Hans Frank sur les Juifs,
16 décembre 1941
Le 16 décembre 1941, Hans Frank, lors d'une session du Gouvernement général fait le discours suivant:
« En ce qui concerne les Juifs -- je tiens à vous le dire très ouvertement -- il convient maintenant d'en finir d'une manière ou d'une autre. Le Führer l'a déjà dit : si la judaïcité unie devait encore réussir à provoquer une guerre mondiale, [...] alors le Juif connaîtrait sa fin en Europe. Je vous le demande, convenez avec moi d'abord de cette formule : par principe, nous ne voulons ressentir de la pitié que pour le peuple allemand, et pour personne d'autre dans le monde. [...] Je dois le dire en tant que vieux national-socialiste : si la smala juive en Europe devait survivre à la guerre, alors celle-ci ne représenterait qu'un demi-succès. Je ne vais donc aspirer vis-à-vis des Juifs qu'à une chose : qu'ils disparaissent. Ils doivent disparaître. J'ai engagé des négociations dans le but de les expulser vers l'Est. En janvier aura lieu à Berlin une grande réunion à laquelle j'enverrai monsieur le secrétaire d'État Bühler. Cette réunion aura lieu chez le SS-Obergruppenführer Heydrich. Dans tous les cas, il y aura une grande migration juive.« Mais que doit-il arriver aux Juifs ? Croyez-vous que nous allons les installer dans les villes de personnes déplacées à l'Est ? On nous dit à Berlin : pourquoi nous fait-on toutes ces tracasseries ? Nous non plus, nous n'avons pas quoi faire avec eux dans l'Ostland, ou au commissariat du Reich, liquidez-les vous-même. Les Juifs sont pour nous aussi des bouffeurs extraordinnairement nuisibles [...] Nous ne pouvons fusiller ces 3,5 millions de Juifs, nous ne pouvons les empoisonner, mais nous allons pouvoir mettre en place des opérations qui mèneront n'importe comment au succès de l'extermination, et ce en relation avec les mesures qui sont à discuter au niveau du Reich. [...] Où et comment cela se passera reste l'affaire des institutions que nous devons créer et mettre en place et dont les effets seront portés en temps utiles à votre connaissance »
Cité par Christian Gerlach, Sur la conférence de Wannsee, Liana Levi, 1999, p. 65-66
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