entendre ainsi Soral invoquer le «sérieux de l’histoire» quand on fait le constat des contre-vérités qu’il accumule. Il va évidemment parler de la loi Gayssot (qui n’est pas une loi mémorielle) qui sanctionne l’expression publique du négationnisme. On comprend donc qu’aux yeux de Soral l’histoire du génocide des Juifs, ce sont «des âneries». Soral est un négationniste. Soral cependant s’apprête à se dépasser:

[Soral]: «on sait pourtant quatre… que de… quand on va de quatre et demi à un et demi parce que c’est c’qu’y a, la plaque qu’il y avait sur Auschwitz, il y avait marqué quatre et demi, maintenant il y a un un et demi, donc on sait normalement que de quatre et demi à un et demi ça fait moins trois et on sait que six moins trois ça fait trois, hé bin non, la loi Gayssot vous oblige à dire que six moins trois égale six.»

Le coup des 4 millions! Relevons que Soral ne parvient même pas à recopier correctement les falsifications négationnistes. Ce n’est pas quatre millions et demi de victimes qui ont été évoquées par l’historiographie polono-soviétique avant les années 1990, mais quatre millions. Cette histoire fait l’objet d’une page sur PHDN depuis 1997… En résumé: lorsque les Polonais et les Soviétiques parlaient de 4 millions de victimes pour Auschwitz (une erreur datant de 1945), ils considéraient que les Juifs en constituaient une minorité (alors qu’en réalité ils constituent 90% du million de victimes établi) et surtout, les historiens occidentaux n’avaient jamais utilisé ce chiffre, et certainement pas pour calculer le total du nombre de Juifs assassinés par les nazis. Lorsqu’au début des années 1990, les Polonais reviennent à un bilan plus réaliste, ils ne font que s’aligner sur l’historiographie occidentale. Soral soustrait donc des boulons à des oranges dans le plus pur style «on vous ment, la vérité est ailleurs», et reprend ainsi une des pires, une des plus bêtes et plus anciennes fraudes négationnistes, réfutée depuis 1993 sur internet et 1997 sur le présent site. En 2013, 20 ans plus tard, Soral en est à répéter (mal) les élucubrations éculées et ineptes du négationniste Garaudy qui était passé par là avant lui, ayant lui-même recopié Faurisson. Aucune loi, évidemment, n’exige qu’on torde le cou aux mathématiques. La loi Gayssot sanctionne le discours négationniste pour une raison simple: il s’agit d’un discours d’incitation à la haine, d’un discours antisémite. Elle n’a jamais empêché un historien, ou un mathématicien, de faire son travail. La mise en scène pathétique par Soral de lois mathématiques bafouées par la loi Gayssot n’offre que la démonstration de sa propre mauvaise foi (ou son absence totale de maîtrise du sujet).

Alain Soral conclut:

[Soral]: «Voilà, je ne vais pas rentrer dans les détails parce que sinon je risque la prison.»

On se dit ouf, heureusement que Soral ne rentre pas dans les détails, tant l’accumulation de contre-vérités, de mensonges, de présentations frauduleuses, de démonstrations d’ignorance et de bêtise malveillante, le tout sur un ton à la fois énervé et pontifiant, finit par épuiser le lecteur/spectateur informé. Le seul risque que prend Soral c’est de se consumer dans le gouffre de sa suffisance. On savait Soral antisémite et approximatif. Il est désormais établi qu’il est un négationniste vindicatif, ignare et paresseux: il est clair qu’il n’a pas pris trois minutes à essayer de travailler son sujet.


Post-scriptum

Faurisson lui-même est à l’origine de l’«argument» de la «porte vitrée», et ce depuis au moins 1980. Avec ceci de propre à Faurisson qu’il savait pertinemment qu’il s’agissait d’un argument tout à fait mensonger. Il a évidemment été recopié depuis par d’autres négationnistes dont l’hitlérolâtre fondamentaliste Vincent Reynouard.


Notes

1. Alain Soral, «Alain Soral: entretien de juin 2012», site web Egalité & Réconciliation (ERTV), partie 5, 44 minutes (passage cité à 42min et 43s), 1er juillet 2012, sur le site de E&R: http://www.egaliteetreconciliation.fr/Alain-Soral-entretien-de-juin-2012-12642.html. La page web de E&R consacrée à la logghorée soralienne de juin 2012 fournit un verbatim (enjolivé) complet. La vidéo se trouve sur la chaîne officielle Dailymotion (qui tolère donc du contenu négationniste) de E&R (ERTV, passage cité ici). Cette vidéo est évidemment largement citée ou disséminée sur internet ou la seule partie de Soral sur la chambre à gaz remontée dans un clip négationniste autonome.

2. Alain Soral, «Alain Soral: entretien de janvier 2012», site web Egalité & Réconciliation (ERTV), partie 5, 39 minutes (passage cité à 4min et 56s), 26 janvier 2012, sur le site de E&R: http://www.egaliteetreconciliation.fr/Alain-Soral-entretien-de-janvier-2012-10103.html. La page web de E&R consacrée à la loghorée soralienne de janvier 2012 fournit un verbatim (enjolivé) complet. La vidéo se trouve sur la chaîne officielle Dailymotion (qui tolère donc du contenu négationniste) de E&R (ERTV, passage cité ici). Cette vidéo est également largement citée ou disséminée sur internet ou la seule partie de Soral sur Auschwitz et la loi Gayssot.

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